‹ Mémoires sur l'ancienne chevalerie avec une introduction et des notes historiques (volume 2)Chapitre 49 sur 57 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

LA lecture que j'ai faite de pepe de nos anciens romans de Chevalerie, m'a persuadé qu'ils étoient une source d’où l'on pouvoit tirer quelque utilité. Cette opinion n'est point aussi nouvelle que bien des gens pourroient le penser ; et j'aurai, pour la soutenir, l’autorité des savants écrivains qui ont le plus contribué à éclaircir notre histoire, et qui ont . le mieux connu la véritable manière de lé tudier. | m:; Ducange, dans son Glossaire ln et dans ses savantes Dissertations; Duchesne, dans ses Généalogies; le père Ménestrier, dans ses divers Traités sur la Chevalerie, lé blason, la noblesse, les tournois, etc.; Pasquier et Fauchet, dans leurs Re sur tous les points de nos antiquités; Favin et la Colom-

32 | MÉMOIRES bière, dans leurs Thédtres d'honneur et de Chevalerie ; la plupart de ceux qui ont écrit l'histoire particulière des provinces et des villes; M. le président de Valbonnais, don Vaissette et don Calmet; tous généralement font souvent usage de nos anciens romans.

Auguste Galland, Catel, Caseneuve, Salvaing, et ceux qui ont écrit avec le pe de profondeur sur les matières féodales, n’ont point dédaigné de s'appuyer de l'autorité des romanciers, dans les plus grandes questions de notre jurisprudence ; et plusieurs nous ont laissé des témoignages formels du profit qu’on peut tirer de la lecture des romans. Tels sont entre les autres, Étienne Pasquier *, le président Fauchet **, André Favin ***, Chantereau-Lefevre *“**, et surtout Jean le Laboureur. L’autorité de ce dernier écrivain m'a paru si respectable , que j'ai cru devoir le faire Pa ici lui-même. | .

Le Laboureur . dans' son Histoire de la pairie , page 280, ayant fait mention des fiefs de Haubert, ou d'écuyers, et de la coutume

* Recherch., Liv. VII, c. 5, etliv. IX, c. 30. ** Orig. des dignités , etc., Liv. IT, sur la fin et ailleurs. ** Théît. d’hon. et de Chev., liv. I, c, 6 *##* Traité: des fiefs, liv. I, c. 14.

de faire des chevaliers devant et apres les batailles ou les assauts , s'exprime ainsi :

« Je parlerai au chapitre suivant de cette distinction entre les maisons nobles, par la quantité des fiefs; et comme je ne dois toucher ici que la différence entre les personnes, je dirai qu'elle étoit si grande, que les romans n'ont rien exagéré, quant aa respect qu'ils font rendre aux chevaliers par les simples écuyers, qui n'osoient jamais tenir devant eux. Les coutumes des tournois nous ont conservé les marques de cette soumission, parce qu'on en empruntoit l'ordre et les cérémonies de ces vieux romans dont

la lecture est justement condamnée à l'égard

des ignorants: maisje soutiendrois bien qu'il y à de la honte à un savant de ne les avoir pas lus, ou de les avoir lus sans profit. Il est vrai qu'il y a des amours un peu trôp libertines et un peu trop'naïvement exprr mées : mais c’est un portrait du vieux temps, qui ne doit pas faire plus d'impression que

ces restes de la sculpture des anciens, dont

on ne considère que la perfection de l’art:

sans s'offenser des nudités, et sans y faire même aucune réflexion. Je dirai bien encore en leur faveur que leur lecture est moins

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