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est si naturel au malheur de diviniser ceux qui le consôlent!
Dans ces vieux temps, comme la force étoit un droit, il falloit bien que le courage fût une
vertu. Ces hommes à qui l'on donna, dans la suite, le nom de chevaliers, le portèrent au plus haut degré. La lâcheté fut punie parmi eux comme un forfait impardonvnable, et c'en est un en effet que de refuser un appui à l'opprimé; ils eurent le mensonge en horreur, ils flétrirent le manque de foi et la berfidie, et les législateurs les plus célébres de l'antiquité n'ont rien de comparable à leurs statuts.
Cette ligue de guerriers se maintint pendant plus d’un siècle dans toute sa simplicité primitive, parce que Iles circonstances au milieu desquelles elle étoit née ne changèrent que lentement; mais lorsqu'un grand mou vement politique et religieux annonça les révolutions qui alloient s'opérer dans l'esprit humain, la Chevalerie prit une forme légale et un rang parmi les institutions. .
Les croisades et. l'émancipation des communes qui marquérent l'apogée du gonvernement féodal, sont les deux événements qui ont le plus contribué à le détruire. La Cheva-
elsrie en tira aussi son plus grand éclat, mais
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elle y perdit bientôt sa vertueuse indépendance, sa simplicité et ses mœurs. * .
Les rois sentirent les premiers tout le parti qu'ils pouvoient tirer d'une association armée qui tiendroit le milieu entre la couronne et les puissants vassaux qui en usurpoient toutes les prérogatives. Dés-lors les rois firent des chevaliers, et les lièrent à eux par toutes les formes usitées pour l'investiture féodale. Mais le caractère particulier de ces temps reculés, c’étoit l’orgueil des priviléges, et la couronne ne pouvoit en créer aucun sans que la noblesse ne s’arrogeât la même faculté. Les possesseurs des grands fiefs s'empressèrent d'imiter les rois; non-seulement ils s'attribuèrent le droit de faire des chevaliers, mais ce titre, cher à la reconnoissance de la nation, devint pour eux une prérogative héréditaire.
Cet envahissement ne s'arrêta pas là : les seigneurs imitérent leurs suzerains , et la Chevalerie, perdant son ancienne unité ,. ne fut plus qu'une distinction honorable dont les principes eurent long-temps encore une heureuse influence sur le sort des peuples.
Tel est le système dont Sainte -Palaye a accuinulé les preuves dans son ouvrage. Ce système n'étoit pas cependant dans sa pensée,
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mais il résulte évidemment de l’ensemble de son travail et de ses recherches.
Les ccrivains du moyen âge, entraînés par le cours des idées de leur époque, ne nous ont rien laissé de satisfaisant sur l’origine de la Chevalerie. Les fabliaux et les romans en rimes ne contiennent. aucune assertion historique dont nous puissions profiter. Cette littérature sans critique et sans philosophie, comme toutes les littératures naissantes, n°'a— voit d’autres domaines que ceux de l'imagination et du sentiment, et les eonvenances du goût ne venoient pas encore rectifier ses bizarres exagérations. Quelques souvenirs confus de l’ancienne civilisation ne s’offroient à la pensée des. écrivains de ce temps que pour augmenter les contradictions et les anachronismes qui se font reinarquer dans leurs ouvrages. Ils ne conservoient qu'une idée vague du passé, et manquoient de toute prévision de l'avenir, parce qu'il en est de la jeunesse des nations comme de la jeunesse de la vie; fiere de sa force, elle n’en devine pas le déclin, et ne voit dans les temps qui se succèedent , hélas ! sans se ressembler, que l'éternel prolangement du temps qu’elle embrasse.
Quand nous plaignons les peuples soumis