NOTE DE L'ÉDITEUR
Le
Les Mémoires d’Aliénor de Poitiers sont un des monuments les plus remarquables du 15° siècle. Les détails qu’ils nous ont conservés sur la minutieuse étiquette de ces vieux temps sont une preuve évidente de la décadence de la Chevalerie, et de l'accroissement prodigieux du pouvoir royal. Pour se convaincre de la justesse de cette observation, on n'a qu'à comparer les Honneurs de la Cour avec le poëme du Vœu du Héron. dont l'action se passe un siècle avant que madame Âliénor rédigeft son ouvrage. Dans le poëme, on voit des chevaliers marcher les égaux des rois, parler ét agir librement au milieu de leur cour ;.dans le second de ces précieux souvenirs de notre histoire, le pouvoir souverain domine l’ordre social, et les plus nobles barons fléchissent le genou devant le roi de France et les princes de son sang. Ce n’est pas néanmoins : sur ce changement politique que nous avons voulu appeler l'attention du lecteur.
Nous avons scrupuleusement suivi l’ancienne édition de Sainte-Palaye en rétablissant ici les Honneurs de la Cour, quelques mots seulement ont été corrigés d'après des titres originaux. Mais nous avons sous les yeux uue autre version de l'ouvrage d'Aliénor de Poitiers ; 5 nous nous croyons obligés de signaler les différences qui exis-. tent entre les deux textes. 0 à
Le fragment historique dont nous allons donner une rapide analyse , a été copié sur un manuscrit de l'Escurial. IL y fut probablement transporté par les princes de la maison d'Autriche qui ont si long-temps occupé le trône de l'Espagne. On le trouve imprimé dans le curieux ouvrage de Dunod de Charnage, intitulé : Mémoires pour servir à l'Histoire du comté de Bourgogne. I] porte pour titre : Cérémonial'de la Cour de do En voici le début.