TOME II
les premières permissions de Chasse accordées à des bourgeois dans quelques provinces de France. Mais ils n'obtenoient ces permissions qu’à la charge de donner au seigneur , sur les terres duquel se faisoit la Chasse, un cuissot de la bête prise, comme on en donne aujourd’hui le pied. J'ai vu en effet dans d'anciennes tapisserics, représentant des Chasses un veneur qui offre un quartier de cerf au principal seigneur de l'assemblée. Voyez la Coutuime de-Berri, p. 238.
On voit aussi, en 1326, une concession de Chasse faite aux habitants de Sablé, par Amauri de Craon, troisième du nom. (Ménage, Hist. de Sablé, iv. IX, ch: VI,
pag. 248 et 240.) |
(14) La Chasse , dès le temps de Charlemagne, étoit, comme on l'a déjà remarqué, devenue un objet de splendéur et de meprioense à la cour de nos rois. Ses successeurs ne firent qu'y ajouter. On trouve les noms d’un grand nombre d'officiers de vénerie et de fauconnerie, dans le Recueil des rois de France de du Tillet, et dans les Tablettes en cire, manuscrits de Florence, contenant l'estat de la Maison du Roi, sous Philippe-le-Bel et autres. On voit, sous le règne du même roi, un Guillaume Malgenete, veneur du roi, représenté dans les Monuments de la Monarchie françoise, par le P. de Montfaucon, t. Il, p: 215. Ce qui prouve l'ancienneté des offices de vénerie. A la fin du livre de Brussel, de l’Usage des fiefs, se trouve une longue liste d'articles concernant les dépenses pour les Chasses de nos rois. Îl y est parlé d'un Guillelmus Falconarius » qui étoit vraisemblablement le grand fauconnier ou grand veneur, dont fait mention le P. de Montfaucon ; et dans un autre
artiele il est question d’Aviculari , c'est-à-dire des.officiers employés aux Chasses des différents QUE tels qu'il en existe encore aujourd’hui.
Dahs le Recueil des Ordonnances des rois de France, t. 1, p.231, on en trouve une de Philippe-le-Bel, en 1299, contre les voleurs de gibier et de poisson. Ce: prince mourut à Fontainebleau, en 1314, d’une chute de cheval qu'il fit en chassant un sanglier. C’est ce que nous apprennent Villani, Ferreti de Vicence, et Guillaume Vetura , tous trois auteurs contemporains. Bocace et Méyer assurent la même chose. Voyez l'Art de vérifier les dates , col. 551. Le Gendre, dans ‘son Histoire de France, rapporte aussi ce fait, t. 1, p. 452. Le ‘détail de cet événement se trouve dans le livre de la Toison d'Or, in-fol. goth., t. I, fol. 98, verso. L'évèque de Touranay , auteur de ce livre ,-vivoit en 1468. Voyez son Prologue, fol. 1, verso. | |
L'accident tragique. arrivé à Philippe-le-Bel , chassant à Fontainebleau, prouve que dès-lors cette maison royale étoit le lieu ordinaire où nos rois alloient prendre le divertissement de la Chasse pendant la saison de l’automne. Il paroît que ce château étoit bâti dès le temps de Philippe-Auguste; du moins on a des lettres de ce monarque datées de Fontainebleau. -4ctum apud Fontem-bliaudi, anno M. CC. VII.
Philippe VI, dit de Valois, rendit, en 14346, une Ordonnance touchant les eaux et forêts. On y lit entre autres articles: « Item , pour ce que nous avons donné » à plusieurs personnes la Chace d’aucunes de nos fo- » rêts pour chacier à toutes bestes, lesquelles personnes » ont donné et donnent à autres leurs dites Chaces en . icelles, ordonné est que nul ne pourra chacier, si
» ceulx à qui ils sont donnés n'y sont, ou leurs gens, * et que ce soit pour eux ou en leurs noms. » Ord, des roïs de France, t. II, p. 247, art. ar. |
On trouve d’autres défenses et réglements de Chasse dans Bouteiller, Somme rurale; cet auteur, qui paroît avoir écrit en 1360, s'exprime ainsi, p. 250 et 251: « Bestes sauvaiges et oiseaux qui phaonnent en l'air. * par.le droit des gens sont à celui qui les peut prendre. » Voyez les distinctions que font à cet égard nos coutumiers, et les réglements faits depuis en France, et en particulier Ordonnance de 1516, et les arrêts de 1566 et 1573, qui sont rapportés ( en Des p. 257 et 258 de la Somme rurale.
Le même Bouteiller, p. 505, au titre 88 des bans et défenses d'août, dit encore :
« Îtem, que nul né tende aux oyseaux de rivière de- » vant le jour de Toussaints, sur l'amende de LX sols. » Item, que nul ne nulle ne tende aux perdrix, sur + l'amende de 60 sols, et aucuns lieux sur l’amende de + dix livres, et le harnas perdre. » j
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