mn. MÉMOIRES
jusqu’à ce :que ce prince fût parvenu à la. couronne. Ea France entière devoit être le théâtre des exploits de ce fier animal : il fut dans toutes ses provinces et dans toutes ses forêts la terreur des bêtes qu’on abandonnoït à sa poursuite. Affranchi de la couple qui tient les autres chiens sous un joug qu'il eût trouvé mdigne de son cou= rage , il marchoit comme ün général à la tête de tous les autres, ‘leur montroititoujours la droite voie, ou les ÿ ramenoit quand ils s’en étoient écartés : la nuit avoits elle dérobé un cerf à sés réchetches, il couchoit-sur la
place ; et'se relevant avec le jour , et des jambes neuves,
reprenoit ses erres, et me revenbit point qu'il n’eût
obtenu la victoire; on ne parloit que de lui, il étoit
chéri de tout le monde; et surtout de 8on roi qui lui fit
l'honneur d’être son historiographe, et d'écrire l’histoire
de sa vice pour animer les descendants d’un si brave
chien à se‘reridre aussi bons que lui et encote meilleurs.
H étoit dans sa treizième année lorsque; le jour même
de sa mort, à la vue du roi.et de tous ses courtisans, il
attaqua et forca corps-à corps un fort cerf de: dix éors
jeunement. Le roi ne fut pas ingrat, et ne fit pas mentir
le proverbe qui dit-que ‘le bon 'serviteir a souvent plus
qu’il ne pense. Îl fit écrire et publier ce'derrier acte de
la vie:d’un si brave et fidèle serviteur. » C’est l'animal
même qui parle dans celte piève. On sera moins choqué
de l'entendre ainsi.s’exprimer après sa mort que de lui
entendre dire en finissant : D’ur tel:prince après mert
au ciel l’ame puisse étre. : : + ‘ ::; ae
(46) Bassompierre ( t: I de ‘ses Mém., édit. d’Amsterdam, 1723), écrivant sur la fin de l’année 1614 , dit, p. 317: Nous retournâmes sur: l'automne: à: Fontaine
bleau ;ily: faisoit fort beau, car la réine alloit à la Chasse à chevat, accompagnée des dames et princesseé aussi à cheval , ét suivies'de quatre ou cinq cents'gentilshommes ou princes. Madame la princesse de Conti tomba de dessus sa haquenée et se blessa. Madame la duchessé de Lorraine, tante de la reine, la vint trouver à Fontainebleau ; la’reine alla au-devant d’elle et'la reçut avec He La
(17) Après avoir passé les années de l’éducation'en qualité de page avec Henri IV et Louis XIII, M. de Salnôve fut conseiller, miaître de l'hôtel , lieutenant 'de la grande louveterie de France, écuyer de madame royale: Christine de: France , sœur de Tiouis XIII , et duchesse de Savoie. H fut aussi gentilhomme de la Chambre de’ S. A..R.. Victor Amédéé ; duc” de Savoie. Guüidé- par” l'expériente que: doivent procurer ‘trente-cinq années passées dans la vénerie ei à la guerre ; Salnove éomposa son ouvrage, et le dédia à Louis XIV. Il réclame avec confiance les sulfrages des principaux seigneurs dé la coùr, et de tous ceux qui s'y distinguoient lé plus dans l'ârt de la Chasse , comme autant de garants dé sés'précéptes. Le jugement de cet écrivain sur luimeme n’étoit point dicté:par ur amour-propre aveugles il fut'bientôt justifié par la grande réputation que son ouvrage lui acquit. C’est ainsi que M. de la Conteric parle de cetauteur‘ dans son École de la re aux Forts ba P- 135 et suivantes. |
(18) L'autens de la Vie de Marie de Médicis e IT, notes; p: 384 ) remarque, d’après l’auteur del Histoire de ja mère et du fils, que M. de Luynes, devenu dépuis
connétable de France, et ses deux frères, durent leur fortune et leur élévation à leur assiduité auprès de Louis XIIF, à leurs complaisances pour ce prince, et surtout à l’adresse avec laquelle ils savoient dresser des oiseaux qu’il aimoit beaucoup.
(19) Pélisson, dans ses Lettres hist. publiéesen 1729, t. III, écrivant, en 1668, à mademoiselle Scudéry , à l’occasion des fêtes de Chambord, pendant le séjour du roi, lui mande , p. 412 et 413:
.…« Le roi et la reine sont allés assez souvent à la Chasse ; rien n'est égal à la magnificence de leurs équipages et au bonheur avec lequel on a pris tout ce qu’on a attaqué. Les plus grands cerfs ont à peine duré une. demi-heure. Les chasseurs de profession, voyant quedes courtisans étoient surpris de voir que les cerfs étoient plus fatigués et plutôt lassés qu'eux, ent allégué des raisons naturelles auxquelles tout le monde s’est rendu. ».
(20) « J'avois dessein , dit madame de Sévigné (t.I de ses Lettres, p. 175), de vous conter que le roi arriva bier au soir à Chantilly. Il courut un cerf au clair de la lune. Les lanternes firent des merveilles. Le feu d’artifice fut un peu.effacé par la clarté de notre amie. »
Elle: mende dans une lettre à M. d'Aubigné, du 20 octobre 4685 : « Ce que l’on vous a dit de la Chasse est véritable. Le sanglier étoit furieux : si le roi n’eût levé la jambe à propos, il eût été blessé. Le duc de Vilun fut renversé. » |
“an L'abbé Goujet, t. IV, P- 323 ets suiv. a sa Bibliothèque françoise, en Paant des Traités de la Chasse,
SUR L'ANCIENNE CHEVA LERIE. 4o1
en prose, traduits du grec, et dédiés à M. le Dauphin, fils de Louis XIV, dit : « L'anonyme qui nous a donné,
en 1690, un recueil en prose de plusieurs traités de la Chagse, traduits du grec, a négligé les deux premiers, et n’a traduit que le troisième et le quatrième ( d'Oppien ). Je ne vous dis rien, continue-t-il ,. du Trairé de la Chasse, par Arrien, que le même traducteur x donné en prose, et qu’il a dédié, avec sa traduction. d’Oppien, à feu M. le Dauphin, qui resta fils wnique de Louis XIV. Arrien n’a point écrit en vers. Je serai d’ailleurs obligé de vous parler ailleurs de ces différents Traités de la Chasse. Il me reste seulement à vous déeouvrir notre traducteur anonyme :.c'étoit M. de Fer mat, conseiller au Parlement de Toulouse comme je: l'ai vu écrit sur l’exemplaire de son ouvrage qui est à la bibliothèque du roi. Mais il y a eu plusieurs magistrats de ce nom. dans le même Parlement. Ce ne peut être Pierre de Fermat, célèbre mathématicien dont il est souvent parlé dans la vie de Descartes, par M. Baillet. Il étoit mort dès 1655, et le traducteur des Traités d’Arrien et d’Oppien parle de la prisé de Philisbourg faite en 1688. C’est donc peut-être Samuel de Fermat ,
fils du fameux mathématicien , et qui fut aussi couscilles au Parlement de Toulouse. Julien de Héricourt, dans une Lettre qu’il lui adresse, et que l’on trouve à la suite | de son Histoire latine de l’Académie de Soissons, en parle en effet comme d'un magistrat qui avoit une grande érudition, versé dans les langues savantes, qui .faiscit également bien des vers latins et francois, et qui s’étoit familiarisé avec les meilleurs écrivains de l'antiquité, Or, avec la traduction d’Arrien et d’Oppien, on trouve des vers latins et francois qui sont aussi du traducteur.