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LES MURS D ENCEINTE ET LES LONGS MURS

1» On a marqué sur le plan les assises ou fondations des murs et des tours, là où elles s'élèvent au-dessus du sol, et de plus les pierres isolées encore en place dans l'alignement des remparts ou rejetées de côté dans leur chute. Si l'on part de l'angle sud-ouest du temple de Jupiter Olympien, et qu'arrivé au monument de Philopappos on suive la crête des collines dans la direction d'Hagios Dimitrios, du Pnyx, de l'observatoire moderne et d'un ancien abattoir, on ne perd pas' la trace des murs avant d'être parvenu à la chapelle d'Hag. Anastasios. Dans la première partie, le long de l'Ilissus, ils suivent la droite du ruisseau, se tenant toujours sur le bord supérieur de la rive. M. Leake avait reconnu sur une partie avancée de ces terres les restes d'une tour, dont il n'était pas aisé de constater l'existence ; la place n'en était pas indiquée avec assez de précision, et, depuis le voyage de l'auteur, plusieurs pierres ont disparu. Des fouilles faciles à faire ont mis à nu les fondations des murailles et des tours dans ces terrrains inhabités, oîi le sol s'est exhaussé de ruines successives et de décombres apportés de la ville moderne. Le remblai formé par la chute des murs et les restes du mur même peuvent être suivis sur la pente du Musée, jusqu'au rocher sous le tombeau du Syrien. Il en

est de même sur la crête de cette colline, inclinée vers le nord-nord-ouest.

A partir du monument, le mur s'étendait à peu près en ligne droite, sur une longueur d'environ 250 mètres, et faisait un angle, pour se diriger vers la chapelle de H. Dimitrios. Là, près du sentier qui descend à l'ouest vers la plaine, existe la trace d'une des portes de la ville ; cette porte, qui se reconnaîtrait non seulement à l'interruption de la muraille, mais surtout au passage de la voie antique, a été déblayée ; la voie suivait le sentier moderne.

Sur la colline du Pnyx se voient plusieurs assises de deux tours, avec la partie inférieure du mur compris entre elles : ces tours sont carrées jusqu'au bas, et, n'étant pas dirigées dans le même sens, indiquent un angle du rempart ; c'est à la tour septentrionale que cet angle se trouvait, puisqu'elle est oblique par rapport au mur subsistant et par rapport aussi à la suite du rempart qui, bien qu'il soit effacé, devait suivre la crête de la colline pour aller rejoindre le rocher de V Observatoire. Entre cette tour d'angle et le côté occidental du vieux Pnyx s'étend un espace d'environ 45 mètres; il n'est pas sans importance de remarquer ce fait, si l'on veut résoudre définitivement la question de l'existence du vieux Pnyx. Il faut observer aussi que le vieux Pnyx occupe le plateau le plus élevé de la colline et que le rempart est établi sur son versant occidental ; il en résulte que lorsque le mur existait, on pouvait encore de plusieurs points du rocher découvrir la mer et les ports.

Nous n'avons aucune raison matérielle de penser qu'entre la colline du Pnyx et le rocher de l'Observatoire il y eût une porte : là, en effet, le rempart est entièrement eflacé ;

les deux lignes de grandes pierres que l'on voit un peu plus bas n'en faisaient point partie ; au contraire, si l'on en juge par ce que nous trouvons entre le Pnyx et le Musée, à cette porte supposée devait correspondre une grande voie se dirigeant, soit vers le Pirée, soit vers Phalère ou Munychie; cette route, fréquentée par de nombreux chariots venant du Céramique ou s'y rendant, aurait dû laisser des traces sur le rocher, au fond du ravin ; or, il n'en est rien. Ajoutez que la montée de ce petit col est encore aujourd'hui plus rapide que toute autre de ce côté d'Athènes, quoiqu'elle ait été adoucie par les débris de murs et de maisons qui y sont tombés. Enfin, il est bon de remarquer qu'un peu plus au nord, à la partie supérieure du rocher et à la limite des maisons, se trouvent les traces de grandes voies striées ; or, il n'est pas possible d'admettre que ces routes aient abouti au col dont il s'agit, car elles s'inclinent manifestement vers le nord , et, de l'autre côté de la crevasse où l'on tuait les moutons, se retrouve, sur une longueur de quelques mètres, leur évidente continuation. C'est donc plus au nord qu'il faut chercher la porte où elles aboutissaient. A quel point précisément devons-nous la placer? C'est ce que des fouilles pourraient seules nous faire savoir.

La trace des murs se retrouve sur le rocher de l'Observatoire, petit rocher que l'on avait pompeusement qualifié du nom de Lycabette, et qui n'a rien assurément pour quoi il mérite d'être appelé montagne, surtout quand le Musée, plus élevé que l'Acropole^même, n'est qu'un simple "^-ôfoç, une colline, une éminence. De là le mur descend vers le nord-ouest jusqu'à l'escarpement. Au fond de cette cavité nous trouvons la partie inférieure d'une tour; elle

est ronde et diffère en cela des deux tours du Pnyx; mais cela ne doit pas nous faire douter qu'elle ait appartenu au rempart, puisque la même diversité de forme se retrouve au Pirée, où plusieurs tours carrées du Long-Mur reposent sur une base circulaire ; d'ailleurs, la trace de la muraille est aisée à suivre en deçà et au-delà de ce point, jusque sur la colline d'Hag. Anastasios. C'est dans cet espace, selon toute vraisemblance, qu'il faut chercher la porte Piraïque et le point de jonction du Long-Mur du Pirée. Il faudrait examiner avec le plus grand soin les • rochers à fleur de terre qui terminent de ce côté les collines d'Athènes ; ils sont entaillés de diverses manières ; peut-être y retrouverait-on la trace de la grande route, laquelle a dû être une des plus fréquentées du pays.

Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit dans notre ouvrage cité plus haut, sur l'emplacement du Dipylon : s'il est un point du rempart qu'il fût facile de déterminer, c'est celui-là même; les données les plus précises étaient fournies par les auteurs anciens ; quelques pelletées de terre enlevées près de l'égout, au nord de la rue d'Hermès, devaient en apparence faire reparaître les fondations de la Double-Porte; le déblaiement exécuté par la Société archéologique d'Athènes a été considérable ; il est loin d'être terminé, car le sol de ce lieu, qui est encore le point le plus bas de l'ancienne ville, s'est exhaussé par tous les débris que les eaux y ont apportés.

A partir de ce point, je n'ai rien à dire de certain sur la direction exacte des murs d'enceinte dont certains points seulement ont été retrouvés, quand on a creusé des caves pour les nouvelles maisons. La position des autres portes n'est encore indiquée que par les cimetières trouvés

en plusieurs endroits et signalés dans mon ouvrage sur Athènes; ces indications sont un peu vagues.

2° Il n'en est pas de même des Longs-Murs. Un plan ne peut rendre qu'imparfaitement l'aspect des lieux: toutefois, on a marqué sur la carte les pierres en place ou disloquées; les lignes de remblais, qui se dessinent sur le sol par une légère saillie, y sont aussi représentées. Or, c'est ainsi que se présente la crête du Musée, qui court vers l'ouest-sud-ouest et se termine par les fondations d'une tour carrée dominant la plaine. On peut, à partir de ce point, suivre la muraille qui descendait vers le nordouest. On aboutit ainsi à une sorte d'étranglement qui sépare le Musée de la colline occidentale; il faut le franchir et suivre le bord méridional de cette colline même, en se guidant sur les grandes pierres quadrangulaires que l'on rencontre de dislance en distance. Une d'entre elles est tombée de l'escarpement et est descendue jusqu'au point où le plan l'indique ; d'autres ont été emportées à diverses époques par les gens du pays et se retrouvent çà et là dans des constructions plus modernes, aqueducs, fontaines, maisons. Au point le plus élevé de la colline sont les restes d'une tour ; on y voit peut-être encore la trace d'une autre; mais elle est tellement effacée que nous n'avons pas cru devoir la mettre sur le plan. Celui qui continue sa marche vers l'ouest rencontre encore quelques grandes pierres semblables aux précédentes, et, s'il regarde la plaine, il en découvre plusieurs autres de distance en distance, précisément dans la direction du port de Phalère. Au sud de cette ligne que nous venons de suivre, il n'y a sur les collines aucune trace de maisons ; l'escarpement du rocher, ou la pente la plus rapide du

sol, est tout près, tandis que sur la droite les rochers s'étendent davantage et montrent partout qu'ils ont été habités. Il est difficile de méconnaître à ces traits le Long- Mur de Phalére, et l'on ne saurait guère douter que le point où il se rattachait au mur d'enceinte n'ait été derrière le monument de Philopappos. Quant à son tracé dans la plaine, il est probable qu'il ne s'éloignait guère de la ligne droite. Thémistocle suivit l'usage universel des Grecs en profitant des collines pour élever le rempart sur leur escarpement; mais il n'y avait aucune raison pour en augmenter la longueur sur l'espace horizontal compris entre ces collines et celles des ports. Les mêmes remarques sont applicables au Long-Mur du Pirée; je n'ai pu déterminer le point où il se rattachait à. l'enceinte d'Athènes; mais on en suit la direction au moyen du déblai qu'il a laissé, jusqu'au pied de la coUine de l'ouest; au Pirée on peut voir qu'il ne quittait les coUines que là où les collines elles-mêmes s'effaçaient sOus le niveau de l'Halipédon.

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