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cédente dans la virole du manche de cristal (fig. 4 ). Lorsqu’on a beaucoup enfoncé ces aiguilles, et qu’on veut les laisser pendant un certain temps en contact avec les tissus dans lesquels on les a introduites, on peut, en dévissant la vis dépréssion, retirer le manche de cristal et mettre l’œil ou anneau de l’aiguille en communication avec la machine au moyen d’un fil d’or ou d’un conducteur de laiton.
J’emploie encore une troisième sorte d’aiguille (fig. 3 ), surtout lorsque je veux cheminer obliquement sous la peau, et que j ’ai besoin de faire parcourir à l’aiguillon un plus grand trajet. Cet aiguillon est communément de trois pouces L II est surmonté, comme le sont les autres aiguilles, d’un anneau m qui sert à fixer le fil d’or ou le laiton que je mets en communication avec l’un des principaux conducteurs de la machine électrique : cet anneau est terminé par une forte tige en même matière n, cylindrique, tournée en spirale, ou en forme de pas de vis afin d’être mieux roulée entre les doigts; cette tige est longue d’un pouce, son extrémité supérieure forme une boule un peu forte o, sur laquelle s’opère la décharge du fluide.
Lorsque j’ai à opérer un malade, après m’être
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fait détailler la nature de ses souffrances, je le fais placer sur l’isoloir, dans un fauteuil dont les différentes .parties se démontent, et se prêtent à laisser agir sans gêne sur les régions où je me propose d’opérer. J’examine alors attentivement la partie affectée , je détermine les limites de la souffrance, je me rends compte de l’organe qu’il convient d’attaquer, je saisis de la main gauche la peau du lieu que je me détermine à opérer, je lui fais faire un pli en la pinçant entre le doigt médius et le pouce, pour faciliter l’introduction de mon aiguille, et je place au-dessus de ce pli un tube de verre (fig. 5) d’une longueur déterminée (i); je fixe ce
(i) Les tubes de verre ayant une longueur déterminée , servent à faire apprécier la profondeur à laquelle Faiguille a dû pénétrer par celle de l’aiguillon qui dépasse le tube lorsqu’on les compare ; ils servent encore à maintenir l’aiguille dans la même direction lorsqu’on la roule entre les doigts ; ils servent à maintenir l’aiguille en place, sans être obligé de la toucher, lorsqu’on a cessé de la mouvoir : sa matière sert à isoler le support et à empêcher sa communication avec l’aiguille ou la partie malade, et enfin sa transparence laisse apercevoir s’il sort ou non du sang de leur piqûre : ainsi l’on voit que ces conduits sont d’une grande utilité.
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tube avec l’indicateur de la même main qui pince la peau, et de l’autre je saisis l’espèce d’aiguille que je juge convenable d’employer; je l’insinue dans le tube qui me sert de conduit et de guide, et, arrivé à la peau, je fais pénétrer l’aiguillon en roulant le manche de l’aiguille entre mes doigts, et en pressant très légèrement : lorsque je juge que la pointe a traversé la peau, je déforme mon pli avec précaution, en continuant à maintenir le tube de verre, et alors la peau se trouvant accolée sur les muscles ou les tissas fibreux sous-jacents, je continue à rouler mon aiguille et à la faire pénétrer, en m’arrêtant de temps à autre pour demander au patient s’il éprouve quelque douleur. Quand je crois avoir pénétré dans le tissu affecté, je cesse de faire cheminer l’aiguille, je donne à tenir le tube de verre au: patient, ou je le fais tenir par un aide attentif, soit immédiatement, soit au moyen d’un manche qui y serait mastiqué, surtout si je ne pense pas que l’isolement soit assez complet ; après quoi je mets l’aiguille en communication avec l’un des conducteurs de la machine électrique, aü moyen d’un fil d’or que j’insinue dans l’œil ou l’anneau de l’aiguille, ou au moyen d’un laiton, dont la grosseur est calculée sur
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la quantité d’électricité que je veux accumuler.
L’aiguille avant pénétré dans le tissu affecté, et étant par conséquent en contact immédiat avec les radicules nerveuses qui font éprouver la douleur ; étant d’autre part en communication avec la machine électrique au moyen du fil d’or ou de laiton qui va s’attacher à l’un des conducteurs, je fais mettre le plateau en mouvement, et le fluide électrique, lancé sur les conducteurs, est aussitôt transmis jusqu’à la pointe de l’aiguille. Alors j’approche du bouton qui termine supérieurement l’aiguille, le bouton d’un excitateur en communication avec le sol au moyen d’une chaîne, mais dont je m’isole en tenant cet excitateur par un tube ou un manche de verre, pour ne pas partager les commotions. Au même instant où l’étincelle part d’un bouton pour se porter vers l’autre, le choc se communique de la pointe de l’aiguille à toutes les radicules nerveuses de la partie qu’elle touche.
Quand, au lieu d’un excitateur boutonné, je me sers d’un excitateur à pointes, alors je fais passer des aigrettes sur le bouton de l’aiguille, et le malade ressent un picotement assez aigu dans le tissu que pénètre la pointe de l’aiguille;
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souvent ce sont de petits chocs très sentis, qui ébranlent toute la partie touchée. Les grosses boules de métal, en se déchargeant sur le bouton de l’aiguille, donnent des commotions très fortes, qui ébranlent vivement les muscles ou les tissus fibreux. L’électromètre de Lane-, gradué à une très faible décharge, donne de fortes commotions qui retentissent au loin , et semblent perforer les organes, surtout quand on présente l’un des excitateurs au bouton qui surmonte l’aiguille, et l’autre au côté opposé de la partie traversée par la pointe de l'aiguille. Je n’ai pas osé encore expérimenter la décharge de la bouteille de.Leyde sur une aiguille ainsi introduite , j’ai craint les -effets d’une aussi forte détonation dans l’intérieur de nos organes ; mais il est possible que dans la paralysie on puisse en retirer de très grands avantages. Je ne sais pas jusqu’à quel point la commotion communiquée ainsi par une pointe d’aiguille à la moelle épinière pourrait être utile; mais je pense qu’il serait extrêmement téméraire de la tenter. Je me propose de faire quelques expériences à ce sujet sur les animaux; vivants, n’osant pasles entreprendre sur l’homme; je ferai connaître ultérieurement les résultats que je pourrai obtenir, en multipliant une foule d’ex-
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périehces de cette nature, que je me propose de faire bientôt.
Malgré cette suite de commotions imprimées à l’intérieur de nos parties, et l’effroi que semblerait devoir causer urié aiguille qu’dÜ introduit ainsi à une certaine profondeur, on petit réitérer l'assurance que le procédé opératoire est peu douloureux, et lé succès est si prompt que les accidents se calment aussitôt que quelques étincelles ont été tirées dé l’aiguille, qui elle-même a pénétré sang que le malade en ait éprouvé une bien vive impression (i),
Quelquefois aussi la douleur qiie l’ori combat n’est que déplacée par une première introduction de l’instrument; on là poursuit alors en recommençant, et en tirant à chaque fois une trentaine du une quarantaine d'étincelles, ôü en donnant huit à dix commotions. Il est rare qu’on atteigne la cinquième ou sixième opération saris un soulagement complet. L’aiguille doit rester ën contact au moins Cinq à dix minutes chaque fois.
(i) Il m’arrive souvent d’introduire l’aiguille rapidement, et de l’enfoncer tout d’un cpup à une assé^ grande profondeur, sans que le patient et) ressente une vive douleur, K
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Il est peu de moyens qui jouissent d’une activité aussi prompte que Télectro-puncture dans les affections nerveuses simples et dans les accès de goutte et de rhumatismes récents. Ceux qui sont plus anciens demandent aussi un peu plus de temps ; mais, en poursuivant sans relâche la douleur, on est sûr enfin de la dénaturer. Quand plusieurs muscles sont atteints, il faut les opérer l’un après l’autre.
J’ai dit que les plus légères détonations sur l’aiguille introduite dans nos tissus, occasionent une sensation de vibration dans toute la partie souffrante. Si cette partie est un muscle, on le sent, et même on le voit se contracter à travers la peau. Les fortes décharges lui impriment une espèce de convulsion, et c’est dans, ces, secousses subites que les nerfs d’une partie souffrante se trouvent modifiés, et qu’on dénature la douleur. Aujourd’hui tous les médecins sont d’accord, et savent que la goutte et le rhumatisme ne sont pas dus à une humeur qu’il faut forcer à déloger ; cette croyance Ost reléguée désormais chez le peuple ignorant. Nos travaux modernes nous ont appris à quoi nous en tenir sur ce point; et l’irritation d’un -tissu musculaire ou nerveux , soit par l’action du froid, soit par les excès gastriques, soit par
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Fexerçice immodéré des parties génitales, etc. en est l’unique cause; cette irritation, qui se fixe ou parcourt dune manière ambulante et vague les muscles ou les tissus fibreux des articulations, paraît résider spécialement dans, le système nerveux de ces tissus. Toutes les fois que l’inflammation se joint à l’irritation nerveuse, nous voyons les antiphlogistiques, et notamment les sangsues, les cataplasmes, les fomentations, les bains, la diète, les calmants, réussir; mais, quand l'inflammation n’existe pas, on n’a le plus souvent réussi à déplacer le mal qu’à l’aide des violents révulsifs, tels que la moutarde, les frictions, les vapeurs, les moxas, les vésicatoires, les forts purgatifs, le cataplasme de Pradier, etc... et tous les excitants fondés sur le même principe. Je le demandé aux praticiens éclairés et aux physiologistes désintéressés, comment ces moyens agissent-ils? ils opèrent évidemment comme perturbateurs ; ils impriment d’autres sensations , d’autres stimulations, qui, en se communiquant au système nerveux de lapartie affectée , agissent en changeant le mode d’irritation, en détruisant la souffrance contractée!.. Mais tous ces moyens, violents en eux-mêmes, fatiguent les malades par une alternative de
38 électro-punctuke.
stimulations et de douleurs; les forces s’épuisent sous ces puissances qui se combattent ; trop souvent la sensibilité des viscères s’exalte, et c’est à leurs dépens qu’on obtient le calme des parties externes : de là suivent ces gastro-entérites intenses, ces fièvres nerveuses, ce délire, cette maladie noire, et toute cette série de symptômes . dus à l’affection des viscères, et qu’on caractérise quelquefois par les dénominations de goutte remontée dans l’estomac , ou de rhumatisme fixé sur la poitrine; dénomination désormais reléguée chez le vulgaire, et que les hommes de l’art évitent d’employer.
En offrant ici un nouveau moyen de combattre l’irritation nerveuse, et de la combattre directement dans le tissu affecté, sans, être obligé, d’avoir recours à cette foule d’agents douloureux et fatigants , à cette immense série de tourments physiques, qui font acheter si cher une guérison incertaine, je n’ai eu en vue que le soulagement de l’humanité, et le désir de voir se répandre et se propager une pratique qui réussit si bien entre mes mains. Si jusqu’ici j’avais tardé à la faire connaître, c’est que je voulais avoir une masse imposante de faits à opposer à la critique, toujours
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prompte à assaillir les nouvelles découvertes par un pyrrhonisme, tantôt envieux, tantôt méticuleux, ou dicté par des motifs d’intérêt qui tendent toujours à enrayer le progrès des lumières; car, en détruisant par des remarques insidieuses la confiance naissante du public ou des intéressés, elle encourage peu, il faut l’avouer, ceux qui seraient disposés à consacrer leurs veilles aux progrès d’un art qu’ils affectionnent par-dessus tout : l’arme du ridicule, la crainte d’être taxé de charlatanisme, est pour le médecin qui aspire à parcourir honorablement sa carrière la tête de Méduse ! il reste pétrifié devant l’essaim des journalistes, et d’une foule d’écrivains dont l’unique métier est de ternir tout ce qu’ils approchent.
En justifiant ici mon peu d’empressement, et en le motivant sur le désir que j’éprouvais de n’avancer qu’appuyé sur l’expérience, je veux aussi qu’on ne m’accuse pas d’avoir voulu faire un secret de mon procédé ; et c’est ce qui m’engage aujourd’hui à publier ce mémoire, dont l’impression eût été retardée, si je n’avais eu connaissance que d’autres s’occupent activement d’acupuncture, et si* ayant parlé de mes cures, et les ayant effectuées devant beaucoup de personnes, je n eusse pas eraint qu’on:
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me devançât, et que d’autres s’appropriassent mon procédé , comme cela m’est déjà arrivé pour d’autres choses : heureusement, ici, comme je l’ai déjà dit, la publication de l’obversation de 'Montai gu m’assure la priorité; mais j’eusse bien désiré pouvoir attendre davantage, afin de consigner avec mon travail toutes les observations que j’ai recueillies, et qui constatent les cures que j’ai faites : parmi elles, il s’en trouve de très remarquables et de fort surprenantes, mais aucune n’est en ordre; je ne m’attendais pas à être obligé d’écrire précipitamment sur cette matière, dont j Ignorais que d’autres s’occupassent (je parle ici de, l’acupuncture seulement), employant au travail de mon cabinet tous mes instants de loisir.
L’électro-punctureest, selonmoi, lemôyenle plus propre à traiter les rhumatismes, les affections nerveuses, les accès de goutte, lorsque les accidents inflammatoires qui les accompagnent quelquefois ont été suffisamment et convenablement combattus; ce qui demande encore une méthode bien entendue et un tact médical réfléchi. On attaque directement le mal, et on l’attaque pour ainsi dire dans sa racine; on change le mode d’être, des nerfs mêmes qui font ressentir la douleur; on force
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cette douleur à disparaître sous la puissance des vibrations électriques, , et on commotionne graduellement et en raison de l’intensité»
Comme, dans cette opération, on a sous sa main un agent dont la puissance surmontera toujours l’action nerveuse, et la maîtrisera, quelle que soit sa ténacité, on est toujours sûr d’atteindre le but auquel on se propose d’arriver ; celui qui consiste à changer le mode vicieux de sènsibilité, et le mode vicieux d’action, pourvu, bien entendu, qu’il n’y ait pas de lésion organique, pourvu aussi qu’il n’existe pas d’inflammation à laquelle les secousses puissent imprimer plus d’intensité. C’est pour cela qu’il est si urgent de combattre celle-ci avant d’employer la méthode perturbatrice.
Ce mémoire-ci ne comportant pas d’observations particulières , mais étant destiné à établir le point de doctrine et à le développer dans des généralités (i), je me bornerai à appuyer encore ici là méthode que je préconise, par des remarques générales , déduites de l'expérience, et dont on appréciera facilement le poids.
(1) Je réserve pour un autre Mémoire les applications et les preuves pratiques.
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I. Tous les praticiens sont aujourd’hui d’accord sur l’emploi des antiphlogistiques comme moyens plus prompts et plus sûrs qu’aucun autre pour combattre efficacement-linflammar tion. Ainsi donc, lorsque ce phénomène compliquera un accès de goutte, de rhumatisme, ou une affection quelconque, c’est toujours aux antiphlogistiques qu'il faudra d’abord recourir, et ce n’est qu’après que les accidents inflammatoires auront été combattus qu’on devra recourir à la méthode perturbatrice.
IL Lorsqu’il n’existe pas d’inflammation (1) on peut, sans aucune crainte, employer la méthode perturbatrice. Tous les anciens, jusqu’à nos jours, agissaient sans crainte par révulsion, et n’hésitaient pas à combattre de grandes douleurs par des douleurs encore plus atroces, mais dont l’action momentanée n’est pas com-
(1) J’ai hasardé plusieurs fois de traiter des inflammations très peu étendues par l’électro-puncture, et; j’ai souvent réussi à calmer la douleur, et à diminuer consécutivement l’inflammation; mais ce succès ne m’empêche pas de regarder de pareilles tentatives comme peu sûres, et de conseiller d’avoir recours de préférence à l’emploi éprouvé des antiphlogistiques : aussi n’avaîs-je fait mes tentatives que sur des personnes dévouées et, que j’avais prévenues de mes doutes.
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parable à celle moins aiguë, mais continue qu’éprouvent les organes dans certaines affections. ’ :
La raison semblerait se refuser à combattre une irritation par des stimulations ; c’est pourtant une loi reconnue dans notre organisation qu’une douleur en combat une autre , et que la plus forte détruit la plus faible : Hippocrate déjà connaissait cette loi, et l’a consignée dans ses Aphorismes (1).
La plupart des moyens thérapeutiques et hygiéniques qu’on a employés jusqu’ici au traitement de la goutte et des rhumatismes ont été tirés des stimulants, dont on avait re* marqué l’action efficace sur les parties malades. Ainsi on avait remarqué que la goutte attaque plus rarement les individus obligés à beaucoup d’action et même à la fatigue des articulations et des muscles ; que par conséquent les manœuvres en sont rarement atteints : c’est pour cela qu’on ordonne fréquemment l’exercice aux goutteux. On a vu l’extension forcée et des irritations musculaires accidentelles guérir de ces affections fibreuses
- (i) Duobus dolorïbus simul obortis, non in eodem loco, vehementior obscurcit altenirh.
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et musculaires ; des hommes qui avaient subï la question , ont été pour toujours guéris de la goutte (i). D’autres individus, par une marche forcée, ont arrêté l’accès qui commençait à se faire sentir (2).
On sait qu’on obtient du soulagement et que même on guérit les rhumatismes par les frictions, l’excitement de la transpiration , l’usage des vêtements de flanelle, les liniments irritants , les vapeurs et bains sulfureux. Tous ces moyens sont des stimulants principalement employés à l’extérieur.
III. On emploie aussi quelquefois les exci- ' tants à l’intérieur, les sudorifiques , les toniques, les drastiques; mais cette méthode est peu sûre , et pour peu que les organes gastriques soient disposés à contracter Imitation pour peu que la stimulation soit trop forte , et que Tindividu soit sensible ou irritable , il peut s’établir des mouvements fébriles , se déclarer des nausées, et toutes les sympathies morbides gastro-intestinales peuvent survenir compliquer l’irritation extérieure.
Je terminerai ce Mémoire en consignant
(1) Fabricii Hildani Obs. ckir. , t I, p. 87.
(2) Graut, Traité des fièvres , t. Ilyp. 227.
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quelques préceptes tirés de ma pratique et résultants de mes observations.
Dans la céphalalgie et l’épigastralgie, j’ai recèles plusgrands succès de l’électro-puncture pratiquée à l’épigastre. J’enfonce mon aiguille de deux et trois pouces, mais obliquement, et presque parallèlement à la peau ; jé réitère dans divers sens, en commotionnant, par étincelles ou par aigrettes, à chaque introduction, une dizaine ou une vingtaine de fois. J’ai réussi ainsi à enlever des douleurs opiniâtres d’estomac, qu’aucun régime, qu’aucune médication n’a- Tait pu diminuer. J’ai aussi calmé de cette manièredes migraines atroces et périodiques ; mais j’ai été obligé de réitérer plusieurs fois le même procédé opératoire, ce qui ne m’est pas arrivé dans les migraines accidentelles et non réglées..
En général, dans toutes les affections de , l’estomac et de la tête, et dans toutes celles d’un organe quelconque où l’estomac peut être enflammé, j’agis sur l’épigastre. C’est là qu’est le fameux tyuquan (1) des Chinois; c’est là,
(i) Voyez le Traité de la médecine des Japonais, a la fia de cet ouvrage.
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selon eux, selon nous, et selon tous les peuples observateurs anciens et modernes , qu’est le centre où se réfléchissent les grandes sympathies.
Je dois cëpendant ici à la vérité d’observer que dans les douleurs de tête, le soulageaient est moins marqué que dans cèlles des autres viscères: : alors je suis obligé d’opérer sur la nuque ; c’est ce qui m’arrive surtout dans les ophthalmies.
M. Demours, déjà depuis long-temps, avait obtenu du succès de l’acupuncture simple dans les maladies des yeux, et, si je m’en souviens bien , il la pratique à la nuque.
Dans ies douleurs fixes qui semblaient perforer la poitrine, j’ai obtenu des succès en Opérant par étincelles dans les muscles grands pectorauxj le trapèze et le long dorsal, et audevant du sternum.
ni.
Dans l’asthme, les suffocations, les étouffements , la difficulté de respirer, la toux convulsive, en opérant sur ces mêmes endroits et sur l’épigastre, j’ai obtenu du soulagement. Il
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convient, dans tous ces cas, d’enfoncer l’aiguille obliquement , et de commotionner par étincelles , qu’on peut graduer.
La pleurésie costale, ou point de côté, est très bien combattue en enfonçant l’aiguille perpendiculairement sur le lieu douloureux, et jusque dans les espaces intercostaux, électrisant ensuite par aigrettes ou par étincelles légères avec la pointe mousse. Deux fois je crois, en pareil cas, avoir pénétré jusqu’à la plèvre.
Dans les coliques violentes, de quelque espèce qu’elles soient, j’epfonce mon aiguille, au-dessus et au-dessous’de l’ombilic, perpendiculairement, plus ou moins, et en raison de la graisse que renferme le tissu cellulaire ; mais j’arrive toujours jusqu’au péritoine, et je vais souvent au-delà : je ne crois pas cependant pénétrer dans les intestins-; en tout cas il n’en résulterait probablement aucun accident. Les Japonais prétendent qu’ils pénètrent toujours dans ces viscères; et je serais assez porté à croire qu’ils arrivent jusqu’à leur membrane
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musculeuse(1). Rousset, P. Lowe, et Sabatier (Médecine opér. , tome I, page 11), ont pratiqué la ponction des intestins sans qu’il sé soit déclaré le moindre accident.
J’ai guéri une fois ainsi comme par enchantement la colique dite des peintres. Le malade qui s’était soumis à mon expérience éprouvait une sensation si délicieuse, disait-il, des commotions électriques que je lui administrais, qu’il me suppliait en grâce de continuer toujours, quoiqu’il ne ressentît plus aucune douleur.
Souvent, dans les cas ci-dessus mentionnés, on est obligé, en même temps qu’on opère à proximité de l’ombilic, d’opérer aussi à l’épigastre.
Dans la néphrite, il faut introduire l’aiguille dans la région lombaire, à travers le muscle sacro-lombaire, et pénétrer avec précaution jusqu’au voisinage de la cavité abdominale :
(1) Ils enfoncent communéinent leurs aiguillesde dix à quinze de leurs lignes dans le ventre; ce qui fait bien environ vingt lignes de notre pied de roi.
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l’aiguille , dans cet endroit, peut être enfoncée, chez une personne médiocrement grasse, et d’une stature moyenne, à la profondeur de deux pouces. Il faut la retirer et la replonger à plusieurs reprises , et produire chaque fois une vingtaine d’étincelles, avant d’obtenir du soulagement : on peut être même obligé de transmettre quatre ou cinq commotions avec le graduateur, en mettant assez d’intervalle entre chacune d’elles pour laisser reposer le patient et le préparer a un autre choc.
vu.
Les élancements qu’éprouvent les femmes dans la région de la matrice, et les pesanteurs ressenties dans les lombes, la région pelvienne et les cuisses, dans l’affection de l’utérus, sont très bien calmés en portant l’aiguille attentivement de chaque côté de la ligne blanche à travers les muscles droits de l’abdomen, à leur partie inférieure, ayant soin d’éviter les rameaux de l’artère épigastrique et dirigeant chaque piqûre l’une vers l’autre, de manière à ce que si l’on se servait de deux aiguilles, leurs pointes allassent, pour ainsi dire, së toucher
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après avoir pénétré dans l’abdomen (1). L’aiguille doit être enfoncée avec précaution , et à une profondeur calculée sur la quantité de graisse que renferment les cellules adipeuses de cette région. Chez, un sujet de moyenne taille (cinq pieds) et de médiocre embonpoint, on peut faire pénétrer l’aiguille de dix à douze lignes : les étincelles doivent être d’abord ménagées, et on ne doit arriver que graduellement aux commotions électriques, qu’après avoir réitéré plusieurs fois l’opération, et lorsque les douleurs montrent un peu d’opiniâtreté.
Pour les douleurs rhumatismales de la tête, j’enfonce l’aiguille À plat , ou en couchant , dans le cuir chevelu, et je pénètre dans les fibres ou l’aponévrose du muscle occipito-frontal; j’électrise alors par aigrettes, au moyen des pointes de bois et avec précaution, pour que les secousses ne soient pas trop ressenties: j’agis ensuite avec les pointes de métal, et
(i) Il paraît que les Japonais ne craignent pas de faire pénétrer l’aiguille jusque dans l’organe utérin. (Voyez ci-après Traité de l’acupuncture chez ces peuples.)
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enfin avec les boules., On est rarement obligé d’employer les commotions, et si l’on y était obligé il faudrait quel’aiguilleeûtpénétré dans les portions du muscle où se trouvent les fibres charnues.
Lorsque le rhumatisme affecte les muscles du cou et du tronc, je prends moins de précautions; cependant j’ai égard à la sensibilité, qui est toujours plus grande dans les muscles qui avoisinent la trachée-artère , dans les pectoraux, dans ceux des parois latérales delà poitrine et del’abdomen. Les muscles du dos et de la partie postérieure du cou sont ceux qui supportent le mieux les commotions, à quelque degré qu’on les donne. Dans le rhumatisme vague des muscles thoraciques, la douleur est parfois tellement vive, qu’il y a grande difficulté de respirer et de tousser. Lorsque, dans ce cas, on introduit l’aiguille dans les muscles affectés et qu’on électrise par étincelles , au bout de quelques secousses, la faculté de respirer et de tousser se rétablit, et bientôt la douleur cesse entièrement.
Les muscles des membres sont bien plus faciles à modifier que ceux du tronc et de la tête : ils supportent mieux la commotion; cependant, comme ce sont ces muscles-là qui
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sont ordinairement le plus sujets aux affections rhumatismales, et comme ils peuvent avoir atteint un.degré de sensibilité extrême, il est prudent de commencer par une électrisation par fourmillement. Je me sers à cet effet d’un excitateur à pointe de bois, avec lequel j’établis un souffle électrique sur le bouton de l’aiguille; et si je veux agir encore plus doucement, j’établis ce courant entre ma pointe de bois, et l’aiguillon ou l’anneau de l’aiguille, sans approcher du bouton qui la surmonte; je gradue avec ménagement la sensation, et j’emploie successivement la pointe acérée de laiton, la pointe mousse, les boutons et les boules.
La douleur disparaît, et, chose remarquable, plus elle est aiguë, plus elle disparaît facilement ; il est vrai que cela s’explique de cette manière: les rhumatismes les moins douloureux sont les chroniques, mais aussi ce sont les plus tenaces ; la sensation qu’ils font éprouver est en quelque sorte plus identifiée avec l’organe, que celle du rhumatisme récent, qui est aussi plus aiguë. C’est dans les parties musculaires enveloppées de fortes aponévroses, comme celles que recouvrent le fascia-lata, que les commotions demandent le plus de ménagement, quand la douleur est fort vive,
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parceque la contraction qui s’opère sous rempile de l’électricité est très douloureuse, au moins en commençant l’opération.
Le rhumatisme qu’on nomme ordinairement sciatique demande un très grand ménagement (i).
Les irritations des tissus fibreux, appelées rhumatismes fibreux, rhumatismes articulaires , lumbago, rhumatisme goutteux, goutte, se traitent avec autant de facilité que les irritations musculaires, surtout lorsqu’elles sont récentes, et non compliquées d’inflammation ou d’affection des viscères;mais il faut un bien plus grand nombre de commotions. Souvent la flouleur disparaît dans le tissu que la pointe de l’aiguille a pénétré, et que l’électricité a modifié ; mais elle ne fait que se déplacer, et se porte avec une extrême rapidité sur les tissus environnants, ou vers d’autres parties fibreuses;
( 1 ) Dans mes expériences je crois avoir atteint plusieurs fois des filets nerveux assez considérables ;: la force de la contraction par de très faibles étincelles, m’en donne l’assurance, et, contre mon attente , il n’en est résulté aucun accident.
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il faut, dans ce cas, la poursuivre sans relâche. Il m’est arrivé, je dois l’avouer, ^e traiter de cés irritations très aiguës, dans les petites articulations , celles des orteils, par exemple, de les déplacer ou d’engourdir et modifier tellement la douleur, que je pensais que le reste de la sensation disparaîtrait après l’opération : mais, quelque temps après, la douleur reparaissait avec la même intensité; et quand il m’est arrivé d’avoir affaire à des personnes qui se découragent facilement, et qui ne veulent pas se soumettre à des tentatives ultérieures , la douleur se calmait le lendemain ou le surlendemain de l’électro-puneture, et ensuite devenait de jour en jour plus supportable; mais si j’avais affaire à ces âmes courageuses et persévérantes, je recommençais l’opération en poursuivant avec opiniâtreté la douleur partout où elle reparaissait, et mes efforts finissaient par être couronnés d’un plein succès. J’ai quelque raison de penser que les irritations qui se sont montrées aussi rebelles sont aussi moins disposées à se reproduire, quand elles ont été bien combattues et déracinées : il semble que ce soit une compensation aux peines qu’on s’est données, et à la souffrance que le patient a dû éprouver pour
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soutenir ce combat sans cesse renaissant de l’opération aux prises avec une douleur intolérable.
Les lumbagos attaqués par 1 electro-puncture, les douleurs vagues qu’on éprouve entre les épaules, à la suite des grandes fatigues, la plupart des douleurs articulaires non périodiques, cèdent avec plus de facilité et sans retour à ce moyen.
J’ai employé aussi l’éleetro-puneture dans les douleurs ressenties à l’occasion d’entorses, de contusions, sans plaie ni écorchure, et elles ont disparu en peu d’instants. Si ensuite je faisais plonger la partie malade dans l’eau très froide, tous les accidents consécutifs avortaient ou diminuaient rapidement.
Je n’ai pas eu occasion d’employer ce moyeu dans les fièvres intermittentes ; mais je présume que si, quelques instants avant l’invasion, on l’appliquait, on diminuerait l’accès et peutêtre le ferait-on manquer. 11 faudrait répéter
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la tentative à plusieurs accès au cas que le premier n’en obtînt aucune modification. Je pense que c’est à l’épigastre que l’opération devrait se faire.
Dans quelques unes des affections ci-dessus citées , j’ai pu comparer les effets de l’acupuncture simple avec ceux de l’électro-puncture , et il ne me reste aucune raison qui m’empêche d’accorder la prééminence à ce dernier moyen. Les expériences comparatives que j’ai faites à ce sujet n’ont pu trouver place dans ce mémoire, mais je me réserve de les faire connaître quand j’y aurai joint d’autres travaux.