‹ Mémoires sur l'électro-puncture, considérée comme moyen nouveau de traiter efficacement la goutte, les rhumatismes et les affections nerveuses, et sur l'emploi du moxa japonais en France, suivis d'un traité de l'acumpuncture et du moxa... par le chevalier SarlandièreChapitre 6 sur 12 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Au Nengo-ky-tjo (depuis Fan 1596 jusqu’à Fan 161 4 ) » un certain Nagata Tokfon, habile médecin dans la province jKæj, apprit Fart de piquer avec l’aiguille, d’un médecin coréen ou chinois , Dommé Kintokfo , et à son tour l’enseigna au médecin Tanaka Fisin, afin que tout le monde pût en avoir connaissance. On en fit pourtant un secret au public , et on ne l’enseigna qu’à quelques individus jugés capables de le pratiquer. Comme j’avais grande envie d’acquérir des lumières, et qu’il est impossible de parvenir à une parfaite connais»

sance de cet art par une instruction de bouche, ou en lisant les livres qui en parlent, je me suis appliqué à l’apprendre à Mijaco du fameux médecin Fora Tayan , et j’ai eu le bonheur de réussir complètement, depuis le commencement jusqu’à la fin. J’ai depuis été assez heureux pour guérir, en le pratiquant, nombre de malades.

Considérant qu’en en faisant un secret,

MÉDECINE JAPONAISE. g 5

on pourrait le comparer à de l’or caché dans les mines, ou à des pierres précieuses ensevelies au fond de la mer, ce qui ferait que personne ne pourrait en jouir, et que d’ailleurs c’est le devoir d’un médecin ou d’un chirurgien philanthrope de faire part de ses connaissances lorsqu’elles peuvent contribuer à conserver la vie à son prochain, j’ai pris le parti de consigner dans ce manuel tout ce qu’il y a d’important et de plus curieux dans la pratique de la médecine concernant l’acupuncture et le moxa, afin qu’on puisse en avoir connaissance , et qu’on puisse en faire l’application au profit des maladies qu’on pourrait avoir à traiter de cette manière. Lorsqu’un médecin est appelé pour pratiquer ces opérations, les circonstances doivent le décider à employer l’aiguille ou le moxa, suivant ce qu’il croit le plus salutaire.

S igné K ANR A-FAT JN-MOTO-S AD A.

Post~scriptum.

Je suis d’opinion que l’acupuncture, quand elle est bien exécutée, est du plus grand succès dans des cas d’apoplexie, et de toute maladie qui survient subitement ; que par là l’on

détruit toute obstruction, que toute dureté est ramollie, que cela avance et produit les rè^ gles ; mais il ne faut pas que cela soit fait par un médecin ignorant, puisqu’il aggraverait plutôt le mal du malade, ce qui équivaudrait à lui donner du poison.

Aussitôt qu’on est expert à se servir de l’aiguille , l’on doit aussi savoir saigner, ce qui ne doit pas être différé avec des malades attaqués subitement d’une affection maligne ; mais comme cela n’est pas connu généralement dans ce pays, l’on ne doit l’entreprendre qu’après y être bien instruit, et après avoir acquis la connaissance parfaite du cas fondamental qui démandë une saignée ; par exemple, un homme pendant sa vie peut, au moyen de son sang et de ses esprits, être actif et se mouvoir, mais-lorsque ces deux substances ne circulent pas comme elles le doivent dans le corps , cela produit des maladies sérieuses : plusieurs médecins ont m & l réussi en apprenant cet art, et il n’y en a que peu qui s’appliquent à saigner.

Le mode et l’habitude d’employer l’aiguille et de brûler le moxa, les endroits sur lesquels on les applique, sont à peu près les mêmes ; mais il y a une aussi grande différence entre

le moxa et saigner, qu’il en existe entre le ciel et la terre. C’est pourquoi il faut qu’un médecin réfléchisse mûrement sur le cas, avant de se décider pour l’un ou pour l’autre : il est même de toute nécessité qu’il connaisse la constitution du malade : ainsi, s’il est d’une constitution faible , on appliquera le moxa; s’il est fort, on fera usage de l’aiguille, ou de la saignée, s’il est sanguin; l’on doit auparavant bien peser çes circonstances, pour ne pas commettre d’erreurs.

Lorsqu’un médecin exécute mal l’une ou l’autre de ces opérations sur l’endroit indiqué , il aggrave les maux, du malade , ce dont l’on ne s’aperçoit pas de suite, mais peu à pëu , par un affaiblissement qui augmente de jour èn jour, et qui est causé par son ignorance ; c’est pourquoi l’on doit être toujours sur ses gardes , en employant l’aiguille , et consulter l’expérience avant de l’entreprendre.

Nota. Le Tsoe-bosi qui a été apporté du Japon est une figure en carton (la même dont il a été parié dans l’introduction), de deux pieds de hauteur. C’est sur cette poupée qu’ont été copiés les dessins qu’on trouvera à la fin de cet ouvrage. Les figures en ont été réduites, et tous les points compassés et réduits à l’échelle. L’original doit être maintenant entre les mains de M. Nepveu, libraire, passage des Pano¬

ramas.

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