PRÉCEPTES .GÉNÉRAUX
L’acupuncture est nuisible pendant ie travail de la digestion.
On trouve à la partie antérieure du tronc deux endroits qu’on nomme en langue mandarine Tjuquan 56 et Sjomon 122 : il serait nuisible d’y pratiquer l’acupuncture après le vomissement.
Il est interdit de piquer les femmes enceintes aux endroits Gokok 279 3 Saninko 194 et Sekmon 6 ,
Il est dangereux de piquer, dans une fatigue
extrême,une grande faim et peu après le dîner ;
Dans de fortes transpirations, et lorsque toutes les veines paraissent gorgées ;
Pendant les fortes pluies, un grand vent, un tremblement de terre (1) ;
Dans un emportement de colère, des affections et des émotions vives.
S’il arrivait qu’on piquât à contre-sens sur un des lieux destinés à cette opération, il faudrait aussitôt la recommencer à l’une des parties nobles ci-après désignées.
Si l’on pique à contre-sens sur
Soeyboen s 9 } on répète à Moemio-no-kets ou Kets-kay , au pied,
Sjomon 123 , Sekots 265 ,
Ni-kay " Sanri 163 , au pied,
l’épaule Kensy a6î ,
ou sur Kioktje l3a ,
Sanri 162 au pied K ensy z6S .
le ventre Sekots 265 ,
ou Kensy,
Siozan Kensy 265
ou Sekots.
(1) On sait que les Japonais et les Chinois sont extrêmement superstitieux, et que les influences atmosphériques sont très considérées parmi eux. S.
Si le sang sortait en abondance par la piqûre , on enfoncerait aussitôt l’aiguille sur Kjokots * 1 pour arrêter l’hémorrhagie.
En négligeant ces précautions il pourrait survenir des accidents graves.
Il est indispensable de connaître parfaitement le cours de la circulation (i) ; car il est des cas où il faut piquer suivant le cours, ou contre le cours du sang, enfoncer l’aiguille perpendiculairement ou obliquement, et agir rapidement, soit en l’enfonçant, soit en la retirant.
Avant de pratiquer l’acupuncture, le médecin doit presser entre les doigts de la main gauche l’endroit désigné, et pincer la peau afin d’y faire entrer l’aiguille plus facilement.
Si l’opération a lieu sur le ventre , il est ur-
(1) Les Japonais n’ont qu’une connaissance très imparfaite de la circulation du sang. Ils croient, par exemple, que toutes les artères vont de haut en bas , et que les veines vont toujours de bas en haut, c’est pour cela qu’ils prescrivent de piquer la pointe tournée vers le haut du corps, quand ils se proposent d’aller contre le cours du sang, et de piquer la pointe en bas lorsq s désirent aller avec le cours du sang. S»
gent d.e faire attention à la respiration, et de presser moins avec les doigts pendant l’inspiration , afin que la pointe dé l’aiguille puisse se mouvoir avec facilité. Il faut retirer l’aiguille lors de l’expiration.
La plus grande attention du médecin doit être provoquée, lorsqu’il s’agit de pratiquer l’acupuncture sur six endroits, qui, réunis ensemble , sont désignés sous le nom de pied de coq. Ces endroits sont Soeyboen %Tjuquan ® 6 , Gequan §8 , Kikay 6 \ Quangen^ et Kubi b5 . Après qu’on y a enfoncé l’aiguille à la profondeur d’un pouce (i), on la retire de moitié de ce trajet, après quoi on l’enfonce de nouveau d’un pouce j en sorte que la pointe puisse se mouvoir plus facilement dans la chair; on la retire encore de moitié, et on agit de même vërs le côté gauche et le côté droit ; mais lorsqu’on pique pour la cinquième fois, on en-
(x) Les hommes diffèrent beaucoup entre eux sous le rapport des proportions : il faut entendre par le mot pouce ou sun des Chinois, la longueur de la seconde phalange du médius de la main gauche ( chez les hommes, et de la main droite chez les femmes ) de la personne sur laquelle l’opération doit être pratiquée: on partage le sun en dix lignes. ( Note du traducteur. )
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fonce, à la manière ordinaire, l’aiguille tout droit dans le ventre.
Il est des cas où l’aiguille n’est pas enfoncée perpendiculairement à la peau ; c’est ainsi qu’à la tête, sur les mains et sur les pieds, où les parties charnues offrent peu d’épaisseur, l’aiguille doit pénétrer obliquement et comme couchée.
Elle doit être enfoncée la pointe en haut à l’endroit Daysoey 807 ;
Avec le cours du sangvers le bas sur Tentots 4ê ;
Toujours en haut contre le cours du sang sur Sjosan;
Suivant le cours du sang sur Êtju ll4 ;
La pointe en bas sur Kubi 5s i
Si par imprudence on piquait à contre-sens à l’endroit Amon 84 , le patient deviendrait muet.
Exposition des cas où. /’acupuncture et l’application du moxa sont considérées par les médecins chinois et japonais comme devant être suivies du plus grand succès.
§ 1 er .
Dans les pertes d’appétit on pique premièrement sur Into 7 % puis sur Gecjuan 58 , sur Tsoekok 75 et sur Tjuquan 36 , répété pendant trois jours; si alors cela ne va pas mieux, on répand un peu de sel au nombril, et on brûle autour dix-sept à vingt-quatre cônes de moxa, dont voici la grandeur (1).
Azemondokitz signifie les douleurs qu’on ressent en pressant avec le doigt sur la région des reins, sur le ventre ou sur les pieds et les mains (2). C’est au médecin à réfléchir s’il emploiera le moxa ou l’aiguille. Quelquefois il faut enfoncer l’aiguille dans la région des reins
(1) -Six lignes de diamètre de notre pied de roi.
(2) Il faut entendre ici les bras et les jambes. C’est
probablement du rhumatisme compliqué d’irritation des viscères qu’il est ici question. S.
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si la douleur est au ventre et vice versa. L’expérience est le meilleur guide.
Tjucjuan 56 est une partie située au-devant de l’estomac , qui demande beaucoup d’attention. Il est considéré comme la source ou l’origine de toute maladie; ce qqi enjoint une extrême circonspection en y pratiquant l’acupuncture ou l’application du moxa.
Chez les personnes débiles, et qui ont peu de sang, on doit se garder scrupuleusement d’y trop enfoncer l’aiguille.
C’est en agissant sur Tjuquan qu’on guérit les vomissements, la dysenterie et la diarrhée, les accès de fièvre.Ainsi ce serait faire em¬
pirer le mal que de piquer à contre-sens (1).
Dans les lipothymies on enfonce l’aiguille sur Inpak (d’une ligne), et sur Sanri 162 au pied (de cinq lignes de profondeur).
(1) II paraît que les Chinois, aussi bien que les peuples de l’occident, ont reconnu l’importanee.des organes que renferme la région épigastrique. C’est toujours sur cette région qu’ils agissent lorsqu’ilest question d’une affection des muqueuses gastro-intestinales. S.
io6 médecine japonaise.
Nitisju est une indisposition' inopinée très dangereuse, souvent suivie de la mort sans un prompt secours : si on apercevait qu’il survînt un engourdissement, à l’épaule , suivi de douleur de poitrine et de gonflement au front, on piquerait sur Kensy 265 ( 4 1 - ) » sur Kioktje 132 ( 7 1 . ), et sur Sjaktak 131 ( 31 .), faisant, outre la piqûre, une forte saignée.
Kofi (2) est une] inflammation aiguë de gorge, dans laquelle on fait la ponction directement sur Onriii 276 ( 31 . ), sur Tentots 46 (1 1. ) , sur Gokok 279 ( 5 1. ), sur kito (il.), sur Sjosjo 156 ( 1 1 . ): si après ces applications on n’aperçoit aucun bon effet, il faut une saignée.
Dans le Tenkan ( 3 ) on enfonce l’aiguille em couchant sur KubP (51.), sur Fiakje (vertex) (31 .), sur Tjuquan 56 ( 8 1 . ).
(1) Angine.
(2) Epilepsie.