‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 106 sur 455 · LIVRE XXXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI

ses intérêts, me font espérer aussi qu'elle en prendra au bon succès de ce livre, qui ne tend qu'à faire finir la mésintelligence que quelques gens ennemis de son repos ont mise entre ses membres par les seules armes de la calomnie et de l'imposture, et en décriant comme de nouveaux hérétiques des personnes très catholiques qui n'ont jamais donné de fondement de douter de la sincérité de leur foi^ La candeur de la conduite qu'ils ont gardée contre les artiflces par lesquels on a voulu la rendre suspecte suffit toute seule pour la justifier, non seulement auprès des personnes équitables et désintéressées, mais aussi envers ceux mêmes qui leur ont fait les traitements les plus iniques, s'ils veulent rentrer en eux-mêmes et suivre les mouvements de leur conscience.

« C'est pourquoi, pour lâcher de rendre aux uns et aux autres le service que j'ai cru leur devoir sur ce sujet, je me suis contenté de représenter cette conduite simplement et naïvement, telle que Votre Éminence, monseigneur, pourra se souvenir de l'avoir vue autrefois, pendant que nous étions à Rome, dans un grand nombre de choses que je rapporte dans ce livre, qui sont de sa connaissance et dont elle a été témoin. Je ne lui en dirai rien davantage, monseigneur, par l'espérance que j'ai que son application infatigable aux choses qu'elle ne juge pas indignes de sa curiosité et de ses soins lui fera trouver du temps pour le pouvoir lire, et qu'elle y remarquera, mieux que je ne puis l'exprimer dans cette lettre, combien je m'estime redevable à ses bontés et combien j'ai de sujets de me dire etc. »

L'adresse de la cinquième lettre, datée du jeudi saint, était au Révérend Père Barrelier', assistant pour la France au général des Dominicains à Rome, et contenait ce qui suit :

a Mon Révérend Père,

« Quoique les occupations si vastes et si pénibles que vous donne la place où vous êtes d'assistant pour la France auprès de votre général ne vous aient jamais permis de vous appliquer beaucoup au détail des affaires pour lesquelles

1. Jacques Barrelier (1606-1673), fut d'abord médecin, et se fit domi- Qicaia en l635.

ibÛ MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

nous étions à Rome en 1651, 1652 et 1653, à Toccasion des cinq propositions, néanmoins, Téquité avec laquelle vous avez considéré ce que je vous en ai dit, et la part que plusieurs des Pères de votre ordre y ont prise quand ils ont reconnu que nos intérêts en cette affaire n*étaient point différents des vôtres, qui étaient ceux mêmes de la vérité et de l'Église, cette équité, dis-je et ces intérêts communs ne me permettent pas de mettre au jour le Journal que j'ai fait de ce que j'ai observé des choses qui se sont passées en cette affaire, sans vous en envoyer un exemplaire, tant pour la satisfaction que vous pourrez prendre en le lisant, si vous en avez le temps, que pour celle qu'en pourront recevoir votre Révérend Père Général et vos autres Pères, s'ils en voulaient aussi faire la lecture. Car bien qu'il soit écrit principalement dans une langue qui n'est pas entendue de tous vos Pères, beaucoup néanmoins l'entendent, et outre cela, il y a beaucoup de pièces en latin, dont plusieurs sont émanées de vos mêmes Pères. Je les rejoins à leur source, mon Révérend Père, quand je vous les envoie, et je ne puis douter qu'elles ne soient fort bien venues et conservées chèrement dans le lieu de leur naissance.

« Si les deux exemplaires que je vous en envoie ne suffisent [pas], et pour avoir de quoi conserver cet ouvrage avec les anciens titres et mémoires de votre maison, et pour l'usage que vous et vos Pères souhaiteriez d'en faire, je vous en enverrai d'autres sitôt que vous me l'aurez ordonné. Je vous supplie cependant de recevoir ceux que je vous envoie comme un témoignage public de l'estime que je fais de votre ordre, et comme un gage de mon affection particulière pour vous.

« Je vous supplie de me conserver la vôtre, de faire mes humbles baise-mains à votre R. P. Général et à vos autres Pères, desquels j'ai l'honneur d'être connu, et de continuer à me croire autant que je le suis, etc. »,

La sixième lettre, datée du mardi saint, était pour M. le bailli de Valençay, ambassadeur à Rome. Voici ce qu'elle portait:

« Monsieur,

« Je n'ai rien à vous dire du volume dont on vous rendra un exemplaire avec cette lettre, sinon qu'il vous est dû

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