‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 118 sur 455 · Livre xxxir · texte numérisé non relu

Livre xxxir

moyen de la lettre de M. de Comminges. On signerait plutôt les constitutions simplement, avec cette assurance publique que l'on ne prétend point y engager à la créance du fait, parce que [ce] ne serait pas signer une formule que nous aurions composée; mais que je ne pouvais pas assurer qu'on le voulût faire, disant cela, pour détourner la poursuite du submitlimus, qu'après tout on devrait se contenter de la signature de Louvain. Que si l'on ne s'en contente pas, comme l'on assure que l'on ne s'en contentera pas, c'était donc une marque que l'on demandait quelque chose de plus qu'une soumission de respect et d'obéissance à ce que l'on peut obéir. L'on entend assez peu raison là-dessus, parce que l'on veut quelque chose que le P. Annat approuve. En tout cela, il y a beaucoup à souflrir. Car Ton doit ménager les esprits des amis qui ont bonne volonté pour nous, mais qui s'y prennent si mal et qui nous désobligent et nous décréditent. En pensant contribuer au bien de la paix de l'Église et nous procurer la liberté de rendre service au prochain, ils ne voient pas qu'ils s'y prennent très mal. J'ai autant craint que vous la fin de cette négociation, mais elle nous a été inévitable. Nous n'avons rien contribué pour y entrer. C'est pourquoi nous n'en devons pas avoir de regret, pourvu que nous ne donnions aucune occasion légitime de blâme, et que nous n'omettions rien, soit pour la faire réussir, nous empressant, ou rompant, que l'on puisse faire voir qu'il n'y a rien que l'on n'ait voulu faire, la conscience sauve, afin que toute l'Église et les gens de bien voient que nous avons voulu rendre tout le respect que des catholiques peuvent rendre aux constitutions du pape de cette nature, et que l'on ne saurait aller au delà sans blesser la vérité et sa propre conscience, et que ce sera gratuitement et injustement que nous souffrirons tous les maux dont on nous menace en cas de rupture, que je tiens déjà faite. Et je vous puis protester devant Dieu, en la présence duquel je vous écris, que je m'estimerais plus de souffrir ces maux que la paix que l'on nous promet^ si nous pouvions avoir les témoignages assurés que nous n'avons pu accortier et baisser davantage que nous faisons pour le bien de la paix.

« Je ne sais qui vous a pu dire que je vous taxais de péché mortel si vous ne vous rendiez à ce que l'on exige de

16i MÉMOIRES DE GODEFftOl HERMANT

VOUS. Ce n'est pas là mon langage de parler (sic), et je serais bien téméraire de vous juger et condamner de la sorte. Mais j'ai biea pu dire, ce que je crois encore, que vous pourriez courir devant Dieu un grand péril, et vous rendre responsable de tous les maux qui s'en pourraient suivre, si pour vous tenir trop roide par des craintes qui ne paraissent pas bien fondées, vous ne vous rendiez pas à ce que vos principaux amis, qui sont engagés dans cette cause commune, croient que Ton doit offrir pour le bien de la paix, comme est la formule de Louvain.

<( Car le scrupule de quelque particulier, qui serait bientôt levé si vous n'en témoigniez pas avoir, ne doit pas ce semble vous arrêter pour se désunir et se séparer d'avec ceux avec qui on a traité cette affaire. Il faudrait qu'il parût visiblement que la vérité fût blessée, et que l'on vit que c'est l'intérêt ou l'aveuglement qui portât nos amis à embrasser un moyen illégitime. 11 est vrai que les difficultés que vous avez faites sur cette signature de Louvain m'ont beaucoup attristé : car comme M. de La Lane et M. Girard disent, il est [un] peu étrange que de ceux qui ont signé les articles de foi, il n*y ait que vous qui fassiez difficulté à ce que huit n'en font nulle. Je n'entends pas parler des raisons que vous apportez s'il est expédient, car elles méritent d'être pesées et suivies si Ton ne juge pas qu'elle pût bien réussir. Ce n'est pas de cela que je me mets le plus en peine, mais de ce que l'on a porté M. deComminges à la faire réussir, à s'arrêter uniquement à ce moyen (que l'on n'est que trop porté à rejeter à cause qu'il n'agréerait pas aux Jésuites) en rejetant l'autre, et que cependant l'on vous en voie tant d'éloignement, ce que l'on se donne bien de garde de dire. Car ce serait alors que tous les gens qui se soulèvent déjà contre vous comme étant le seul qui évite de faire la paix, et qui rejette ce moyen qu'ils estiment tant, auraient beau prétexte à vous traiter d'opiniâtre de ne vouloir rien accepter pour faire la paix; que vous êtes seul de votre sentiment de dix d'entre nous avec qui Ton a traité cette affaire. 11 est vrai que rien ne m'a plus attristé et embarrassé, vous voyant si retenu dans cette proposition, n'y voyant pas M. de Sacy, qui est un des plus craintifs et qui veut plus d'assurance, ayant vu le sentiment de ces docteurs qui faisant tant de difficultés de signer les

Page 1