V. Durand de Ma'Ulan';, p
en présence des gens du roi mandés, mondit sieur le premier président leur a dit :
« Que la cour, après avoir vu l'acte d'enregistrement fait en leur Faculté de l'arrêt du [23] janvier dernier, qu'ils avaient mis ès-mains des gens du roi, les avait mandés pour leur dire qu'ils n'étaient point satisfaits de la manière dont ils avaient agi en celte occasion. Que les délais qu'ils avaient portés pour enregistrer cet arrêt étaient inexcusables, puisqu'outre la prompte obéissance qu'ils devaient aussi bien que tous les autres sujets du roi à tout ce qui leur était ordonné, ils auraient dû eux-mêmes aller au devant d'un tel arrêt, pour arrêter le cours d'une mauvaise doctrine, et le solliciter s'ils eussent eu le même zèle que leurs prédécesseurs ont toujours fait paraître en semblables occasions. Qu'outre cela sans doute, la Faculté en dressant cet acte s'était laissé surprendre par des particuliers qui tâchent par toutes sortes de moyens d'y introduire des nouveautés, et d'y établir à quelque prix que ce soit des opinions contraires à celles qu'on a de tout temps soutenues avec tant d'honneur et de capacité. Car dans cet acte on avait rongné (sic) ce que la cour leur avait dit au sujet de cet arrêt, quoiqu'en matières si importantes les paroles doivent être fidèlement rapportées, étant de grande conséquence de n'y rien changer, altérer ou diminuer ainsi qu'on avait fait. Qu'il était même bien étrange que pour parvenir à ce changement alTecté dans cet acte, ils eussent fait parler latin la cour, quoiqu'ils eussent inséré les paroles de leurs docteurs en français, au lieu qu'ils avaient dû trancrire les mêmes mots dont la cour avait usé, et ainsi qu'ils étaient mis dans le registre, dont ils avaient eu la connaissance. Qu'il y avait ausssi des termes ambigus et équivoques dans la fin de cet acte d'enregistrement, dont on pourrait induire que cet enregistrement avait été fait eu égard à leurs considérations et distinctions particulières, et non pas en vertu de l'obéissance absolue et la déférence tout entière à ce que la cour ordonne. C'est pourquoi elle avait trouvé mauvais non seulement le défaut de la diligence et de l'exactitude qu'ils avaient dû apporter en cette occasion, mais qu'elle leur disait de ne se laisser pas persuader par ceux qui tâchaient assurément de les surprendre et de diminuer par toutes ces difficultés la force de l'arrêt du [23] janvier,