LIVRE xxxii
que ce n'était pas à eux à les choisir. Que n'ayant rien contribué pour l'entremettre dans cette affaire, mais y ayant été engagés par la Providence divine, ils devaient s'y comporter sagement, et ne donner lieu à personne de se mal édifier de leur conduite. Que c'était à eux à ne rien faire contre la vérité et leur conscience, mais sans tomber dans l'impatience et le découragement, puisqu'il ne dépendait pas d'eux de faire finir les choses, et quand elles finiraient, il fallait pouvoir rendre au public un si bon témoignage de leur sagesse et de leur conduite, et qu'il n'avait pas tenu à eux que la paix ne fût donnée à l'Église, n'ayant rien refusé de ce que la justice pouvait demander d'eux. Que la retraite et l'absence de M. Arnauld ne pouvaient donner une bonne odeur dans la conjoncture dés choses; qu'il ne fallait pas prendre garde seulement au peu d'apparence qu'il y avait d'espérer aucun bon succès, mais à ce qu'ils devaient et aux amis, et aux faibles et aux ennemis, afin de se mettre en état de pouvoir dire : Quid debui facere et non feci'ï Qu'il n'avait garde de convenir de dire que l'on ne voudrait pas se servir de la formule de Louvain après qu'elle avait été offerte plusieurs fois par leurs amis, et nul ne faisant difficulté de s'en servir, et qu'il n'en ferait pas lui-même à qui il écrivait si cela donnait la paix. Car pour ce qu avaient écrit les docteurs de Louvain, cela ne lui imposait pas de lois, et ne faisait pas que cette formule ne fût légitime et que le pape s'en contentant, elle ne fût bonne et meilleure pour eux, au jugement de plusieurs amis de la vérité, que plusieurs formules qu'ils avaient dressées. Il le priait de voir un écrit qui avait été fait à la prière de quelqu'un de leurs amis, docteur, sur la difficulté que les autres d'entre eux avaient de recevoir des termes qui signifiaient recevoir, emhrasser les constitutions, s*y soumeUre, etc. Il ajoutait qu'il y avait longtemps que l'on devait avoir travaillé là-dessus, parce qu'il arrivait qu'ils se prévenaient souvent et rejetaient les choses par l'opinion que Ton avait qu'elles blessaient la vérité, sans avoir bien examiné si elles la blessaient effectivement, et que pour en bien juger, il fallait consulter les Pères et l'antiquité, en ne se rendant pas plus difficiles qu'eux et ne croyant pas illicite ce qu'ils avaient trouvé licite. Que pour lui, il ne voulait non plus s'aveugler que personne, ni
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blesser ea rien la vérité, mais qu'il ne fallait pas aussi par cette crainte exclure les manières de parler et de recevoir qui étaient approuvées dans TÉglise. Qu'il lui avouait qu'ayant été lu par M. Guillebertà quelques amis docteurs, ils l'avaient trouvé fort considérable et avantageux pour se guérir de scrupules sur la réception des bulles, non quant au subjicimus in hac parte, mais pour ce qui regarde ces bulles en elles-mêmes et simplement. Qu'ils disaient avoir quelque chose qui fortiOait cet écrit, mais qu'il n'était pas impossible de lever et d'éclaircir en ajoutant que la bulle d'Alexandre VII a pour but la foi, quoiqu'il ait défini le fait pour la confirmer. Que M. Arnauld savait que M. Guillebert avait été contre cette créance de recevoir purement les bulles, mais que cet écrit avait levé ses peines, ne trouvant pas les difficultés que Ton faisait au contraire assez fortes pour ne pas se servir du terme de recevoir, et qu*il croyait même qu'il était très avantageux d'établir cette maxime, que les faits décidés ou ceux des décrets où la foi est décidée («ic) n'engagent point à la créance; que cela était avantageux et pour l'Église et pour l'État. Qu'à la vérité, cela ne plairait pointa Rome, mais que ceux de ce pays-là ne pourraient pas prouver et soutenir le contraire. Il priait donc M. Arnauld de le bien peser devant Dieu, avec dessein d'y entrer si la vérité ne lui paraissait point visiblement blessée, sans avoir égard a l'opinion contraire dont on avait été prévenu, puisqu'ils étaient obligés d'être bien aises de trouver licite ce qui peut contribuer au repos de l'Eglise; que s'il y avait des difficultés qui fissent juger la chose illicite, on les écouterait volontiers et on les éclaircirait volontiers si elles n'étaient pas indissolubles', ou on s'y rendrait. Car en tout cela ils ne devaient que chercher la vérité et le moyen de rendre aux chefs de l'Église le respect que l'on doit à leurs décisions, quelque tort qu'ils eussent de les avoir faites. Que ce n'était pas d'aujourd'hui qu'il y en avait eu dans l'Église et dans les conciles mêmes, où il y avait eu beaucoup à redire, ayant été faites par des cabales et des intérêts particuliers. Que l'on doit dissimuler tout ce que Ton peut quaud le remède serait pire que le mal. Qu'en tout cela, il y avait des bornes à garder, mais