‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 183 sur 455 · LIVRE XXXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII

Dans cet article, il examinait quelques faits produits par M. de Barcos, savoir : Saint Grégoire le Grand dans sa lettre 34 aux quatre patriarches, Pelage II touchant le concile de Ghalcédoine sur le sujet des trois chapitres, la profession de foi que les papes faisaient à l'entrée de leur pontificat et qui se trouve dans Gratien. Dist. 16 C.-18, prise de la collection des canons du cardinal Deusdedit, qui vivait aux xi et xii« siècles, et la profession de foi dressée par Pie IV pour la réception du concile de Trente.

Dans le iv« article il prouvait qu*on ne pouvait montrer par aucun témoignage de l'antiquité que la souscription d'un fait n'emporte point la créance, mais seulement la révérence et le silence, et que le contraire paraît par le refus qu'on a fait de souscrire la condamnation de saint Athanase, par la parole de saint Chrysostome à ses amis, par la contestation des trois chapitres, et parce qu'autrement il serait permis de signer le formulaire.

Dans le v« article, il montrait qu'il y a grande différence entre n'être pas toujours obligé de croire un fait, et n'être pas oblij^é de le croire, ce qu'il établissait par plusieurs maximes, et répondait à diverses choses de l'écrit qui leur paraissaient contraires.

Dans le vi® , il faisait voir qu'on n'est point obligé de donner des actes positifs de respect et de soumission à des décrets de l'Église dans lesquels on croirait que la vérité ou la justice serait blessée.

Dans le vii« , il faisait voir qu'en suivant la conduite des papes, ceux qui sont persuadés de Tinnocence de Jansénius ne peuvent signer les constitutions qu'en se renfermant à ce qui regarde la foi. Voici la conclusion de son écrit :

« Je crois donc avoir montré très évidemment dans cette réponse qu'il n'y a rien de plus mal fondé que le fondement qu'on a pris pour autoriser la signature des constitutions, qui est que l'usage de l'Église ait toujours été que la réception des conciles œcuméniques, quelque générale qu'elle pût être, n'engageait jamais à en approuver autre chose que la seule définition de foi.

« Je crois aussi avoir détruit une autre maxime qui est comme le principe de celle-là, qui est que l'Eglise ait jamais prétendu qu'on dût consentir intérieurement au jugement quelle rend touchant les causes personnelles.

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« Et enfin je crois avoir justifié le soin qu'ont eu les papes de parler dans une exacte sincérité, en évitant toute ambiguïté et toute équivoque, lorsqu'ils se sont trouvés en des occasions semblables à celles où nous sommes maintenant, c'est-à-dire lorsqu'ils ont eu sujet d'appréhender que la réception trop générale qu'ils auraient faite d'un concile ne donnât lieu de croire qu'ils en auraient approuvé quelque point particulier qu'ils auraient cru ne pouvoir approuver.

« Puis donc que nous convenons que nous ne saurions mieux faire que de régler nos pensées et nos paroles sur la conduite que ces papes et d'autres grands saints ont tenue en des rencontres pareilles à. celle-ci, quel sujet aura-t-on de se plaindre d'une personne qui, étant pressée de signer les constitutions, le fera dans ces termes de saint Paulin*, évêquede Trêves :Se in damnationem quinque proposilionum consentirez de Jansenio noti prohare^ en laissant à Dieu ce qui en pourra arriver, à l'exemple de ce saint, qu'une semblable restriction fit envoyer en exil où Dieu acheva de le couronner. Ou, si on désire une plus grande condescendance, que peut-on faire de mieux que d'imiter les papes en disant simplement qu'on ne se dcpnr tira jamais des constitutions en ce qui regarde la /oiy comme ils ont fait tant de fois sur le sujet du concile de Chalcédoine, lorsqu'ils ont eu peur qu'on ne prît occasion d'une approbation plus générale de leur imputer qu'ils approuvaient la manière dont la lettre d'Ibas y avait été reçue, ce qu'ils avaient beaucoup moins de sujet de craindre que ceux qui signent la constitution d'Alexandre n'en doivent avoir de s'engager par là à consentir à la condamnation ^e Jansénius, qui en est le capital, au lieu que l'affaire d'Ibas n'était qu'un accessoire du concile de Chalcédoine?

« Cette voie simple et éloignée de tout artifice a cet avantage qu'elle" ne demande point de subtilité d'esprit pour mettre sa conscience en repos. Chacun voit clair à ce qu'il fait, et ce serait un scrupule bien mal fondé que d'appréhender que Dieu ne nous punît parce que nous n'aurions pas été assez ingénieux pour trouver des déclarations bien fines et bien adroites qui pussent contenter le monde sans blesser notre conscience.

1 . Saiat Paulin, évêque de Trètes vers 349, mort exilé en 358.

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