‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 187 sur 455 · V. Œuvres (V Arnauld, t. XXI, p · texte numérisé non relu

V. Œuvres (V Arnauld, t. XXI, p

en quoi ils ont raison, supposé le principe qu'ils établissent; car il est vrai que c'est être opiniâtre que de résister à la vérité. Toutes ces pensées me viennent sur le sujet de M. de Saint Cyran et de ceux qui le suivent. Car jamais gens ne posèrent plus pour principe qu'ils ont raison, et n*en tirèrent plus nettement des conséquences naturelles qui en naissent, qui est que les autres ont tort. Je ne les blûme pas en cela, car je ne saurais quereller personne, ni sur les simples opinions, ni sur les suites naturelles des opinions : Un tel n'est pas de mon sentiment; il en conclut que je suis un sot:. la conséquence me semble juste, et je ne m'en offense point. Je me défendrai de son principe comme je pourrai. Mais il y a de certaines choses que je ne digère pas si bien, et ce sont celles qui me semblent injustes indépendamment de la vérité ou de la fausseté des sentiments qu*il soutient. En voici un exemple : On prêche fortement la modération et la retenue sur ces matières aux laïques et aux femmes, et à tous ceux qui ne sont pas capables d'en juger à fond. On condamne quelques femmes qui se mêlent de désapprouver la conduite des signeurs et chercheurs d'accommodement, par ce principe général qu'elles sont bien téméraires de juger ainsi de ce qu'elles n'entendent pas. Tout cela me semble encore raisonnable. Mais voici ce que j'ai peine à souffrir : c'est qu'il semble qu'en même temps qu'on inspire aux personnes à qui on donne des avis un éloignement de s'instruire des choses et d'en parler, on leur inspire, ou on les souffre dans cette disposition, d'en juger sans s'en informer. Que l'on dise à la bonne heure qu'on ne condamne ni les uns ni les autres, parce qu'on estime ces choses au-dessus de soi, je ne me plaindrai jamais de ce procédé ; mais que l'on approuve positivement les uns, et que Ton condamne positivement les autres sans connaissance et sans s'informer du fond, c'est ce. qui me semble tout à fait injuste. Cette personne que vous ne m*avezpas pu nommer, et que je n'ai pas eu besoin que vous me nommassiez parce que je la devine assez, n'est pas tout à fait dans cette injustice; mais elle en approche néanmoins. Car quoi qu'elle soit très modérée dans les paroles, ceux qui la voient rapportent qu'elle n'est pas dans la même suspension dans son esprit, et qu'elle penche tout à fait du côté que vous marquez, ce que je suis

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