LIVRE XXXII
M. Arnauld dût faire de difficultés : qu'il parut lui-même n'y trouver rien de mauvais : qu'il avait fait entendre à M. de La Lane que M. Arnauld serait bien aise que cela se fit sans qu'il y eût part : ce qu'ils comprirent non comme marquant son improbation, mais plutôt qu'il pouvait y avoir quelque raison de prudence qui l'obligeât à cela. Qu'il s'en était allé fort mal à propos, mais qu'il devait attendre la fin de la délibération pour lui porter le papier; . que ne l'ayant pas fait, il devait au moins dire à M. Arnauld le contenu qu'il avait déjà vu, et rapporter sa réponse le lendemain avant qu'il y eût rien d'engagé. Que le lendemain M. de Comminges les manda avec grand empressement, M. de. La Lane et lui; qu'il était néanmoins huit heures et demie avant qu'il partît, et que pas un de ces docteurs n'était venu; mais qu'il apprit depuis que M. Barré y vint incontinent après. Qu'ils portèrent à M. de Comminges, non l'acte, mais un projet qui n'était point signé, ce qui est remarquable. Que M. Arnauld savait comme il fui reçu beaucoup mieux qu'ils ne pensaient; et pour preuve qu'il était beaucoup pire qu'ils ne croyaient. Qu'ensuite ils apprirent les difficultés de M. Barré qu'ils virent, et M.Manessier qui avait aussi de la peine; mais qu'ils examinèrent fort que ce n'était que des appréhensions sur l'événement, et non qu'ils eussent aucune peine pour la conscience de ce qui était dans l'acte. Que l'on sut aussi que M. Arnauld ne l'approuvait pas; mais qu'on supposa de même que c'était par prudence à cause des suites, et qu'il n'y avait paF d'apparence que ce fût qu'il trouvât du mal dans l'acte où personne n'en voyait. Que cependant M. de Comminges pressait qu'on lui rendît la dernière réponse, et qu'on lui apportât les pièces signées ce jour-là, qui était le vendredi. Que cela les obligea de penser à trouver remède à ce qui pouvait faire peine dans cet acte, et qu'ils s'avisèrent de cette déclaration, qui est bonne en e'ile-mème, et où ils le prient même d'informer M. de Paris et le P. Annat qu'ils ne prétendent point condamner le sens de Jansénius si le pape l'ordonne, et lui expliquent que M. Arnauld n'a rien su de cette proposition, etc. Cette religieuse ajoute qu'elle lui fît la difficulté que cet acte étant séparé, on ne produirait que l'autre. Et que M. Girard avait répondu que si cela était, ce serait une
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infidélité à M. de Cornminges, et non pas à eux, parce qu'ils l'avaient prié de s*en servir à expliquer l'autre. QuMls avaient donc signé ce matin-là les articles, l'acte, et cette lettre qui l'expliquait, qu'ils avaient portée à M. de Cornminges. Que c'était là où l'affaire en était, dont ils se promettaient une paix fort avantageuse, si le pape était content et qu'il ne demandât rien, ou un accablement beaucoup plus grand s'il fallait avoir affaire au pape en personne, et qu'il demandât quelque chose qu'on ne pût faire; . mais il disait sur cela qu'il était de la prudence de s'exposera un plus grand mal incertain poursedélivrerd'un moindre, mais présent et certain : règle que cette religieuse reconnaissait n'avoir pas encore sue. Qu'au reste ils avaient cru, M. de La Lane et lui, faire une action de générosité plutôt que de faiblesse, de se charger de cet événement dont tout le monde les allait rendre responsables, et qu'ils étaient exposés à payer de leurs personnes, et à soutenir tout le poids de la persécution des ennemis, et les reproches des amis si la chose réussissait mal. Que si pourtant elle n'eût point été engagée, de la manière qu'il voyait alors les choses, il croyait qu'on ne l'engagerait pas, et que dans la vérité il souhaitait ce qu'il espérait, qui était que le P. Annat romprait quand il verrait cet acte : que ce serait la meilleure manière d'en bien sortir, parce que M. de Comminges resterait content d'eux, et que cet acte rejeté ferait un bon effet en ce qu'il persuaderait tout le monde qu'on avait fait ce qu'on pouvait faire.
Qu'elle avait répliqué à cela que si l'acte était tel qu'on eût sujet d'être bien aise qu'il ne passât pas, il lui semblait qu'on devait plutôt le supprimer tout à fait que s'en- vanter, parce que c'était un engagement de témoigner qu'on l'avait bien voulu donner, qui pourrait servir de tentation dans un an ou dans dix ans, si l'on parlait de nouveau d'accommodement. Que M. Girard n'avait pas désavoué que cela ne fût vrai, mais qu'il avait dit que si on ne s'accommodait cette fois-ci, les accommodements étaient bien loin, et qu'on pousserait terriblement les choses. Qu'il lui avait encore dit qu'en sortant de chez lui ce jour-là même, il avait rencontré M. de Cornminges, qui l'avait fait monter dans son carrosse, et lui avait dit que l'affaire allait bien : qu'il avait entretenu M. de Paris, le P. Annat et le P. Ferrier ;