‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 192 sur 455 · LIVRE XXXIl · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIl

qu'il leur avait dit la proposition qu'il faisait à eux tous députés pour la conférence de dresser un acte de leur soumission, etc., lui parlant comme d'une chose à faire, et non faite, mais qu'il y voyait de fort bonnes dispositions. Que cela les avait tous fort réjouis, parce que M. de Paris en particulier en voulait sortir bien ou mal, et que les Jésuites avaient aussi fait paraître le souhaiter si fort qu'ils avaient recommandé à M. de Gomminges de donner ordre au secret, et que M. de Rennes n'en eût nulle connaissance; à quoi le P. Annat avait ajouté que puisque les choses se disposaient si bien, il retiendrait la déclaration que M. le chancelier lui avait donnée à revoir avant de la sceller, parce que M. de Rennes et les dévots de Saint-Sulpice le pressaient beaucoup de le faire, mais qu'il suspendrait tout dans cette espérance de paix.

Que M. Girard lui avait encore rapporté qu'il avait dit à xM. de Gomminges qu'il trouvait tous les amis si consternés de cet engagement, craignant les suites qui pouvaient être très fâcheuses, que c'était ce qui les avait obligés à s'expliquer dans leur second acte, afin qu'on ne leur pût point opposer qu'ils se fussent obligés à plus qu'ils ne prétendaient l'avoir fait, et qu'ils ne le voulaient faire; et que cet évêque avait répondu qu'il avait bien jugé que c'était là la cause de cette explication.

Mais elle avait remarqué que M. de Gomminges ne lui avait pas dit un mot de la lettre de M. Arnauld, ni M. Girard à elle; que sur cela, voyant qu'il lui parlait avec tant de confiance, elle avait cru lui devoir faire cette petite confidence, se doutant qu'il le savait; qu'elle lui dit que M. Arnauld n'avait donc rien su de ce second acte. A quoi il avait répondu que non, parce que n'ayant point eu de part au premier, il n'était pas nécessaire de lui communiquer le second, qu'indubitablement il approuvait bien. Sur quoi elle lui déclara que cela avait pourtant obligé M. Arnauld à une chose qu'il neût pas faite sans cela, et lui dit ce que c'était; qu'il répliqua l'avoir appris par M. de Villiers, qui le tenait de madame la Marquise^ qui lui avait fait voir sa belle lettre. Qu'elle, sœur Angélique,

^. La marquise de Sablé, doot il a été question quelques pages plus haut.

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avait reparti que M. Arnauld Tavait fait sur rappréhension qu*OQ ne dût écrire à Kome dès ce jour-là. Que M. Girard n'avait rien dit à cela, ni oui, ni non, quoique dans la suite il ajoutât qu'ils auraient communication de la lettre de M. de Gomminges, et qu'au pis aller on romprait peutêtre encore sur cela, si les Jésuites ne le faisaient sur l'acte, ce qui serait bien le meilleur. Qu'ensuite il lui avait lu un petit mémoire qu'il avait dressé pour expliquer et justifier ce que l'on pouvait trouver de trop engageant dans l'acte; qu'elle en marquerait à M. Arnauld ce qui lui en souvenait; mais que cela était fâcheux qu'elle ne sût pas les termes de l'acte pour la faire souvenir des réponses.

Que sur ces questions fâcheuses et importunes dont elle s'était choquée quand il lavait lu, il avait répondu que les disputes sont importunes en soi, mais que l'on ne marquait pas qui en avait le tort, et qu'on souhaitait qu'elles fussent assoupies, quoique l'on ne s'engageât pas à s'en taire. Servare constitutiones intactas et illibatas, que cela disait moins que servare constitutiones, parce que si on voulait rendre le sens de intactas et iUibatas, cela voudrait dire sans leur donner aucune atteinte et sans les effleurer, que c'était là le propre terme, et qu'ainsi cela ne signifiait que ne les pas combattre. Qu'on n'en avait pas voulu empêcher l'exécution; que ce n'était pas comme cela tout à fait, mais que M. Girard prétendait que cela était très favorable, pour faire voir que tout ce qu'on avait dit et écrit ne blessait point l'autorité du saint-siège et ses constitutions : Ac si quid prœterea, etc. Qu'il disait que c'était là la difficulté, mais qu'elle était levée par le second acte ; que même les termes du premier restreignaient la promesse, parce que c'était pour rendre un plus ample témoignage de leur foi^ ce qui ne les engageait point au fait, et les mettait en droit de dire, si on leur demandait autre chose, qu'ils ne s'y étaient point obligés. Qu'ensuite il avait examiné ce que le pape pouvait leur demander : la condamnation du sens de Jansénius, qu'on demanderait l'explication de ce sens; la signature des constitutions; qu'il n'y aurait pas de difficulté après cet acte qui la modifiait et ne la rapportait qu'à la foi; et qu'au plus si quelqu'un en faisait scrupule, il n'aurait qu'à répéter au bas de la constitution les termes de l'acte, ad testificandum guam sincère eic»

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