LIVRE XXXIIÏ
« Je le pressai encore sur ce qu'ils ont mis que si le pape n'était content, iU feraient tout ce quHt désirerait, ce qui faisait dire à ceux qui avaient plus de connaissance de l'acte que les jansénistes étaient enfin revenus, et qu'ils avaient abandonné Jansénius, au grand scandale de plusieurs, il me répondit : «Ho I monsieur, le scandale serait bien aisé à « lever, car on leur fera bien voir par la suite que cela n'est « pas, et ces messieurs s'en étant encore expliqués dans leur « second acte, la faute est à ceux qui font courir ces faux bruits. »
u Je vous supplie au nom de Dieu, que je regarde en vous écrivant, de m*écrire quelque [choses pour fortifler tous ces chefs. Je vous puis dire que je ne m'en servirai qu'avec toute la discrétion possible. »
Ce que M. Lancelot mandait de M. d'Alet dans cette lettre était une persécution suscitée à ce saint prélat par des personnes qui, ne pouvant souffrir le bien dans les autres, envenimaient par leurs médisances les plus innocentes actions. Le soin qu'il prenait de l'instruction de son diocèse l'avait porté à faire un établissement de quelques régentes qui, pour préparer les voies à ses visites pastorales, marchaient quelques jours devant lui, et enseignaient le catéchisme aux femmes et aux filles des paroisses. Cela donna occasion à la calomnie de publier qu'il commettait des filles de mauvaise vie pour instruire les petites filles, et la chose alla si loin que l'on en donna des instructions au roi, et que Ton tendit à le faire mander à la suite de la cour pour rendre raison de sa conduite. Mais la lumière et la justice du roi dissipèrent cet orage que l'on avait formé contre lui dans le conseil, et S. M. lui renvoya à lui-même les informations qu'on en avait faites.