‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 246 sur 455 · LIVRE XXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII

curés de Paris; qu'il l'avait bien souhaité pendant toute la négociation de paix ; qu'il savait bien qu'il trouvait son intérêt dans cet avis, mais que c'était un intérêt légitime de demander le bien de nos amis et le nôtre, leur emploi et notre consolation. Qu'il n'en avait guère de M. Du Hamel, leur ami commun, depuis qu'il lui avait écrit cette lettre qu'il avait trouvée trop forte ; qu'il lui en avait écrit plusieurs pour lui en demander excuse, mais qu'il ne lui avait pas fait de réponse, et que si ce curé ne tenait son cœur contre lui, il faisait comme ceux qui le tiennent, ce qui n'édiflait pas ceux de la paroisse qui le savaient, et n'était pas conforme au précepte de l'Apôtre : ah omni specie mala ahstinele vos. Que pour ce qui était de la lettre qu'on disait avoir été manifestée par M. Du Harael au P. Annat, il avait suivi la pensée de M. Taignier avant de la savoir, l'ayant laissée au jugement de Dieu, et n'avait pas besoin de l'éplucher davantage ; mais qu'à entendre parler quelquesuns de ceux qui l'avaient vu depuis, comme M. Cordon, il n'en demeurait pas à ce qu'il avait fait, mais semblait même avoir changé de sentiments touchant la doctrine, ce qu'il ne voudrait pas pourtant assurer; mais que cela n'était pas impossible, et qu'il croyait que son dessein était de ne plus se servir de personnes qui ne fussent agréables aux Jésuites, ce qui lui paraissait une suite de son traité de paix ; qu'au moins il avait nommé pour successeurs les sieurs Blampignon, ennemi public, Gilot Rollin, neveu de M. Amyot. Qu'à la vérité il avait ajouté M. Barbereau, mais que c'était parce qu'au moins il avait signé. Mais, ce qui était inadmissible, c'était qu'aucuns de ses plus intimes croyaient fortement qu'il reprendrait sa place, et qu'il les entretenait dans cette pensée, et qu'il avait même fait lever le siège à l'ennemi, ou au moins accordé qu'il le tentât sitôt que l'ami commun paraîtrait; et que d'autres assuraient, et entre autres M. Singlin, qu'il ne voulait point revenir. Qu'il y avait une opinion moyenne, qui était qu'il reviendrait, mais qu'il voulait qu'on l'en priât, comme on fit autrefois pendant sa maladie. Que pour lui qui écrivait cette lettre, il n'en savait rien, non plus qu'il ne savait quel emploi ou non emploi il devait prendre; que cette délibération après plus de vingt ans était un coup qui l'étourdissait. Que depuis deux jours, il avait rencontré

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dans les rues M. de Sens qui Tavait Fait monter dans son carrosse, et lui ayant demaudé des nouvelles de M. Taignier, il était dans son sentiment qu'il devait revenir au plus tôt, qu'il le souhaitait et tous leurs amis.

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