‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 247 sur 455 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

M. de La Laoe tâche de se di«calper euvers M. de Beauvais par an voyage, et auprès de M. Aroauld par une lettre. Il fait une nouvelle proposition a ce docteur pour son rétablissemeut en Sorbouue agréée par Port-R«»yal.

M. de La Lane, voyant que M. Tévéque de Beauvais avait un si juste sujet de se plaindre de ce qu*on l'avait si peu considéré dans une affaire où il devait prendre encore plus de part qu^aucnn autre de ses confrères à cause de l'état où son église se trouvait réduite, exécuta vers la fin de ce mois la résolution qu'il avait prise depuis quelques jours de lui en porter ses excuses; et pour cet effet il se rendit à Bresles, qui est un château des évéques de Beauvais à trois lieues de la ville, le 19 juillet.

M. Hermant s'y étant rendu le 21 sur le soir, cet abbé lui expliqua le mystère de ce traité pour lequel on avait eu tant de réserve à l'égard de ceux qui avaient droit d'en être instruits. M. Hermant, ayant compris que le tout dépendait de la bonne volonté des Jésuites, qu'il ne croyait pas fort sincères, ne put s'empêcher de lui témoigner qu'il ne pouvait sans tremblement songer qu'après avoir fait un pas si glissant, ces Pères eussent encore été rendus maîtres du paquet envoyé à Rome.

M. de La Lane prétendit ne s'être engagé à rien de particulier, et n'être pas en disposition de rien faire plus que M. Arnauld^ qu'il considérait comme le premier homme de sa robe et de notre siècle, duquel il ne se détachait jamais, tant il était prévenu d'estime pour sa capacité et pour son mérite, et pour la pureté de sa foi. On lui répondit que l'on savait quels étaient les sentiments de M. Arnauld sur ce traité, savoir qu'il y avait peu d'apparence d'espérer aucun bien de cette affaire, et qu'on était aussi persuadé de la même chose. M. de La Lane répliqua qu'il y avait beaucoup à craindre, mais qu'il y avait encore plus à espérer.

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