‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 265 sur 455 · Sic, Lire : qui nom le dit · texte numérisé non relu

Sic, Lire : qui nom le dit

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à ceux de leurs anciens amis qui disposaient sans les consulter de leur foi, de leur conscience et de leur honneur.

Le 20 du même mois, M. de La Lane poussa encore plus loin son éclaircissement par ce billet qu'il adressa à M. Nicole :

« En écrivant à M. Arnauld, j'ai répondu à une partie de ce qui est dans votre lettre, où vous me faites un reproche fort mal fondé et un peu injurieux. Car, lorsque j'allai chez vous, je n'avais aucunement ouï parler de cet acte, que je ne vis qu'en m'en retournant et en passant chez M. Girard ; et je n'y fis lors aucune réflexion, parce que je crus qu'on ne s'en contenterait pas. M. Feydeau l'avait aussi vu, mais nul autre et personne ne l'avait concerté. Rien donc ne s'est fait plus innocemment que ce que vous attribuez à finesse et à un dessein prémédité ; et si vous eussiez dit la moindre chose qu'il fallût le montrer à M, Arnauld, je vous assure que je n'eusse rien fait sans savoir son sentiment. Vous savez combien je vous pressai de demeurer, et si je vous eusse vu partir, je vous en eusse empêché. Si vous jugiez qu'il l'improuvait, et que vous l'improuviez vousmême, vous me le deviez dire. Car il n'y a rien de moins certain que ce que vous dites, qu'on était résolu de passer outre. Je n'y étais nullement résolu, et cependant on ne pouvait rien faire sans moi. Et je vous assure que l'acte ne se serait point fait du tout, ou qu'on l'aurait fait autrement, si l'on avait su que M. Arnauld l'eût improuvé; et même il y a assez d'apparence qu'il ne se fût point fait du tout. On ne manquera pas, je vous assure, de faire connaître le sentiment de M. Arnauld autant qu'il sera nécessaire, lorsque le temps en sera venu; et lui-même en sera le maître selon qu'il verra que la cause et son intérêt l'exigeront. Tant que l'acte demeurera caché, je ne vois aucune nécessité de dire que M. Arnauld l'improuve, mais il ne faudra pas dire qu'il l'approuve. Je crois aussi que pour le bien de la cause il n'est pas à propos que M. Arnauld dise que par cet acte nous serions engagés à rien de mal. Et lui et vous savez que ce n'est nullement notre intention ; que nous sommes très résolus, avec la grâce de Dieu, de ne donner jamais aucune marque d'acquiescement à la condamnation de Jansénius, quoi qu'il puisse arriver de Rome. Je crois que M. Arnauld et vous ne voudriez pas

nous faire passer pour trompeurs et pour infidèles. Il y a d'autres moyens très légitimes de défendre la conduite de M. Arnauld, s'il faut qu'elle soit connue. Et puisque nous conspirons tous à même fin, quoique par des voies différentes, il faut s'unir pour y parvenir, et ne faire jamais aucune division pour le fond des choses et pour la défense de la vérité, comme vous êtes convenu vous-même en raisonnant ainsi : ou l'effet sera tel qu'on l'espère, et ainsi la paix s'en ensuivra, et tous en jouiront; ou cela ne sera pas, et on persistera à vouloir qu'on condamne in s^nsu Jansenii^ et tous s'uniront pour résister et pour se défendre ; c'est la résolution de tous ceux qui ont approuvé cet acte. »

Si M. de La Lane n'eût jamais mieux réussi dans la défense de la doctrine de saint Augustin sur la matière de la grâce que dans cette circonstance de la justification de sa conduite particulière sur la signature de cet acte, il aurait épargné beaucoup de honte et de chagrin aux Jésuites, qu'il venait enfin de réjouir par cette souscription. Car les raisons qu'il s'allègue pour l'établir paraissent extraordinairemenl faibles. 11 dit que la veille de la signature de cet acte, l'ayant vu par hasard chez M. Girard, il n'y Ht point presque de réflexion, parce qu'il ne croyait pas que personne le dût signer quand il serait présenté pour être mis en délibération. Et cependant il prétend que la raison qui le porta le lendemain à n'en faire nulle part à M. Arnauld était qu'il le vit signé sans contradiction par tout Iç monde, et par conséquent par lui-même avec les autres, quoique, d'abord qu'il l'avait vu, il ne crût point qu'il pût être signé par aucun d'eux. Pourquoi donc n'avait-il pas compris d'afaord que M. Arnauld n'aurait pas moins d'éloignement que les autres à le souscrire, comme c'était alors sa pensée, et s'il avait changé lui-même de sentiment par quelque autre considération que par celle de la multitude des suffrages, qu'il savait bien n'être nullelement celle de la conduite de ce docteur, son ami, d'où vient qu'il se mettait si peu en peine de justifier auprès de lui un changement si subit? Une si extraordinaire précipitation est-elle excusable en une chose de si grande importance, et des docteurs qui avaient résisté pendant tant d'années à tant d'évêques et à la plus grande partie du clergé de France, ne pouvaient ils pas résister avec respect

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