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même sa vie pour l'innocence, pour la vérité, pour la justice, pour une doctrine qui contient les principes et les fondements de notre religion.
« Si ce sont ici des transports et des saillies que je devrais retenir, vous aurez, Monsieur, la bonté de me les pardonner en l'honneur de la fête de notre grand saint. Je vous demande très humblement cette grâce, et que vous soyez assuré que je suis tout à vous m veritate et caritate. »
M. d'Andilly avait reçu pendant sa vie une infinité de compliments plus agréables que ce billet; aussi pria-t-il M. Le Roi de ne lui plus parler de cette affaire, et cet abbé le lui promit par ce billet du 7 de septembre :
« Votre bonté, Monsieur,, m'a donné la liberté de vous mander toutes mes pensées sur le sujet de l'accommodement, et je vous demande très humblement pardon de n'avoir pas usé peut-être avec assez de retenue et de respect de cette liberté. J*ose m'assurerdu pardon, et je suis entièrement de votre avis que nous ne parlions plus sur ce sujet. Aussi bien je vous ai écrit comme en m'épuisant et comme pour la dernière fois tout ce que je vous pouvais écrire là-dessus sur mon premier billet le jour de Saint- Augustin ».
M. Tévéque de Beauvais n'avait pu se dispenser de faire un petit voyage à Paris pour assister à un acte de philosophie qui devait se soutenir dans le collège d'Harcourt par le fils de M. Barin, seigneur de la Galissonnière, maître des requêtes, son ancien ami ; mais son séjour dans Paris ne fut que de quatre heures, et la fièvre lui ayant pris sur le chemin à son retour, elle se régla en tierce et devint même double tierce dans la suite^ ce qui exerça sa patience et celle de ses amis dans les derniers jours de ce mois, et une bonne partie de celui de septembre, [et, ce qui les priva du secours de ses conseils en un temps où ils en avaient un besoin extrême.
M. Hermant, ayant reçu un billet de M. Arnauld par lequel il lui mandait ce qui s'était passé à Paris depuis l'arrivée du courrier, lui fit cette réponse le 29 août :
« J'avais su la nouvelle du bref un jour avant que votre lettre me fût rendue. Nous n'en avons pas été fort surpris. Il y avait eu assez bon nombre de Gassandres qui avaient prédit la perfidie des Grecs, mais les Troyens ont voulu
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être trompés. Nous voilà assez bien justifiés de nos défiances, et quelques-uns de nos amis punis, et nous avec eux, de leur trop grande crédulité. 11 faut se préparer plus que jamais à la persécution. L'Ëglise de Dieu ne vit jamais une semblable conduite. Il soutiendra s'il lui plait ses serviteurs. M. de Valcroissant m*a écrit du 24. Il est adinirable :
Ssepè etiam vie lis redit in prsecordia virtus.
<( 11 me mande qa'il y a un bref qui d'abord leur avait paru fort mauvais par la relation qui leur en avait été faite, mais que depuis, ils ne l'ont pas trouvé si mauvais parce que la signature n*y est pas ordonnée, que les évéques sont maîtres de l'exécution, et qu'il maintient qu'il ne porte pas d'obligation de condamner les propositions in sensu Janse^ nii. Je n'ose vous dire que c'est se flatter. Car le roi peut faire par les évoques ce que le pape n'a pas fait, ainsi qu'il s'est pratiqué pour les bulles ».
Le 29 du même mois, M. Hermant, à qui M. Tâignier avait mandé cette nouvelle du bref, lui répondit en ces termes :
« Je reçus samedi votre lettre du 24, qui est une gazette sans nouvelles, parce que celle qui y est marquée avait été prévue dès le jour de cette négociation. Ceux qui nous onl\ fait porter la peine de leur incrédulité auront tout le loisir de se repentir d'avoir été trop crédules. H faut nous unir avec eux par la soufl'rance volontaire des maux qu'ils nous ont faits sans y penser. M. de La Lane m'a mandé que ce bref ne lui paraît pas si mauvais, mais par des raisons qui me paraissent fort faibles. J'envoyai hier la copie de sa lettre à M. Arnauld. »
Le 31, M. Hermant, à qui on avait proposé un voyage de Paris, en écrivit ainsi à M. Arnauld :
« Le voyage de Paris dont je vous avais parlé est fort éloigné de mon inclination. Et en effet cela est bien merveilleux. Ces Messieurs nous onl jugés indignes de leurs mystères ; ils ont parlé de nous sans aveu; ils ne nous sont venus voir que pour donner lieu à quelques-uns de leurs complices de publier sans aucun sujet que nous avons changé de sentiment. Et dans le dessein qu'ils ont de se ménager encore après une si horrible fourberie qu'est celle qu'ils souffrent, ils mandent qu'il sera nécessaire qu'on les vienne voir pour autoriser ce qu'ils ont fait et ce qu'ils