On lit au m?. Homane
436 MÉMOIRES DE GODEFROI HlilRMANT
ont VU plusieurs de ces sorles de jugements; que le roi et tous les ï^arlemenls de son royaume leur ont donné de Taotorité par la confirmation qu'ils en ont faite, et que Ton pouvait voir par ce qu'en rapporte Fontanon*, auteur célèbre du droit français, que cet usage n'est pas nouveau ; que nous ne pouvions pas ignorer ce qui était arrivé de nos jours et ce qui frappait encore nos yeux ; que cela étant, et l'inquisition romaine étant munie et environnée de tant d'autorités si puissantes, il ne pouvait concevoir comment M. Valérien de Flavigny pouvait accuser d'hérésie la condamnation si juste qui avait été -prononcée contre Galilée, rendre si odieux un tribunal si éminent, cette célèbre assemblée composée de tant de savants hommes qui s'appliquent avec une vigilance infatigable à conserver par toute la terre l'unité et la vérité catholique, cette juridiction instituée premièrement par les constitutions de deux très saints papes, Paul III et Sixte V, ornée ensuite par les décrets des souverains pontifes leurs successeurs, si nécessaire à l'Église, employée souvent par nos rois très chrétiens, mise en pratique par de grands hommes, et approuvée en plusieurs rencontres par tout le corps des docteurs de Paris. »
M. de Flavigny ne put souffrir que M. d'Auch, qui l'entreprenait particulièrement, passât plus outre, sans lui répartir. Il dit généreusement que cet archevêque reconnaissait mal l'obligation qu'il avait à nos rois très chrétiens pour tant d'honneurs dont lui et sa famille avaient été comblés, et pour tant de si riches bénéfices qu'il avait reçus de leur libéralité; qu'il ne pouvait lui-même comprendre avec quel front ce prélat entreprenait la défense de l'Inquisition de Kome, qui était si odieuse à tous les gens de bien, si pernicieuse à tous les royaumes et à tous les États, et que nos rois très chrétiens trouveraient toujours insupportable. Qu'il ne s'agissait plus maintenant d'examiner, comme M. d'Auch l'avait voulu faire accroire sans fondement, si Galilée avait été condamné justement, si la terre était dans un continuel mouvement ou dans un
1. Âutoine FouIedod, avocat au Parlemeat de Paris vers la lia du xvi» siècle. II fit paraître en 1589 la collection des auciennes ordonnances des rois de France.