‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 285 sur 455 · LIVRE XXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII

les armes, comme celle même crainte a aussi été la cause, la source, rorigine et le principe de tant de guerres si funestes qui ont troublé le repos de notre France. Mais qu'on réservait à examiner, quand Toccasion s*en présenterail, si le tribunal de l'Inquisition était avantageux ou préjudiciable, et quel sentiment on en devait avoir; qu'il s'agissait dans la présente rencontre de commencer par ce qui était en cela de plus important et de plus nécessaire pour l'éclaircissement de cette contestation : savoir si tout ce qui a été prononcé par ce tribunal ou par le pape même devait être considéré comme étant le jugement de toute rÉglise, et auquel personne ne pût résister, comme étant certain qu'il était émané de personnes infaillibles ; que c'était Terreur grossière que les docteurs de la Faculté avaient voulu condamner dans la thèse du collège de Clermont; que ce qui les en avait empêchés jusqu'alors [était*] un certain arrêt que l'on voulait attribuer au Parlement; qu'il y avait deux mois que la compagnie avait nommé des députés de son corps pour aller trouver M. le Premier président et Messieurs les Gens du roi, le Parlement et le roi même s'il en était besoin ; que celte conclusion avait encore été confirmée le mois suivant, qu'elle venait tout fraîchement d'être rectifiée tout de nouveau il n'y avait que deux heures, afin que les docteurs pussent conserver la liberté que leurs ancêtres leur avaient laissée, de juger de la doctrine sainte et nécessaire au salut. « Messieurs, continua M. Faure, qui peut maintenant vous faire changer de sentiment en si peu, quelle nouvelle raison, quel motif, quelle autorité peut avoir la force de vous contraindre de vous départir d'une résolution si juste et si salutaire, et vous ranger du parti de ceux qui ont soutenu la contraire opinion? Est-ce que je vois devant mes yeux un nouveau lieu d'assemblée, une nouvelle Faculté, de nouveaux théologiens ? Nos ancêtres, qui étaient des hommes très sages, se sont appliqués pendant vingt ans entiers avec d'extrêmes travaux, une vigueur d'esprit et des efforts incroyables à rétablir la paix de l'Église, qui était alors misérablement divisée ; combien ont-ils tenu d'assemblées pour cela? Combien ont-ils prononcé de discours? Combien

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