‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 290 sur 455 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

M. de La Lane doune avis à M. Aroauld da mécontentement que M. de CommiDges témoignait de sa conduite a cause de l'impression d'une de ses lettres.

Dans le temps même que la Faculté était embarrassée dans cette espèce de guerre civile qui la divisait d'ellemême, il en naissait encore une nouvelle parmi les disciples de saint Augustin, dont le poids devait retomber sur M. Arnauld et sur quelques-uns de ses plus intimes amis.

La lettre qui avait été écrite à l'un d'eux, le premier jour d'août de la même année, et qui n'avait pour but que lie témoigner qu'il n'avait eu aucune part à la conclusion du traité de [paix, fut rendue publique *] par l'impression

!. Plusieurs mots omis au ms.

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vers la fia du même mois, lorsque le bref envoyé de Rome commença à se répandre dans le monde. Quoique cela se fût fait sans sa participation, M. de Comminges, qui se croyait offensé dans son honneur, et qui peut-être voyait que ce procédé rompait toutes ses mesures, en fut tellement irrité que ceux qui Tavaient jusqu*alors approché de plus près dans ces conférences, et qui eux-mêmes trouvaient beaucoup à redire à l'impression de cette lettre, eurent toutes les peines imaginables à adoucir son esprit et à suspendre les effets de sa colère.

M. Singlin en ayant écrit à M. Ârnauld, il lui fit cette réponse le [!•'] jour de septembre :

« Je suis aussi touché que vous de voir les choses en Tétat où elles sont, et ce qui augmente ma douleur * »

A peine M. Arnauld eut achevé cette réponse à [la]* lettre de M. Singlin qu'il en reçut une toute semblable de M. Tabbé de La Lane datée du même jour, 1*' de septembre^ et contenant les mêmes plaintes par forme d*avis contre cette petite lettre imprimée.

Voici la nouvelle mortification qu'il lui préparait :

« Il ne me fallait faire aucun compliment sur ce que M. T.* a copié votre lettre. Elle était trop longue pour vous donner cette peine, et je me tiendrais désobligé que vous continuassiez ces cérémonies avec moi. Je n'y puis pas répondre ce jour ayant, monsieur, à vous entretenir d'autre chose dont sans doute on vous aura déjà écrit. C'est d'une lettre de vous qui court dans la ville depuis huit jours, et qui fait un si grand bruit depuis quatre qu'elle est toute publique, qu'on ne sait quel remède y apporter. Je la vis entre les mains de M. l'abbé dePonlcarré il y a huit jours, et prévoyant le mal qu'elle pourrait faire, je le priai fort de ne la point montrer, et il me la remit aussitôt entre les mains. Mais deux jours après, j'appris qu'elle était en plusieurs autres mains, et qu'ainsi on ne la pouvait supprimer. Je jugeai assez par qui elle était venue entre les mains de .M. l'abbé de Pontcarré. Cette lettre, qui vous fait un tort extrême en particulier, n'est capable que

i. V. Œuvres d Arnauld, t. 1, p. 4U4.

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