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cœur dans tout ce qui me blesse et me donne de la peine pour vous et pour les autres) est de prétendre qu'il ne faut qu'être dans vos sentiments pour faire regarder les plus gens de bien et les plus vertueux s'écarter de leur voie. Je ne sais avec quelle conscience l'on vous a pu dire ou écrire une telle fausseté. Je vous puis assurer avec toute sincérité que je n'ai pas la moindre mauvaise opinion de la vertu des personnes qui sont liées avec nous, de ce qu'ils sont dans vos propres sentiments; mais de la manière que la plupart parlent, ils jugent de nous et de tous ceux qui ne sont [pas] dans vos sentiments,* prétendant avoir abandonné la vérité pour se retirer d'affaire; comme si tout ce que l'on peut faire et condescendre pour procurer la paix à l'Église était des crimes, et que l'on agît de la sorte pour se retirer d'affaire comme l'on dit que l'on a fait par notre acte. Pour moi, je suis persuadé qu'il n'est pas moins aisé d'excéder pour être trop attaché à son propre sens, et pour ne donner pas lieu à cette opinion que nous sommes relâchés, et que nous manquons de courage et de générosité, que de trop baisser par le désir de se retirer d'affaire, et que l'on s'apercevra bien moins du premier que du dernier, parce qu'il est plus honnête. Je vous avoue que je suis bien plus tenté de celui-là, et que si je suivais mon inclination, je tendrais toujours à ce qui paraît plus sûr, plus généreux, et où il paraît moins d'intérêt, ne me sentant nullement tenté de rien faire pour être plus en liberté, et que la seule conscienciB me fait pencher du côté où je crois que Dieu y est davantage. Je me puis tromper, mais rien ne me tente, ce me semble, du côté du relâchement; je n'ai pas eu la moinde créance que cet acte où j'ai pris part donnerait la paix, et que les Jésuites s'en contenteraient, mais que nous aurions cette satisfaction, quand on nous viendrait attaquerou nous menacer dexcommunication, que Ton n'avait rien omis pour satisfaire le pape et l'Église, et qu'il n'y aurait pas le moindre prétexte légitime pour nous traiter d'hérétiques ou de rebelles au Saint-Siège, après avoir envoyé les actes de notre créance, et une soumission plus que suffisante pour satisfaire à celle que nous devons au chef de l'Église en pareille rencontre. Les gens de bien de l'Église en sont édifiés, avouant que nous avons mis les Jésuites et Rome dans leur tort. Et voilà devant Dieu le
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plus grand fruit que j*en ai espéré, qui nous donne plus de droit que jamais de n'écouter aucune nouvelle proposition d'accommodement et de négociation. Et quand, avec ce que nous avons fait, on nous interdira ou nous excommuniera, j'en demeurerai en grand repos. Que si l'on prétend qu'en vertu de notre soumission nous donnons pouvoir d'exiger la condamnation des propositions dans le sens de Jansénius^ nous avons droit de dire que nous sommes prêts de les condamner dans ce sens quand il aura plu au pape de déclarer quel est ce sens, pour ne hasarderpas de condamner la doctrine de l'Église pour une erreur, et pour n'imputer pas une fausseté à un auteur innocent. Je vous prie donc de me croire plus que personne pour ce qui regarde mes sentiments et le jugement que je fais des personnes.
tt J'ai trouvé fort à redire à la conduite de M. de Sainte- Marthe, qui s'imagine que Ton ne saurait trop s'opposer à ce que nous avons fait, et qui est cause en partie du grand vacarme qui est arrivé entre vous, et pour parler et écouter trop de tout ce qui se dit de part et d'autre entre des personnes qui ne se devraient pas mêler de nos affaires. Cela ne sert qu'à échauffer et aigrir les esprits. Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il excède quand il parle des excès de Rome, des Jésuites et de tous ceux qu'il ne croit pas aller droit. 11 y a longtemps que je l'en ai averti, lorsqu'il y avait peu de temps qu'il était avec nous, et en cette rencontre il n'a gardé aucune mesure. Il est vrai que j'ai peine à le supporter et ses semblables, quand je vois ces excès d'emportement, et si vous appelez cela vouloir que tout le monde vous abandonne, ne pouvant souffrir ceux qui sont dans vos sentiments, vous auriez raison. Mais je ne crois pas que vous approuviez une telle conduite. Et avec cela, pour montrer que je ne perds pas l'estime que je fais de sa vertu et piété dans le reste, je lui donne mes conseils pour des personnes dont il est chargé ; je le charge de quelques personnes. J'approuve et l'exhorte qu'il rende service à des personnes qui ont toute confiance en moi, et je le préfère à moi dans la créance qu'il réussira mieux. Aussi voudraisje qu'il ne se mêlât d'autre chose que de ce à quoi il a été destiné.
«Quoique cette lettre soit déjà bien grande, et que je craigne qu'elle ne vous soit bien ennuyeuse, je ne puis la