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finir sans vous prier de m'éclaircir de ce que plusieurs pensent et qu'ils n'osent me dire, et que vous avez bien eu la charité de m'écrire en m'envoyant votre réponse : l'opinion qu*on a que j*étouffe les lumières de* la nature et de la grâce par une trop grande déférence à celles d'autrui. Car pour remédier au scandale que vous dites que cela cause, il est nécessaire de me marquer eu quoi je laisse étouffer les lumières de la nature et de la grâce. Je ne le puis faire que par aveuglement; autrement je serais bien ennemi de la nature et de la grâce que d'étouffer ainsi ses lumières. Si une personne moins éclairée et qui eût moins de bonté, de charité et d'amitié pour moi me l'avait écrit, j*en serais moins en peine que je ne suis. Je ne suis pas si assuré de ma bonne conscience que cette opinion ne m'ait causé du trouble, de la tristesse, et beaucoup de crainte d'être en pire état que je n*ai été par le passé, ce qui est d'autant plus dangereux qu'il ne peut venir que d'aveuglement, et qui cause beaucoup de scandale dans beaucoup d'esprits. Et ne doutant pas que vous n'entendiez parler des plus gens de bien que vous connaissez, je n'ai nullement trouvé mauvais que vous m'ayez écrit avec cette liberté. Je m'en tiens obligé. Vous voyez aussi avec quelle liberté je l'ai fait. Mais il est bien nécessaire, pour remédier au scandale, à quoi vous m'exhortez d'y apporter remède, et pour m'ôler d'inquiétude d'esprit où cela me réduit, et mettre ma conscience en repos, que vous ayez la bonté de marquer en quoi je donne ce scandale en étouflfant les lumières de la nature et de la grâce. 11 y a longtemps que j'attendais l'occasion de vous faire celte demande, pensant le faire en vous répondant à la réponse que vous m'avez envoyée, mais elle ne sera pas encore sitôt en état de vous l'envoyer. Je n'ai pu différer davantage à vous demander cet éclaircissement particulier qui ne regarde que moi seul. Et pour les affaires communes, il me semble qu'il n'est pas bien difficile de réunir tous les esprits. Car il ne peut rien arriver de Rome et de la part des évoques et des puissances qui nous oblige à être de différents sentiments, tout le monde étant d'accord que l'on ne peut rien signer qui porte marque de créance du fait ; et il est visible ou que l'on [ne] demandera rien du tout, ou que ce que l'on demandera portera si visiblement à la condamnation des propositions dans le sens
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de JanséDÎus que l*on ne pourra être divisé là-dessus. 11 faut tâcher d'apaiser les esprits qui sont blessés de votre lettre. La grande peine que j'en ai eue n'a été que pour l'amour de vous, et que pour le bruit et scandale qu'elle devait faire, indisposant et aii^rissant les esprits de part et d'autre. Tâchez, au nom de Dieu, de contribuer à apaiser les esprits. 11 faut remettre les uns et les autres dans l'union, et céder en beaucoup de choses pour le bien de la paix et pour demeurer dans Tunion de ses frères. Je mettrais volontiers ma vie pour cela. Rien ne nous peut nuire, étant tous bien unis ensemble. »
L'obligation oti se voyaient des personnes si unies par l'amitié chrétienne de faire de continuels éclaircissements était une fâcheuse nécessité. M. Haslé y fut enveloppé comme les autres, ainsi que l'on vient de voir par cette lettre de M. Singlin. Mais M. Arnauld ayant prié M. Hermant de rinformer de la vérité de ce fait, il en reçut cette réponse, datée du 18 de septembre :
c M. Haslé est revenu de Paris depuis hier ; il est fort surpris de ce que je lui ai témoigné que le bruit courait qu'il approuvait toutes choses, après avoir témoigné le contraire aux deux plénipotentiaires de la conférence et à MM. Barré, Feydeau et du Mont. Car non seulement il leur dit qu'ils ne devaient p^s avoir donné l'acte qu'ils ont signé et en la manière qu'ils l'ont signé, mais même qu'il ne pouvait recevoir ce qui est venu depuis peu pour réponse de leur soumission, la même charité qui Ta porté à défendre la doctrine de Jansénius du crime de l'hérésie, dont il l'estime innocent, l'obligeant à s'en défendre lui-même parce qu'il sait n'avoir jamais enseigné aucune doctrine hérétique.
« Il parle néanmoins en faveur de M. Girard, parce qu'il croit sur son rapport qu'on lui a attribué des choses touchant M. Arnauld qu'il dit n'avoir jamais dites. Voilà tout son éclaircissement, et il est fort étonné qu'on y ait ajouté quelque autre chose.
« M. Drappier, qui avait été à Paris avec lui, vient de sortir de chez moi; il a vu MM. de La Lane et Girard, et leur a parlé franchement. Je reconnais par ces deux relations que l'on est fort animé contre M. Arnauld, comme is'il était coupable de la publication de la lettre qui a