‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 30 sur 455 · CHAPITRE Xî t · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xî t

Articles présentés à M. de Gomminges par les disciples de «aint Augus^ tiû pour exprimer leurs seutiments. Nouveau mémoire sur l'accommodemeat projeté,

La nouvelle affaire que les Jésuites s'étaient attirée par cette thèse qu'un de leurs émissaires avait voulu soutenir en Sorbonne aurait pu faciliter l'accommodement, s'ils

eussent agi en cela de bonne foi ; mais ils étaient toujours eux-mêmes, et ne proposaient tous les jours de nouvelles déclarations que pour engager les disciples de saint Augustin sans avoir aucun dessein sincère de leur accorder la paix qu'ils leur avaient fait offrir en Languedoc avec tant d'empressement. M. de Comminges, qui avait conçu une grande idée de cette négociation, crut que M. Arnauld et ses amis se devaient réduire, pour éviter de plus longs éclaircissements, à donner eux-mêmes par écrit ce qu'ils croyaient sur les questions présentes. Ils y travaillèrent le 19 de janvier, et après être convenus entre eux d'une déclaration si délicate, le [23] janvier ils la lui mirent entre les mains, signée de ceux qui étaient entrés dans ce traité et de deux autres docteurs de Sorbonne :

Articuli illustrissimo Convenarum episcopo oblati, quihus S. Augustini discipulorum circa quinque propositionum materiam doctrina continetur. » [Voir Timprimé] * .

Quoiqu'il n'y eût rien que de sain et orthodoxe dans ces articles, dont on a encore l'original avec toutes ces signatures, quelques-uns de ceux qui les souscrivirent les regardèrent comme un grand abaissement, non à cause de la doctrine qu'ils contenaient, et qui renfermait leurs véritables sentiments, mais par la nécessité q u'on leur voulait [imposer] de se servir de l'expression des scholastiques pour donner des marques de leur foi, au lieu d'employer le langage des Pères qui a toujours été celui de l'Église. Le malheur des temps et le désir de la paix étaient capables de justifier leur conduite, mais il leur restait toujours un regret intérieur d'y être réduits, et ils croyaient avoir raison d'en craindre les conséquences *.

On peut être surpris de ce que ces articles se trouvent signés par quelques docteurs qui n'étaient pas de la conférence. Mais on en trouve la raison dans un journal que M. de La Lane en dressa dans ce temps-ià, et qui nous

i. Hermaot donne cette pièce en latin seulement; elle se trouve en latin et en français dans les Œuvres d' Arnauld, t. XXII, p. 621. On y relève quelques légères différences.

2. Ici se trouvait au ms. la citation incomplète d'un Mémoire pour faire voir qu'il est de la gloire du roi de terminer les disputes sur le fait de Jansénius. Tout ce passage a été barré. V. ce Mémoire dans les Œuvres d' Arnauld, t. XXII, p. 637.

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