‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 312 sur 455 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Le roi mande M. de Comminges pour l'exécution du bref. Ce prélat porte ceux qui avaient traité avec lui à donner une nouvelle déclaration de leurs sentiments. Elle est rejetée par le conseil de conscience, et il prend congé de Sa Majesté pour s'en retourner en son diocèse.

Le roi ne fut pas plutôt de retour de son voyage que les Jésuites sollicitèrent Sa Majesté de faire exécuter le bref, et 1. Raimond Capisucchi, dominicain (1616-1691), fait cardinal pat unocent XI en 1681.

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à'adressèreQt aux évéques pour les porter à lui demander la permissioD de s'assembler afin d*ea faire Touverture. Le roi, en ayant parlé dans un conseil de conscience, prit la résolution de mander M. de Comminges pour lui témoigner qu'il voulait absolument voir la Gn de cette alTaire, et lui ordonner d'y travailler avec ceux qui avaient eu part à l'accommodement.

M. de Comminges était à Fresnes, maison de M. Du Plessis Guénégaud, lorsqu'il reçut cet ordre de Sa Majesté, et il en donna aussitôt avis à M. d'Andilly par cette lettre datée du 17 de septembre :

« Je suis venu à Paris par ordre du roi, qui a commandé à M. de Paris de m'écrire qu'il voulait me parler sur le sujet du bref. J*ai vu M. de Paris, qui m'a dit que M. d'Auch ayant Tait rapport à Sa Majesté de ce qui était contenu dans le bref, elle avait demandé si on savait mes sentiments, ce qui avait donné occasion au P. Annat de lui dire que j'étais à la campagne. Sur quoi le roi dit qu'il fallait me mander de venir, et ayant un peu pensé auquel des trois ministres du conseil de conscience il donnerait cette charge, il dit à M. de Paris :

« Je sais que vous êtes de ses amis ; écrivez-lui de ma part ». M. de Paris est allé à Vincennes pour savoir quand il plairait à Sa Majesté de me donner audience, et il me doit donner de ses nouvelles. Voilà un récit fidèle du fait. Pour les réflexions, je les laisse à vos lumières et à votre sagesse. Je fais cette prière: Plaise à Dieu de me faire la grâce de pouvoir dire : Loquebar de testimoniis suis in conspeclu regum, et non confundebar. Il me semble qu'on le doit espérer quand on n'a d'attachement qu'à la vérité, à la gloire de Dieu, à la paix de l'Église, et que, sans prévention et sans entêtement pour aucun parti, on est dans la disposition de demeurer ferme dans son devoir, ne se souciant point que ni les uns ni les autres soient contents, pourvu que Dieu le soit. En vérité, mon cher monsieur, il me semble que Dieu me fait la miséricorde de me donner ce sentiment, et que je ne suis neque Jansenii neque Molinœ, sed Jesu Chrisli. Peutêtre que je me trompe moi-même, mais après tout, si je me trompe, je n'ai pas intention de vous tromper, puisque sincèrement je crois vous dire ce que j'ai dans l'esprit et dans le cœur.

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