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ces attendu Tordre précis du roi. Mais M. Girard demeura ferme et se retira.
Sur le soir du même jour, M. de Comminges vint trouver M. Lç Nain pour lui communiquer son déplaisir, et quoique ce magistrat fût convaincu par lui-même que ces messieurs n'en devaient pas faire davantage et que les Jésuites étaient des fourbes, il ne laissa pas d'accompagner ce prélat chez M. Girard, où ils entreprirent de le persuader de la nécessité de faire encore quelque chose au delà de l'acte envoyé à Kome. Enfin M. Girard se rendit et promit d'en conférer le lendemain avec M. de La Lane et les autres, et de travailler lui-même à dresser un acte. Il s'assembla pour ceteflet le lendemain chez M. de Saint-Cyran, où MM. Barré etManessier, docteurs, s'étant aussi trouvés, ils conclurent tous de dresser un acte, et arrêtèrent que chacun en dresserait un de son côté, celui que M. Girard avait dressé ne les satisfaisant nullement, non plus que celui de M. de Saint-Cyran.
M. de Comminges ayant travaillé à en dresser un de sa part, il renvoya sur le soir à M. Girard avec un billet qu*il lût cet acte et qu'il le renvoyât sur le champ afin qu'il pût être porté le lendemain à Vincennes. M. Girard, surpris de cette précipitation, lui manda qu'il ne pouvait pas lui rien dire sur ce projet nouveau, ne voulant rien faire sans la participation de ces messieurs avec lesquels il avait déjà conféré. Le lendemain, M. Girard leur en ayant fait la lecture, ils le trouvèrent peu propre pour produire l'effet qu'ils désiraient, parce qu'il portait une reconnaissance du fait, quoiqu'elle ne fût pas expresse; et ils voulaient au contraire parler clairement sur ce point, et faire voir que leur intention n'avait jamais été de se soumettre à la reconnaissance du fait en donnant l'acte qui avait été envoyé à Rome. Celui de M. de Saint-Cyran fut rejeté parce qu'il contenait une grande préface touchant la doctrine de saint Augustin dont Jansénius n'était que Tinterprète. Celui de M. Barré fut aussi rebuté parce qu'il était trop fort et qu'il parlait formellement contre l'infaillibilité du pape. Quoique celui de M. Girard n'agréât pas d'abord, ils s'y arrêtèrent néanmoins parce que le temps pressait, et choisirent le jour du lendemain qui était le lendemain {sic) pour le rajuster. Tout le lendemain fut employé à cette délibération parce
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qu'ils se trouvèrent partagés» MM. Barré et Manessier ne pouvant se rendre aux clauses qui y étaient insérées, et soutenant toujours qu'il appartenait à des théologiens de ne pas consentir au moins aux erreurs qui s'établissent dans l'Église lorsque leurs supérieurs s'opiniàtrent contre les formes à défendre des opinions insoutenables, telle qu'est celle de l'infaillibilité du pape et le droit de décider des points de fait. Ces deux docteurs prétendaient qu'il était du devoir de ces théologiens de s'opposer à ces erreurs, ce qui était directement contre Tacle dressé par M. Girard. La chose mise en délibération, elle passa de quatre à deux, et ces deux ne revinrent point, M. Girard ayant dit en se levant qu'il était surpris de voir comment des choses dont on n'aurait pas voulu autrefois entendre seulement parler passaient alors si facilement.
Le dimanche fut encore employé à revoir cet acte, et sur le soir il fut copié et porté à M. de Comminges, qui avait fait avertir que le lendemain il voulait aller à Vincennes pour rendre compte au roi de cette dernière négociation. M. Girard le lui ayant porté, ce prélat après l'avoir lu y f^t beaucoup de difficultés, sur lesquelles M. Girard l'ayant satisfait, il le reçut, s'en chargea et promit de le faire valoir au roi et à MM. les prélats du Conseil de conscience le mieux qu'il lui serait possible. Voici ce qu'il contenait :
u Nous déclarons, tant en notre nom qu'au nom de tous ceux à qui M. l'évêque de Comminges avait accordé son entremise auprès de Sa Sainteté et qui sont dans la même cause avec nous, que nous voulons accomplir très exactement la promesse que nous avons faite par notre acte du 7 juin dernier, de donner au pape toutes les marques et toutes les assurances qu'il pourrait désirer de la sincérité avec laquelle nous adhérons aux décisions de foi qu'il a faites dans ses constitutions apostoliques, et de la résolution où nous sommes de ne point violer et de ne point blesser ces mêmes constitutions. Nous supplions très humblement Monseigneur de Comminges de vouloir s'employer auprès de Sa Majesté pour l'assurer que, demeurant toujours dans la même disposition, nous condamnons et rejetons la doctrine des cinq propositions condamnées par les constitutions d'Innocent X et d'Alexandre VU. Que nous ne soutiendrons jamais aucune de ces propositions sous prétexte