‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 315 sur 455 · LIVRE XXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII

de quelque sens et de quelque interprétation que ce soit. Que nous ne tenons point d'autre doctrine sur la matière des nnêmes propositions que celle qui est contenue dans les articles que nous avons soumis au jugement de Sa Sainteté, et que nous avons laconsolation d'apprendre par les termes de son bref qu'il les a considérés comme contenant une saine doctrine. Et à l'égard des décisions de fait contenues dans la constitution de N. S. P. le pape Alexandre Vil, par laquelle les cinq propositions sont déclarées avoir été tirées du livre de Jansénius et condamnées dans le sens de cet auteur, nous déclarons que nous voulons rendre à ces décisions, encore qu'elles ne soient pas en matière de foi, tout le respect, toute la déférence et toute la soumission que l'Eglise exige des fidèles en ces occasions et dans des matières de cette nature, étant persuadés qu'il n'appartient pas à des théologiens particuliers de résister aux décisions du Saint-Siège et de les condamner. »

Le lundi, M. de Comminges s'élant rendu à Vincennes s'adressa d'abord à M. Tarchevéque de Paris, et l'ayant tiré à part, il l'entretint de tout ce qu'il avait fait depuis le dernier jour que le roi lui avait donné Pordre de parler à ces messieurs. Ensuite il lui fit lire cet acte, et M. l'abbé Bossuet s'étant trouvé devant eux, M. de Paris le pria de s'approcher, dit à M. de Comminges que c'était son ami, [et] mit cet acte entre les mains de l'abbé, lequel l'ayant lu deux fois dit qu'après cela on ne pouvait nullement accuser ces messieurs ni d'hérésie, ni de désobéissance vers Sa Sainteté. Qu'il était vrai qu'ils eussent pu faire davantage et parler plus nettement sur le fait de Jansénius, mais que ce qu'ils avaient fait était plus que suffisant pour lever tout le soupçon que l'on avait conçu contre eux sur ces deux chefs. Sur quoi, M. de Paris ayant dit que c'était aussi son avis et qu'il s'en contenterait, il rendit le papier à M. de Comminges^ et partit avec lui pour monter dans la chambre du roi.

En montant, ils rencontrèrent M. l'archevêque d'Auch, qui s'adressant à M. de Comminges lui demanda si ces messieurs se rangeaient à leur devoir, et s'ils se disposaient de donner contentement au pape. 11 l'obligea même de redescendre afin de s'entretenir avec lui, et s'étant joints tous quatre ensemble ils descendirent dans le parc. D'abord

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M. d*Auch demanda à M. de Comminges s*il était porteur de bonnes nouvelles et ange de paix, c'est-à-dire, selon son sens, si ces messieurs s'étaient rendus à tout ce que les Jésuites avaient pn désirer d'enx touchant le dernier abaissement. Cet évéque lui répartit qu'il avait fait voir un acte à M. de Paris qui était plus que suffisant pour donner contentement au roi, au pape et aux évêques. Il le lui mit entre les mains et ajouta celui de leurs articles touchant le fond de la doctrine parce que ce prélat le lui demandait, et il se retira à part avec M. de Paris pour le laisser en liberté avec M. de Rouen et lui donner tout le loisir d'examiner ces deux actes. Ces deux archevêques l'ayant fait et ayant rejoint MM. de Paris et de Comminges, ils dirent à cet archevêque nommé que la déclaration de la doctrine de ces messieurs était catholique et qu'elle était catholique'; mais que leur autre acte ne disait pas assez. Sur quoi M. de Comminges ayant pressé M. d'Âuch de lui dire s'il y avait lieu après ce second acte de les traiter d'hérétiques, il lui avoua qu'il n'y en avait point de sujet. Et l'ayant pressé sur le fait de Jansénius de lui déclarer si on pouvait après ce second acte les traiter encore de rebelles, M. d'Auch lui dit que non; mais il ajouta qu'ils devaient parler comme le pape et les évêques, puisque n'étant que de simples particuliers ils devaient se conformer à la voix des pasieurs de l'Église, ce qu'ils ne faisaient pas dans cet acte. M. de Comminges convint avec lui que ces messieurs [auraient] ' pu faire davantage, et que même c'était sou sentiment; mais il lui soutint que l'acte en soi était plus que suffisant pour les décharger du crime d'hérésie et de celui de désobéissance vers l'Église, dont on les avait toujours accusés. Ensuite ils se séparèrent, et M. de Comminges monta en la chambre du roi avec M. de Paris.

Sa Majesté ne l'eut pas plutôt aperçu qu'il le tira à part et lui demanda si ces messieurs avaient satisfait le pape sur son bref. Cet évêque lui répondit que oui. et lui fit un éloge de l'acte dont il s'était chargé. 11 lui remontra qu'après s'être si nettement expliqués on ne pouvait plus sans blesser la justice et l'équité les traiter d'hérétiques et

i. Sic.

2. Ma. : avaient, construction latine asitée au xvfi* siècle*

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