‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 323 sur 455 · LIVRE xxxiri · texte numérisé non relu

LIVRE xxxiri

Aadré des Arts, p(»ur le revêtir encore une fois du syndicat, et que toutes les voix s'allaient réunir pour lui, à moins qu'ils ne fissent venir pour s'y opposer des secours extraordinaires de toutes les provinces du royaume.

Les docteurs qui aimaient l'ordre de la Faculté ayant découvert cette brigue crurent que pour en empêcher l'effet il fallait tenter encore uoe fois la réduction des suffrages des réguliers au nombre de huit, qui était porté par les anciens règlements. Mais l'exécution de cette entreprise était difficile, car ils avaient besoin pour cela tout à la fois du Parlement et du Conseil, et ces deux compagnies leur paraissaient peu favorables ; le Parlement, parce que M. le Premier président étant à leur tête avait quelque engagement de ne point exclure M. Grandin, et le Conseil, parce que depuis plus de trente ans il avait toujours maintenu les réguliers dans une espèce de possession d'assister aux assemblées de la Faculté en un aussi grand nombre de docteurs qu'ils se trouveraient à Paris; de sorte que les arrêts du Parlement qui réglaient leurs suffrages à huit, en n'en comptant que deux de chaque maison, étaient demeurés sans exécution.

Pour se tirer d'embarras, ils prirent la résolution d'aller donner avis aux principaux ministres* du désordre où se trouvait la Faculté et de leur faire comprendre combien ce grand nombre de suffrages des réguliers était capable de ruiner [à] jamais toute l'ancienne doctrine, qui avait été si religieusement conservée parmi eux jusqu'à ce que les partisans de Rome leur eussent procuré l'avantage de donner leurs voix dans toutes les délibérations, sans mesure, sans restriction et sans limites. Ils [leur] représentèrent que si le roi n'y interposait son autorité, il ne fallait plus rien espérer pour le rétablissement de cette ancienne doctrine, si nécessaire à la conservation des lois et de la discipline de l'Église, et aux droits de sa couronne ; et que sans cette protection particulière le nouveau dogme du pape et les maximes du tribunal de l'Inquisition régneraient souverainement dans leur Faculté, et que les maximes du tribunal de l'Inquisition s'y établiraient sans ressource malgré les docteurs les mieux intentionnés pour le service du roi, qui se trouveraient accablés par ce grand

Page 1