‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 324 sur 455 · Ms. : Ministres delà FacM//é (erreur évidente · texte numérisé non relu

Ms. : Ministres delà FacM//é (erreur évidente

500 MÉMOIRES DE GOOEFROI BERMANT

nombre de suffrages mendiés de toutes parts. Quepoureux, s'ils n'étaient promptement secourus après tant d'efforts si inutiles pour la liberté de leur corps, ils étaient résolus de tout quitter et de se retirer chez eux paisiblement, en renonçant à toutes sortes de délibérations et d'assemblées, afin de n'être pas plus longtemps les témoins et les spectateurs inutiles d'un si grand désordre, et de ne prendre aucune part à un si grand mal ; qu'ils avaient pris la hardiesse de se présenter devant eux dans une extrémité si pressante, pour décharger leur conscience et leur représenter les dangereuses conséquences d'un abus de cette nature.

Les ministres reçurent agréablement tous cas avis, et selon le souhait de ces docteurs qu'ils exhortèrent de demeurer fermes dans de si bons sentiments et de ne point abandonner les assemblées de la Faculté, les assurant que le roi aurait égard à leurs remontrances, qu'il leur ferait ressentir les effets de sa protection royale, qu'il remédierait promptement aux abus et aux désordres qu'ils venaient de leur exposer, et qu'avant que le premier jour d'octobre fût venu ils reconnaîtraient combien cette affaire de la Faculté était considérée par le roi comme étant très importante à S. M. parles soins qu'il prendrait de faire cesser ces désordres. Us leur firent dire à petit bruit qu'ils pourraient se pourvoir au Parlement sur leurs plaintes, et demander à messieurs de la Chambre des vacations l'exécution des arrêts qui règlent les suffrages des réguliers dans les assemblées de la Faculté.

M. Le Tellier, étant demeuré persuadé de la nécessité de ce règlement, rendit visite à M. le Président de Novion, qui se trouvait alors en semaine dans cette chambre. 11 conféra avec lui de cette affaire, et après avoir pesé toutes les raisons que ce président lui proposa, ils arrêtèrent que la Chambre donnerait un arrêt pour Texécution de tous ceux que le Parlement avait autrefois donnés touchant les suffrages des réguliers, avec défenses au doyen et au syndic de souffrir qu'il s'en [trouvât] plus de deux de chaque maison qui dissent leurs avis dans les assemblées de la Faculté ; que deux de messieurs de la Cour du Parlement se transporteraient en Sorbonne pour ordonner aux docteurs extraordinairement assemblés d'enregistrer tous ces arrêts dans leurs registres, afin d'en faire la lecture tous les ans au mois

Page 1