‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 326 sur 455 · LIVRE XXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII

un règlement que ce docteur avait sollicité avec tant de zèle il y avait quatorze ou quinze ans.

Les moines, qui ne se rebutent jamais pour les plus grandes disgrâces qui leur peuvent arriver, ne se' réduisirent point encore en leur devoir par ces deux arrêts, et, se flattant de l'espérance de les faire casser, allèrent de tous côtés se plaindre à leur amis de la trahison des jansénistes, et leur représentèrent que c'était une nouvelle conspiration qu'ils formaient contre la Faculté et contre l'Église, n'y ayant point de docteurs qui fussent plus contraires aux personnes de cette secte que les réguliers. Ils représentèrent auxévêques le tort que Ton faisait à leur autorité en faisant exécuter sur eux des arrêts du Parlement, qui n'avait nulle juridiction et nul pouvoir sur leurs personnes, et qui ne les avait prononcés que sur de faux allégués. Ils gagnèrent même quelques prélals qui avaient le plus [de] crédit auprès du roi, leur faisant accroire que l'on exécuterait sur eux des arrêts du Parlement qui avaient été cassés par d'autres arrêts du Conseil. Ils employèrent aussi auprès de la reine-mère le P. Le Roi, son confesseur, et firent ce qu'ils purent afin que S. M. regardât cette affaire comme une affaire du jansénisme. Mais elle les rebuta, leur fit dire qu'ils devaient se soumettre à cet arrêt, qu'elle ne pouvait rien en tout cela, ce qui leur fit perdre courage. Ils ne laissèrent pas de s'adresser encore aux ministres, qui leur dirent la même chose et les assurèrent que les jansénistes n'avaient nulle part en cette affaire ; que s'ils faisaient des entrepris[es], le roi saurait bien les empêcher par son autorité, et que S. M. ayant rendu lui-même * cet arrêt par des raisons connues à S. M., il ne leur restait plus que de l'exécuter et de s'y soumettre sans aucune opposition.

Après tant d'inutiles efforts, s'étant adressés à M. d'Auch et au P. Annat, cet archevêque leur promit d'abord toute sorte d'assistance dans la Faculté. Il leur dit que ce n'était point une affaire où le roi s'intéressât, S. M. ne l'ayant point proposée dans le Conseil de conscience ; que c'était sans doute l'effet de l'intrigue de quelques-uns de leurs ennemis qui avaient surpris les ministres, et que pourvu que l'affaire fût soutenue par la Faculté, elle réussirait bien auprès

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