CHAPITRE II
Asteniblée extraordinaire des prélats teoue aux Augustios pour l'exécutioD du bref du pape.
Le mardi Séjour d'octobre, rassemblée des évêques qui avait élé convoquée aux Âuguslins se linl dans la salle ordinaire où se font les assemblées du clergé. Les évêques s'y rendirent sur les trois heures avec M. le cardinal Antoine, qui y présida. Ils se trouvèrent au nombre de quatorze, dont il y en avait huit qui étaient sans titre, et qui n'avaient pour la plupart autre droit pour s'y trouver que le brevet du roi. I^ contestation qui s'était formée quelques jours auparavant entre M. le cardinal Antoine et M. l'archevêque de Rouen pour la présidence avait élé cause qu'on l'avait différée jusqu'à ce jour-là, car M. de Rouen soutenait que M. le cardinal Antoine ne pouvait pas légitimement présider ù cette assemblée, attendu qu'il n'avait pas encore de bulles de l'archevêché de Reims, et n'avait que la seule nomination du roi qui, selon l'usage reçu dans l'Église de France, ne lui donnait aucun droit de présider aux évêques, et comme il ne [le] * pouvait prétendre que par sa dignité de cardinal, M. de Rouen soutenait qu'étant cardinal étranger; sans aucun litre en France, il n'avait nul droit de faire la fonction de président dans celle assemblée. M. le cardinal Antoine, pour justifier sa prétention, alléguait au contraire qu'il était cardinal, et que celte qualité lui donnait le droit de présider à toutes les assemblées des évêques dans l'Église. Que MM. du clergé de France n'avaient fait nulle difficulté de choisir pour président de leurs assemblées générales M. le cardinal Mazarin, et qu'ils l'avaient souffert en celte qualité dans toutes les assemblées particulières où il s'était trouvé, M. de Rouen lui déférant lui-même cet honneur, quoique ce cardinal ne fût pas évêque sacré, et qu'il ne fût que nommé à l'évêché de Metz, dont le siège n'est pas du nombre des évêchés de France qui ont droit de députer aux assemblées générales du clergé. Qu'il lui suffisait d'être agréé du roi et d'être