‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 335 sur 455 · Ms. le pape · texte numérisé non relu

Ms. le pape

Paris, ayant été avertis par les agents du clergé du jour de l'assemblée, vinrent les trouver pour apprendre d'eux le sujet de cette convocation. Mais quand ils surent que c'était pour faire l'ouverture de ce bref, ils leur ténïoignèrent qu'ils ne s'y trouveraient point, et se retirèrent dans leurs diocèses pour ne point autoriser par leur présence des choses déjà conclues sans leur participation. Non seulement le P. Annat visita tous les prélats qui se trouvaient à Paris et leur parla chez le roi. mais il engagea même S. M. à leur recommander de bien faire dans rassemblée, afin de donner contentement au pape dans une affaire aussi importante à l'Église qu'était celle-là, qui concernait la foi et la pureté de la doctrine. Les principaux d'entre les Jésuites des trois maisons de Paris firent de leur côté leurs diligences pour solliciter ceux des évèques qui'étaient leurs amiS) et pour leur faire comprendre combien leur compagnie était intéressée dans l'exécution de ce bref. Tous ceux de la cabale des dévots travaillèrent de leur côté pour faire entendre aux évèques que ce bref était venu très à propos pour réprimer les jansénistes, qui étaient sur le point de se rétablir; qu'ils devaient en faire un bon usage en le faisant exécuter de point en point, afin de les empêcher de s'en relever jamais. M. l'archevêque de Toulouse nommé dit dans une compagnie où il se trouva que les jansénistes n'avaient qu'à se bien tenir, et qu'ils les allaient pousser à bout, à moins qu'ils ne souscrivissent le lait aussi bien que le droit; qu'on les chasserait du royaume, et que les évèques qui refuseraient de faire leur devoir et de les condamner seraient punis par la saisie de leur temporel ; qu'on ne souffrirait jamais que deux ou trois évèques donnassent la loi aux autres et méprisassent tous les règlements que le reste de leurs confrères auraient fail, en maintenant un petit nombre de prêtres dans la rébellion contre l'Église. Tous les autres évèques passionnés pour les Jésuites tenaient le même discours. M. de Maupas, évêque du Puy en Velay, nommé à l'évêché d'Évreux, parlait de ce bref avec son zèle ordinaire, comme d'un coup du ciel et d'un effet tout visible de la Providence. M. deSaint-Papoul n'en disait pas moins. Cet évêque, qui était le seul de tous les prélats de France que M. d'Alet avait récusé pour être le juge des différends qu'il avait au Conseil du roi contre les

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