LIVRE XXXIV
trouvait pas suffisante pour détruire l'hérésie de Jansénius telle qu'on la soutenait dans la France ; que cette formule apportait un changement dans les signatures et ruinait entièrement cette uniformité que les évêques avaient voulu garder sur toutes choses dans toutes les églises du royaume ; qu'elle détruisait ce qu'ils avaient fait avec tant de jugement et de sagesse pour le bien et l'autorité de l'Église ; qu'on ne pouvait l'accepter sans les faire passer pour des personnes qui n'avaient point toute la prudence nécessaire à des évêques quand ils traitent des affaires de l'Église, et principalement celles de la foi, ce qu'ils devaient éviter sur toutes choses, étant certain, comme il en avait été témoin, que cette affaire avait été traitée dans toutes les assemblées des évêques avec toute la sagesse, toute la circonspection et toute la condescendance que Ton pouvait désirer; qu'il ne voyait pas de moyeu plus propre pour conserver cette uniformité que les évêques avaient voulu garder, et pour rendre au bref du pape tout le respect et toute la vénération que doivent lui rendre des évêques qui aiment l'Église et qui ont du zèle pour la foi, que de suivre les délibérations des dernières assemblées, particulièrement celle de 1()60, à laquelle il avait eu l'honneur de présider, et d'exiger sans cesse la signature du formulaire, de supplier le roi de donner une déclaration conformément à cette délibération, par laquelle S. M. ordonnerait que les évêques qui refuseraient de se conformer aux délibérations de la dernière assemblée seraient punis par la saisie de leur temporel, et les autres ecclésiastiques privés de leurs bénéfices et de leurs biens temporels ; que pour donner avis aux évêques de leur délibération, rassemblée leur écrirait une lettre circulaire dans laquelle elle les exhorterait de se conformer à ce résultat et d'exiger la signature du'formulaire. Et pour témoigner au pape toute la reconnaissance qu'ils lui devaient pour un bref si obligeant, l'assemblée lui écrirait une lettre de remerciement. Il parla de la déclaration que MM. La Lane et Girard avaient mise entre les mains de M. de Comminges pour être présentée au roi. 11 la décria comme étant conçue en termes captieux et équivoques, qui ne tendaient qu'à éluder les délibérations des assemblées du clergé.
M. de Paris dit qu'il était à propos que l'assemblée se conformât entièrement aux délibérations des précédentes
522 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT
pour garder l'uniformité, qui serait blessée si Ton apportait le moindre changement dans les moyens dont les évêques s'étaient servis pour faire observer les constitutions des papes, et si l'on ne poursuivait la souscription du formulaire ; qu'il était d'avis de la lettre au pape et qu'on déclarât la déclaration de MM. de La Lane et Girard captieuse et telle que M. l'archevêque de Rouen l'avait notée.
M. d'Auch dit que de changer, pour faire revenir les jansénistes, les moyens * dont les évêques s'étaient servis jusques alors, c'était une chose contraire au bref du pape, qui les louait d'avoir si bien fait par leur conduite qu'ils avaient fait revenir quelques uns des jansénistes de leur hérésie ; qu'ainsi il était d'avis que l'assemblée y demeurât inviolablement attachée, pour rendre au bref de Sa Sainteté tout le respect qui lui était dû et pour l'exécuter selon son • intention. Il invectiva ensuite contre la déclaration de ces deux messieurs, et la déchira par des termes durs et pleins d'indignation. Il confirma toutes les mêmes qualifications qui lui avaient été attribuées par M. l'archevêque de Rouen, et il fut d'avis comme lui d'écrire les deux lettres, l'une au pape et l'autre aux évêques.
M. l'arcbevêqne de Toulouse ne parla pas si durement que MM. les archevêques de Rouen et d'Auch. Il dit : ... *
Tous les autres évêques qui parlèrent ensuite se conformèrent à l'avis de M. de Rouen.
M. d'Évreux parla avec beaucoup de chaleur contre les jansénistes, et les traita d'hérétiques et de rebelles à l'Église. Il dit qu'il fallait employer contre eux les derniers remèdes, afin de les réduire dans l'obéissance ou de les châtier selon leur mérite, et il fut de l'avis le plus rigoureux.
M. de Luçon dit qu'il était d'avis qu'on laissât le bref sans le considérer pour l'heure présente, et qu'on le gardât jusqu'à ce qu'il y eût une assemblée d'évêques. plus nombreuse que celle qui se tenait actuellement. Et comme il n'y avait pas d'apparence que les évêques s'assemblassent en aussi grand nombre qu'une affaire de cette importance le demandait, il était d'avis de remettre cette délibéralion
t. Ms. Changer de moyen.., la phrase n'aurait pas de seos. 2. La phrase est inachevée.