LIVRE XXXÏV
sur le bref à l'Assemblée générale de 1665, et que cependant l'assemblée écrirait au pape une lettre pleine de civilité pour lui faire entendre qu'elle n'en avait pu user autrement dans la nécessité où elle s'était trouvée.
M. d'Acqs fut de l'avis de M. de Rouen, et il supplia l'assemblée de pourvoir à un mal qui rendait toutes les délibérations des évêques inutiles. C'était que tous les ecclésiastiques qu'on presserait dans les provinces de signer le formulaire se rendraient tous à Paris comme dans un lieu de sûreté pour eux, n'y étant point poursuivis par aucun supérieur qui les pût obliger de le souscrire, parce que ni l'archevêque de Paris nommé, ni les vicaires généraux du chapitre n'avaient nulle juridiction sur eux ; et que comme il connaissait le mal et qu'il en ignorait le remède, il priait l'assemblée d'y pourvoir par sa sagesse.
L'avis de M. de Rouen forma la conclusion qui fut rédigée en ces termes :
L'assemblée a reçu avec respect et soumission le bref de Sa Sainteté, ordonne que par une lettre circulaire qui sera envoyée dans tous les diocèses Messeigneurs les archevêques et évêques seront priés de le faire exécuter selon sa forme et teneur, et que Sa Majesté sera très humblement suppliée de faire délivrer des lettres patentes nécessaires pour ce sujet. Déclare la déclaration signée par les sieurs de La Lane et Girard conçue en termes captieux et pleins d'artifice, et propres à faire revivre l'hérésie de Jansénius, et d'une conséquence d'autant plus dangereuse qu'elle détruit finement l'uniformité du formulaire ordonnée par les assemblées générales. Et attendu que Sa Sainteté exhorte par son bref les évêques de choisir les moyens les plus propres et les plus efficaces pour mettre en exécution les dites constitutions, l'assemblée déclare qu'il n'y en a point de plus propres que ceux qui sont contenus dans la délibération de la dernière assemblée générale. Pour cet effet, sans entrer sur cette matière en nouvelle délibération, de crainte de rendre douteuses H incertaines les choses résolues, elle s'y attache immuablement. Pour cet effet, elle a résolu d'écrire une lettre à Sa Sainteté pour lui faire un très humble remerciement de l'honneur qu'elle fait aux évêques d'approuver et de louer si obligeamment leur conduite, et la supplier de prêter son autorité pour mettre plus facilement en exécution ladite délibération. Comme aussi que le roi sera averti par une députation nombreuse de la délibération présente, et très humblement supplié de vouloir sans délai prêter main-forte pour 'adite exécution, dont elle a jugé qu'un des plus efficaces moyens
est de convertir l'arrêt qu'il a donné en déclaration qui sera adressée au Grand Conseil, en lui attribuant toute juridiction jusqu'à ce que leB Parlements à qui Sa Majesté aura la volonté de l'envoyer, l'aient enregistrée selon sa forme et teneur.
11 fut arrêté que M. de Paris ferait la lettre au roi, et M. d'Évreux celleaux évêques, et que M. le cardinal Antoine ferait la harangue au roi au nom de toute rassemblée pour donner avis à S. M. de sa délibération, et que les évoques l'accompagneraient en plus grand nombre qu'ils pourraient pour rendre son action plus célèbre, et pour faire connaître à S. M. combieu cette affaire les touchait, et qu'ils se rassembleraient l'un des jours de la semaine suivante pour relire les deux lettres au pape et aux évêques.