‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 342 sur 455 · LIVRE XXXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV

avaient condamnée, on ne pouvait pas savoir quelle était cette doctrine condamnée, à moins qu'on ne marquât précisément en quoi elle consistait, les Jésuites entendant par cette doctrine la nécessité de la grâce efficace pour toutes les bonnes œuvres, quoique ni le pape ni les évéques ne l'eussent jamais condamnée, et les disciples de saint Augustin soutenant que cette doctrine ne pouvait être condamnée sans erreur, parce que c'était la foi de l'Église, et par conséquent que Jansénius n'en ayant pas soutenu d'autre que celle de la nécessité de la grâce, on ne pouvait se soumettre à la condamnation de la doctrine de Jansénius qu'on ne se soumit en même temps à la condamnation de la foi de l'Église. Que ce n'était que dans cet esprit qu'ils refusaient de condamner Jansénius, outre qu'ils étaient persuadés que cet évéque n'ayant enseigné aucune des cinq propositions selon les termes auxquels elles étaient conçues, ils ne pouvaient pas consentir à sa condamnation, non plus que nul homme ne devait se rendre à la condamnation d'une personne juste et innocente du crime pour lequel d'autres l'auraient condamnée. Que ce que l'on exigeait d'eux pour la souscription du formulaire était une véritable et réelle condamnation de Jansénius, et non pas une simple déclaration par laquelle ils déclareraient que le pape et les évéques ont condamné Jansénius; que c'était encore une souscription ou un témoignage de leur foi que l'on exigeait d'eux par le formulaire, ce que ni le pape ni les évéques n'avaient pas droit de faire, attendu que tout au plus la décision du pape et la leur ne pouvait être que d'un faitqui ne pouvait pas faire un article de foi*. Qu'il n'y avait pas. d'homme sur la terre, de quelque autorité qu'il fût, qui eût droit de faire d'un fait un article de foi. Qu'après tout ce que les Jésuites et leurs partisans avaient écrit, que c'était un point de foi que cette décision du pape et des évéques, et que c'était une hérésie de ne pas le croire, et les évéques mômes pour la plupart l'ayant dit dans leurs délibérations ensuite desquelles le formulaire avait été dressé pour exiger, par un témoignage public tel qu'est la souscription, la créance sur ce fait décidé, et ces prélats refusant de donner des déclarations que, par l'exaction de la signature du for-

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