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mulaire, ils n'entendaient point obliger à la créance intérieure du fait, ni à la condamnation d'une hérésie, ils ne pouvaient pas se soumettre en conscience à l'ordonnance qui portait la souscription du formulaire. Qu'en cela ils n'étaient point rebelles à l'Église^ puisqu'ils étaient prêts de déclarer qu'ils condamnaient les cinq propositions en quelque auteur qu'elles se trouvassent, et de condamner la doctrine que le pape et les évèques déclaraient avoir condamnée toutes les fois qu'on la leur ferait connaître; et qu'ils ne faisaient ce refus de souscrire aux constitutions purement et simplement que parce qu'ils étaient persuadés en leur conscience qu'ils ne pouvaient pas condamner un innocent, ni une doctrine dans un auteur qui n'en enseignait point d'autre que celle qui était conforme à la créance de l'Église. Qu'en cela ils paraissaient agir en gens de bien qui craignaient Dieu, et qui aimaient mieux s'[exposer] à toutes sortes de mauvais traitements que de rien commettre qui pût blesser leur conscience; et que cela étant, il n'y avait point lieu de les pousser à bout pour le seul refus de la signature du formulaire.
M. de Toulouse lui répartit qu'on ne les obligeait point de condamner une doctrine catholique, puisqu'on les obligeait seulement de condamner une doctrine que les papes et les évéques avaient condamnée comme hérétique, et qui ne pouvait [pas ne pas] être hérétique*, puisqu'ils l'avaient condamnée comme telle, les papes ne s'étant pas trompés dans cette condamnation ; et qu*en leur ordonnant de s'y soumettre on les obligeait de renoncer à leur propre lumière et à leur sentiment particulier, pour se rendre à celui de l'Église, qui avait l'autorité et la puissance de les obligera des choses de cette nature; et que les papes et les évéques étant les ministres de TÉglise, ils étaient dans le devoir de les obliger à se rendre à leurs ordonnances et de renoncer à leurs propres sentiments.
M. de La Lane lui répartit qu'il était vrai que les papes et les évéques avaient ce droit, mais qu'il fallait que ce fût en des choses légitimes auxquelles Dieu oblige de se rendre sans voir et sans raisonner, en captivant son entendement pour la créance de ces choses, quoiqu'il ne les entende et ne les comprenne pas; parce que c'est Dieu lui-même qui les leur propose et qui les exige d'eux par le ministère de