‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 369 sur 455 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Sentiments de M. Chagsebraa, curé de la Magdeleiae, sur la conjoncture des affaires. Divers écrits sur la délibération de l'Assemblée.

M. Chassebras. curé de la Magdeleine, n'avait pas encore la liberté de revenir à Paris, et il était alors à Châlons, en attendant qu'on lui fît justice, et que les suites des affaires de M. le cardinal de Retz fussent entièrement terminées en sa personne et en celle des autres exilés. Ce fut en cette ville-là qu'il apprit ce qui s'était passé à l'assemblée des évêques, et voici ce qu'il en écrivit à M. Taignier le 29 d'octobre :

« Je m'en vas dans quinze jours m'enfermer avec mon hôte dans son séminaire pour trois mois, et me ranger sous la discipline de M. Du Bois. C'est un personnage fort austère in moralibus, et qui n'a guère par conséquent de sympathie avec les bons Pères. C'est à son grand regret qu'il a signé le formulaire, mais je lui ai conseillé, à cause qu'il est supé-

rieur du séminaire, de le signer absolument, quoique son éféque consente qu'on le signe avec restriction, et quUl souffre que les religieuses de son diocèse aient pris le modèle du formulaire de Port- Royal. Mais M. Du Bois est fort observé par les amis des bons Pères, et Monseigneur deChâlonsa eu sujet d'appréhender qu'ils ne lui rendissent quelque mauvais service à la cour quand elle a passé en ces quartiers. Si l'on peut juger de la suite des contestations formées sur le formulaire, ceux qui l'ont signé dans ce diocèse ne seront pas fâchés de l'avoir fait. Car le prélat, pour se justifier, m'a dit qu'il l'avait fait «igner sur l'ordre du pape (que le nonce lui a écrit), sans se soucier de l'ordre des évoques de l'assemblée; 2* qu'il soutiendrait tousses ecclésiastiques qui l'avaient signé avec restriction, au lieu que la conférence, le bref, le résultat de l'assemblée des évoques réduira ceux qui ont encore à signer en pire état. Je n'ai point vu le bref, mais le résultat est terrible et pitoyable, et d'honnêtes gens qui ont passé ici trouvaient tant d'emportement dans cette cabale de molinistes qu'ils ne croyaient pas que la cour y eût égard. Mais je suis toujours de sentiment que si vous avez quelque bonne volonté pour terminer la dispute du fait, que vous le fassiez au plus tôt, devant que la cour de Rome se soit accommodée avec la nôtre. Tous ceux que j'ai vus ici avoir quelque inclination pour vos amis n'approuvent pas que les députés aient chicané sur les conjugaisons du verbe subjicio, estimant qu'au présent et au supin il signifie la même chose. Quoique la cour de Rome vous soit contraire, l'on dit qu'elle n'est pas tant à craindre que la cabale de certains evéques de cour, et d'autres molinistes qui ne prétendent autre chose que de faire continuer les disputes, afin d'en profiter à la cour de France ou à la cour de Rome. J'ai appris que le roi avait de nouveau désiré que M. de Luçon s'entremtt de celte affaire, et qu'il n'était pas mal intentionné. Je souhaite qu'elle lui réussisse mieux qu'elle n'a fait à M. Tévéque de Comminges, qui s'est retiré fort outré de la fourberie qu'on lui a jouée, et de l'alfront que lui a fait le pape de ne pas daigner lui répondre. Pour l'expulsion des moines hors de la Faculté, elle durera autant que nous serons mal avec le pape, lequel ne manquera pas de solliciter que ses satellites et émissaires reprennent leur rang dans un lieu où ils ne sont^que

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