‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 370 sur 455 · LIVRE XXXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV

pour le servir. C'est le lénitif que je viens de donner présentement au P. Bernard Guyard, jacobin, lequel, à la première visite qu'il m*a rendue ici en passant, m*a fait de grandes lamentations de l'injure que souffraient les moines par cet arrêt de Parlement. 11 m'a dit que le maître du Sacré Palais a été rétabli à la prière de l'évêque de Saltzbourg. Je ne le crois pas. »

Voilà comment raisonnait sur les affaires de l'Église un brave de notre siècle, fatigué et affaibli d'une longue persécution, et qui mettant sa sagesse et sa charité à affaiblir les autres pour leur procurer un peu de repos passager et temporel, parlait un peu trop humainement sur les choses de Dieu». Aussi ses anciens amis étaient fort peu disposées à se régler en cela par ses conseils, et la signature pure et simple du formulaire, qu'il avait conseillée à M. Du Bois,, supérieur du séminaire de Châlons, n'était nullement de leur goût. Ils avaient fait imprimer en ce temps-là la troisième lettre que M. d'Angers avait écrite au roi le 17 septembre 1662, par laquelle il répondait à celle que Sa Majesté lui avait adressée le 28 août précédent pour la signature du formulaire. Et comme l'affaire de l'accommodement les avait obligés à la tenir si longtemps secrète, la rupture entière de cette malheureuse négociation leur donna la liberté de la publier.

Outre la relation abrégée de ce qui s'était fait depuis un an pour apaiser les contestations des théologiens, il parut aussi de leur part une relation de leurs conférences tenues en présence de M. l'évêque de Comminges, et un autre écrit intitulé : Mémoire pour justifier la conduite des théologiens gui ne se croient pas obligés à condamner les cinq propositions au sens de Jansénius, sans explication.

\. On lisait en cet endroit du ma. le passage suivant, qui a été barré : La sœur Angélique de Saint Jean avait appris un autre langage dans sa solitude par le commerce de la prière, et toute sa crainte, dans tant de nouvelles propositions, était de voir V affaiblissement des défenseurs de la vérité, et particulièrement pour M. d'Andilty son père. Son billet du S novembre, [qu'elle] adressait à M. Arnauld, était écrit d'un style fort différent de celui de M. Chassebras : « Voici les copies de ce que je reçus hier au soir pour faire tenir a mon père, mais Je ne lui ai point envoyé encore, étant nécessaire de savoir ce qu'il y devra répondre demain, parce qu'encore qu'il faille délibérer davantage.., »

568 MÉMOIRES DE GODEFftOI RERMANT

Le 3 novembre, ils avaient publié un autre ouvrage sous ce nom : Réflexions sur une délibération de quelques prélats assemblés à Paris le J?« jour d'octobre 166S\ La première était sur la qualité et le pouvoir de cette assemblée, qui n*était composée que de quinze prélats, dont il n'y en avait que neuf qui eussent un diocèse, les autres ayant seulement le nom et le caractère d'évéques sans aucune juridiction ; qu'ils avaient délibéré sur le bref du pape sans en avoir aucun pouvoir par le bref, et que Tadresse étant faite aux archevêques et évéques de France, il fallait ou convoquer un concile national, ou que chaque évéque agit dans son diocèse selon sa prudence et sa lumière pour cette exécution.

La seconde réflexion était sur la forme gardée dans le jugement que celte assemblée avait fait d'une déclaration en une doctrine {sic). Car on y avait déterminé les moyens propres pour l'exécution des deux constitutions ; et on y avait jugé d'une déclaration présentée au roi le 24 septembre par M. Tévéque de [Comminges], qui avait assuré S. M. qu'il la trouvait suffisante, et tout cela s'était fait en une seule séance, sans faire aucune proposition, sans nommer des commissaires, sans aucune discussion, sans alléguer aucune raison, et sans appeler ceux au nom desquels elle avait été présentée.

La troisième était sur les qualifications dont l'assemblée avait noté cette déclaration présentée au roi. Car la copie imprimée de la délibération du clergé qui avait été répandue dans Paris était d'abord conçue en ces termes : « L'assemblée déclare la déclaration signée par les sieurs de La Lane et Girard conçue en termes captieux, pleins d'artifices et propres à faire revivre l'hérésie de Jansénius, et d'une conséquence d'autant plus dangereuse qu'elle détruit finement ruoiformité du formulaire ordonnée par les assemblées générales. » Mais depuis cette délibération avait été chanjçée et exprimée en ces termes : t L'assemblée a jugé aussi que la déclaration du 24 septembre dernier des sentiments et de la soumission des sieurs de La Lanc et de Girard au sujet dudit bref présenté par S. M. est captieuse

1. C'est an oavrage de i*abbé de La Lane; il est impfimé (18 pages Uï-40).

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