‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 371 sur 455 · LIVRE XX XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XX XIV

et conçue en termes pleins d'artifice, cachant sous Tapparence d'une obéissance en paroles l'hérésie du jansénisme, et tendant à la ruine tant du dernier bref que des autres constitutions du Saint-Siège, plutôt qu'à l'exécution d'icelles, en ce que la dite déclaration n'est dressée que pour rejeter et condamner sincèrement les cinq propositions extraites du livre de Jansénius dans le sens de cet auteur, ainsi qu'il est condamné dans les constitutions d'Innocent X et d'Alexandre VII, par le Saint-Siège apostolique, et qu'il leur est singulièrement prescritpar le dernier bref. »

On faisait voir aux évêques par cet écrit que s'agissant d'une accusation de termes ambigus et captieux, ils devaient les avoir mandés pour s'en éclaircir avec eux, quoique la lettre qu*ils avaient écrite au pape supposât une longue discussion ; car ils avaient employé ces mêmes mots : Necessariumque esse duximus ut menlem aperlius expoliant exprimantque luculenlius implicatas animi cogitationes. Que ce qui avait empêché ces prélats de les faire venir dans leur assemblée était la crainte qu'ils avaient eue d'entendre de leur bouche leur juslificalion en termes si clairs qu'il leur eût été impossible de leur reprocher aucune erreur, et d'être obligés eux-mêmes de leur expliquer sur chaque proposition en quoi consistait le jansénisme pour n'être point obligés de le condamner d'une manière vague et sans savoir ce qu'on leur ordonnait de condamner, ce qui était inouï à l'égard des théologiens.

2» Que cette déclaration ne contenait point d'hérésie, ainsi que le prétendaient les évêques, et qu'il était visible à tout le monde que leurs articles sur ces cinq propositions De contenant qu'une doctrine orthodoxe, selon le jugement le tout le monde, ne pouvaient être justement accusés de lendreà faire revivre l'hérésie, ni la cacher sous l'apparence

une obéissance simulée, et que jamais les évêques l'avaient ainsi traité les inférieurs par des accusations générales, sans marquer en quoi consistaient leurs erreurs Ist sans les instruire.

3* Que le bref ne prescrivait rien en particulier à ces

léologiens, et qu'après leur avoir rendu témoignage qu'ils itaient entrés dans une sainte doctrine, il laissait à la pru-

mce des évêques d'employer les moyens que leur prudence

lear suggérerait pour faire que tous condamnassent les propositions dans le sens de Jansénius, ce qui montrait qu'il y avait plusieurs moyens de satisfaire à cette clause dont le pape laissait le choix aux évêques, et que, soit que quelques évêques se contentassent de la déclaration de ces théologiens^ soit qu'ils exigeassent d'eux quelque chose de plus, nul ne pourrait exiger d'eux qu'ils condamnassent les propositions dans le sens de Jansénius sans leur marquer en quoi consistait ce sens.

La quatrième réflexion était sur ce que cette délibération de l'assemblée, en condamnant la déclaration de ces ecclésiastiques, ruinait les articles de Sorbonne sur Tinfaillibilité du pape et la déclaration du roi sur ce sujet, vériOée dans tous les Parlements.

Xa cinquième, sur ce qu'il était dit que cette déclaration détruisait finement l'uniformité du formulaire ordonnée par les assemblées générales, et on reconnaissait que cette déclaration contenant ce qu'on pouvait raisonnablement exiger d'eux, tant sur le droit que sur le fait, on s'était opposé ouvertement à l'établissement d'une créance intérieure du fait, comme d'une chose qui appartint à la foi divine, ce qui était l'hérésie de la thèse de Clermont, dont cette délibération n'avait pas dit un seul mot, quoique ce fût la prétention des Jésuites de faire passer la décision du fait comme un point de foi.

Par la 6* réflexion, on montrait que le formulaire n'était uniforme que pour les paroles, et ceux qui le signaient étaient partagés sur la diversité des sens qu'ils se proposaient en l'esprit. On expliquait ces différences et on ren^ voyait pour ces difl'érentes interprélalions des signatures à la réfutation du livre de dom Pierre de Sl-Joseph, feuillant.

La 7" réflexion était sur ce que cette assemblée déclarait qu'elle ne trouvait point de moyen plus propre pour exécuter les constitutions que la signature du formulaire ordonnée par les assemblées du clergé. On faisait voir : 1<> que puisque le pape laissait aux évêques le choix des moyens [les] plus propres pour cela, il fallait ou que les évêques s'assemblassent dans un concile national, ou que chacun d'eux agit en cela selon sa prudence; S*» qu'en ce que le pape en usait ainsi sans ordonner la signature du formulaire il marquait qu'il pouvait y avoir encore d'autres

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