‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 382 sur 455 · Voir le détail de celte histoire, t. IV, p · texte numérisé non relu

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LÏVRE XXXIV 587

j'ai que N.-S. y donnera Tabondance de ses bénédictions. Au surplus, je suis bien joyeux, monsieur, de la satisfaction que vous avez de votre prieur d'à-présent. Il est bon et ne cherche que Dieu, mais pour le trouver il ne peut mieux faire que de demeurer toujours étroitement lié avec vous, comme j'espère qu'il fera. Je vous Tai donné en cette vue, et je ne souffrirai point qu'il s'écarte jamais du respect qu'il vous doit. Je sais bien qu'il ne s'écartera jamais des voies de Dieu tant qu'il suivra les vôtres, et je lui porte envie du bonheur qu'il a de vous approcher, car je m'estimerais fort heureux si j'en pouvais jouir comme lui dans une si agréable et si sainte solitude. N.-S. demande de moi plus de pénitence, au moins encore pour quelque temps. Il faut que je tâche d'achever l'ouvrage qu'il m'a mis entre les mains. Obtenez-moi, s'il vous plaît, la grâce de le faire en son esprit. C'est une étrange humiliation que celle à laquelle il nous condamne en nous réduisant à dépendre du monde et de la cour pour procurer le rétablissement de son culte en nos solitudes. Nos péchés ont attiré sur nous cette malédiction. Je souhaite de tout mon cœur de me voir délivré de cette servitude pour, à votre imitation, jouir un peu devant que de mourir de la douceur de la vie solitaire. « Je vois ici beaucoup de personnes qui se disposent à troubler votre repos, et je crois vous en devoir donner avis. Vous [savez] sans doute ce qui se passe, et qu'on attend la guérison entière de M. le chancelier pour avoir une déclaration du roi, laquelle doit obliger tout le monde à la signature du formulaire sous des peines temporelles, et entre autres sous celle de la perte des bénéfices. Leur désir est d'en pousser quelques-uns à bout. Je me trouvai dernièrement chez un évéque où quelques R. R. Pères, des principaux, nommaient quatre abbés qu'il fallait ôter, du nombre desquels ils vous nommèrent. J'ai cru, monsieur, vous devoir donner cet avis afin que vous y pourvoyiez par les voies que vous jugerez les plus assurées devant Dieu. Ce serait une perte signalée, non seulement pour nous, mais pour toute l'Église, si on vous éloignait, etc.. »

La fin de cette lettre était un peu contraire au commenment, et sous une apparente civilité elle menaçait M. Le Roi de la perte de son abbaye. Mais celui qui avait dessein de l'affaiblir Ini donnait de nouvelles forces par cette fausse

charité qui le portait à lui donner des avis fondés sur la conservation de son bénéHce et de son repos temporel, et il reconnut que les civilités étudiées des personnes les plus adroites n'ont aucun pouvoir sur des hommes que la grâce de J.-C. rend intrépides.

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