‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 41 sur 455 · On lit eu marge dii ms. : Vérifier ce fait · texte numérisé non relu

On lit eu marge dii ms. : Vérifier ce fait

4. Henri de Reffuge, conseiller au Parlement en 1624, ordonné prêtre en 1640 et mort en 1688.

5. Gilles Boileau, grefûer de la Graud'chambre du Parlement de Paris frère du poète (1631-1669).

6. Ce discours a été plusieurs fois imprimé; ou peut le lire notamment dans l'ouvrage de Durand de Maillane : Les libertés de VÈglise gallicane prouvées et commentées,., t. III, p. 878. La transcription d'Hermant présente quelques différences légères.

M. Morel, qui n'a jamais su ce que c'était que modérer ses passions, non pas même dans son extrême vieillesse, ne put souffrir que M. de Harlay eût parlé de la Faculté de théologie comme d'un corps assoupi; [il] prit la parole en français et se plaignit de cette expression comme leur étant injurieuse, aussi bien que tout l'arrêt du Parlement dans sa substance. Il dit qu'il fallait s'y opposer comme déshonorant une Faculté si célèbre, qui avait témoigné sa fermeté dans les derniers temps contre les hérétiques et les jansénistes. A quoi M. le substitut répartit qu'il ne fallait plus parler de ce qui s'était passé, qu'il n'y aurait plus de division à l'avenir, qu'on négociait l'accord et la paix pour réconcilier les esprits, et qu'il fallait s'abstenir de ces termes si odieux de jansénistes et de molinistes, qui avaient troublé depuis quelque temps la tranquillité de l'Eglise.

Ces paroles ne servirent qu'à aigrir M. Morel, qui s'est toujours' fait un honneur de n'être jamais raisonnable ; il répartit qu'il ne savait rien de cette négociation, que la Faculté s'y devait opposer, et que les jansénistes n'y seraient jamais reçus qu'ils n'eussent fait satisfaction. M. de Harlay lui dit qu'il fallait bénir Dieu de ce qu'il ne savait rien de ce qui se négociait pour le bien de toute l'Eglise, et de ce qu'il n'avait eu aucune part dans une affaire si importante, parce que de l'humeur dont il était, elle aurait été très mal entre ses mains. A quoi ce docteur couvert de confusion ne répondit que par un profond silence.

M. de Bréda, curé de Saint-André-des-Arts, prit la parole pour la défense de la Faculté, et dit en latin que tant s'en faut qu'elle fût dans les sentiments de la thèse dont il s'agissait, qu'au contraire elle s'était élevée avec vigueur contre celle des Jésuites, dont elle avait fait une censure qu'il lut; et se plaignit en même temps de ce qu'on lui avait lié les mains par une lettre de cachet qui lui avait fait défense de passer outre et de la publier. Que du temps qu'il était syndic, un jacobin avait été chassé de la Faculté pour avoir voulu soutenir de semblables propositions, mais que cette pauvre Faculté était si captive que tantôt on lui défendait de parler et tantôt on condamnait son silence, en la privant de la liberté dont elle avait joui dans les temps passés et dont on venait de faire l'éloge. Que l'arrêt dont on ordonnait l'enregistrement avait été donné sans l'entendre, et qu'il

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était à croire que si elle avait été entendue, on se serait contenté de châtier les trois particuliers qui avaient eu part â cette thèse, et que l'on aurait conservé sa réputation au lieu de la flétrir à la face de toute l'Europe et la déshonorer dans l'estime de tous les fidèles, quoique de sa part elle n'y eût donné nulle occasion. Qu'en demandant d'être entendue, ce n'était nullement pour soutenir les mauvaises maximes de cette thèse, ni justifier leurs auteurs, et que la cour en serait persuadée si elle voulait leur accorder cette audience avant Tenregistrement de l'arrêt.

M. de Bréda fut écouté avec beaucoup de silence, aussi bien que M. de Lestocq, professeur de Sorbonne. M. Catinat faisant instance pour faire transcrire l'arrêt dans le registre, les docteurs ne répondaient que pour donner des preuves de leur embarras. Ils ne refusaient point, ils n'accordaient point. 11 leur demanda s'ils s'opposaient, et ils répondirent : non ; on les somma de dire s'ils recevaient l'arrêt et ils ne dirent ni oui, ni non. De sorte que ces députés du Parlement se retirèrent en disant qu'ils en dresseraient leur [procès]verbal.

Tous les docteurs qui n'étaient point dévoués aux passions des Jésuites allèrent remercier M. de Harlayde l'excellence de sa harangue et des sentiments d'estime qu'il avait pour la véritable doctrine de l'ancienne Faculté. Les autres ne pensèrent qu'à redoubler leurs cabales et à éluder ce coup d'autorité en faisant comprendre à la cour que c'était une espèce de triomphe pour ceux qu'ils traitaient de jansénistes.

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