LIVRE XXXI
rancè de rétablissement. Nous voyons au contraire multiplier les arbitres contre Tordre du traité, et il semble avec tout cela que ceux qui ne nous ont convaincus de rien et que nous pourrions convaincre eux-mêmes nous obligent beaucoup en nous proposant de recevoir de leur part la loi du victorieux. Il faut avouer que sans un amour extraordinaire pour la paix et la concorde de TÉglise, ces amertumes seraient insupportables.
<( Je ne vous ai rien mandé jusqu'ici de M. deCreiP. Ce confrère est plus fort que vous, et ne pourrait souffrir que l'on donnât de soumission, parce qu*il croit qu'on a droit d'en exiger.
« Mais sa force est une force de pilier, qui consiste plus dans la souffrance que dans l'action, et après avoir dit un mot de cette nature, il passe quelquefois une année entière sans parler. Après tout, je m'étonne que vous ne me parliez pas de M. Taignier. 11 y a un mois que je n'ai pas eu un seul de ses billets, et je l'ai vu en résolution d'aller jusqu'au bout plutôt que d'abandonner ce prélat innocent sur le sujet duquel on veut vous engager au silence. Mais que dites-vous de M. l'abbé de Valcroissant? Est-il satisfait? Il faut me tâter le pouls à moi-même, et voir si ma force prétendue est une faiblesse ou un scrupule. Ce que je vous puis dire est qu'après avoir entretenu M. de Beauvais, je lui ai fait avouer que ces termes : ojnni prorsus etc. sont un peu forts. M. Tristan m'a dit de plus qu'il ne signera quoi que ce soit sans assurance entière de rétablissement. Le principal est de sauver la vérité, sans laquelle nous ne saurions faire notre salut. 11 faut finir pour aller à l'église. J'y prierai Dieu qu'il vous éclaire, qu'il vous fortifie, qu'il vous remplisse de l'onction de la douceur et de sa hâte^. »
Lorsque M. Hermant écrivait cette seconde lettre à M. Arnauld sur le sujet de la nouvelle formule, ce docteur, ayant reçu la première qu'il lui avait écrite deux jours auparavant sur cette matière, lui répliqua ainsi le 25 fé" vrier :
« Je ne vous puis dissimuler....' »