LIVRE XXXI Oy
pour les affaires de l'Église. Je vois maintenant un peu plus clair dans cette affaire que je n'ai fait jusqu'ici, c'est de vous que je liens cette lumière après Dieu. Attendons sa miséricorde M. Haslé approuve votre fermeté. »
Voici eniïi la réponse qu'il fît à sa dernière lettre, le 27 février :
<( Je ne sais si cette suite continuelle de nouveaux projets ne me donnera pas encore une fois la fièvre quarte. Au moins sais-je bien qu'il y a deux ou trois nuits que je ne dors presque point, et que j'avais moins d'inquiétude lorsqu'on exerçait contre nous les dernières violences. Je croyais vous avoir écrit assez nettement dans les trois dernières lettres pour vous faire entendre que le dernier projet ne nous donnerait point la paix, à moins qu'il ne fût corrigé. La bonne foi m'oblige de vous rapporter fidèlement les sentiments de nos amis qui sont ici, quoique je ne réponde que de moi, et à peine même en puis-je répondre. Car comment oserais-je me promettre de ne me pas tromper, après tant de chicaneries et de nouvelles délibérations sur une chose que Ton peut trancher en trois mots, sans tout ce détour de paroles dont on se sert pour irriter tout le monde en voulant contenter les uns et les autres. En vérité cela est bien affligeant. Encore, si c'étaient nos parties qui exigeassent de nous ces obscurités ; mais que ceux mêmes qui font profession de nous vouloir obliger tendent eux-mêmes ce piège à notre sincérité, c'est ce qui épuise le peu que j'ai de patieoce.
« Pourquoi ne se pas contenter de ce que vous aviez résolu en mettant : suscipimus quœ de istarum propositionum erroribus definierunt et judicarunt Innocentius X et Alexander F/y, sans s'attacher à se servir de cette expression : Suscipimus constitutiones de istarum propositionum damnaticne éditas ab Innocentio X et Alexandro VU, si ce n'est pour nous mettre en état de convenir du fait aussi bien que de la foi, et de nous faire perdre par ce tour ce que nous avons conservé par nos souffrances depuis tant d'années? Je vous ai déjà mandé que votre fermeté nous édifie et que nous la jugeons nécessaire, M. Haslé et moi. Tenez-vous en paix si vous me croyez, et ne signez point de déclaration qui ne soit claire et qui ne se puisse défendre par ellemême sans glose, sans commentaire et sans interprète ;
c'est tout ce que je vous puis mander. Si l'affaire se rompt par votre constance, Dieu qui vous soutient vous consolera. ')