‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 82 sur 455 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

M. Arnauld rend raison à M. Singlin de sa retraite, qui est blâmée par cet ami.

Les amis de M. Arnauld le cherchaient inutilement dans tous les lieux où ils croyaient qu'il se pouvait être retiré, et cette résolutionqu'il avait exécutée secrètement les alarmait plus que [l'on] ne saurait s'imaginer, lorsque M. Singlin reçut de lui cette lettre écrite le l»»" jour de mars pour justifier sa conduite :

« Ce n'a pas été sans peine que je me suis cru obligé de me retirer sans en prendre avis de personne... ' »

M. Singlin, ayant reçu cette lettre, y répondit le 7 mars qu'il ne pouvait pas dissimulera M. Arnauld qu'il avait été surpris et attristé, non de ce qu'il s'était mis en une plus grande sûreté qu'il n'était auparavant, mais des raisons qui l'avaient porté à être invisible et inaccessible à ses plus intimes et fidèles amis Qu'il ne savait comment M. Arnauld pouvait croire qu'ils pourraient recevoir de nouvelles propositions pour l'accommodement sans sa participation, comme s'il se pouvait faire sans lui; qu'il craignait de conclure quelque chose de peur que tous ceux qui se trouvaient engagés dans la même cause ne s'y rendissent pas, et qu'il supposait que leurs amis pouvaient écouter de nouvelles propositions et y entrer sans quil les approuvât. M. Singlin disait sur cela que la division et le schisnie n'étaient déjà que trop grands sans l'augmenter et le multiplier parmi eux. Que rien ne le touchait plus au monde que quand il voyait des sentiments partagés entre eux, e qu 11 ne savait rien qui leur pût faire plus grand tort devant Dieu et devant tous leurs amis, ni causer plus grand scandale dans l'Eglise que cela. Que pour son particulier, quand la chose qu'on lui proposerait pour le délivrer de

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