‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 83 sur 455 · V. Œuvres d'Arnauld, t. I, p · texte numérisé non relu

V. Œuvres d'Arnauld, t. I, p

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l'oppression serait à son sens la plus recevable, il l'éviterait de tout son pouvoir par cela seul qu'il paraîtrait une division entre eux. Que nous ne nous devons pas rendre à l'avis des autres quand il nous paraît clairement être contraire à la vérité, mais que nous ne devons pas nous éloigner d'eux pour cela; mais bien leur représenter nos raisons et notre impuissance à nous rendre par conscience à leur sentiment, et qu'on ne prétendait pas dominer sur la foi et sur la conscience de personne. Que M. Arnauld ne devait pas se considérer comme un homme particulier; que ce qu'il ferait de bien ou ee qu'il manquerait à faire serait suivi de la plupart des personnes qui avaient estime pour lui.

Qu'il se pourrait faire qu'il y avait plusieurs ecclésiastiques dont la conduite ne préjudicierait à personne, soit qu'ils le suivissent ou ne le suivissent pas, et leur nuirait même peu à eux-mêmes, ne les regardant pas comme chefs de parti, ou comme faisant figure dans les affaires et dans ce que l'on appelle jansénistes.

Qu'il savait que c'était ce que Ton appelait proprement Port- Royal qui était le plus en butte, et que le reste n'était quasi qu'à cause de ceux de cette maison, et particulièrement de M. Arnauld, et qu'en ôtant encore un ou deux, tout ce qu'on appelait le parti des .Jansénistes tombait par terre; en sorte que l'on pouvait dire que l'oppression ou la délivrance de presque tout le monde et de l'Eglise dépendait de ce qu'il faisait ou ne faisait pas. Que c'était ce qui lui faisait croire qu'il n'était point dans la même liberté que plusieurs ecclésiastiques de ne rien écouter, de se cacher, de disparaître entièrement, et d'éviter de faire des choses qu'on leur demandait injustement et contre l'ordre ancien de l'Église, et qu'il était meilleur aux particuliers d'éviter en souffrant lorsqu'il ne s'agit que de leurs propres intérêts. Qu'il savait bien que quelque mal que pût causer l'état où étaient les choses, il n'était pas permis de faire une chose [qui fût] de soi-même un péché, mais que c'était de quoi l'on se devait bien assurer avant que de la refuser, si de notre refus dépendait la continuation de la persécution, puisqu'alors on serait responsable de tous les maux et de tous les scandales, non seulement que souflriraient les gens de bien, mais que les adversaires feraient aux autres et se feraient à eux-mêmes, étant obligés de faire tout ce qui

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nous serait possible pour empêcher ou diminuer les maux de nos frères, et qu'il vaudrait mieux que la vérité souffrit quelque atteinte que la charité, puisque le schisme est une chose pire que l'hérésie, et que l'Église la tolère quelquefois pour empêcher l'autre.

Qu'il ne savait pas s'il disait bien dans tout ce qu'il lui écrivait, mais qu'il savait bien qu'il y avait beaucoup de péril pour lui, M. Arnauld, si pour se délivrer des peines, des répugnances, des inquiétudes etdes serrements de cœur dans les grandes difficultés qui se rencontrent dans une affaire de cette importance de donner la paix, il se procurait son repoS;, et s'il omettait quelque chose de ce que la charité et la [justice] chrétienne désiraient de lui, l'Apôtré lui disant : In omnibus labora^ ministerium tuum impie in omni patientia et doctrina. Qu'on devait travailler, s'étudier à découvrir tous les moyens pour mettre en. liberté toute l'Église et les gens de bien qui se trouvaient enveloppés dans la cause que l'on avait entrepris de défendre, et ne se lasser point par les difficultés qui leur viennent, en leur opposant toute sorte de patience et de saine doctrine. Qu'il déplorait beaucoup ceux qui étaient les auteurs de ces troubles et les ennemis de la vérité, mais qu'il craignait aussi beaucoup pour ceux qui soutenaient la bonne cause s'ils ne joignaient à leur zèle, à leur science et à leur doctrine, une sagesse, une prudence et une discrétion que Ton ne pouvait recevoir que de Dieu seul par la prière, la pureté du cœur, la bonne vie et les exercices de la piété, cette sagesse, comme il le savait bien lui-même, ne s'acquérant point par l'étude et ne se trouvant point dans les livres.

Il ajoutait que l'Épître qu'il venait de lire dans la messe de saint Thomas lui avait réveillé cette pensée avec ce qui est dit de lui, que dans les grandes difficultés il s'adonnait à la prière et aux jeûnes pour demander à Dieu lumière et éclaircissement. Qu'il en fallait incomparablement davantage pour se comporter sagement dans cette affaire qu'à résoudre une question de théologie; qu'il ne pensait jamais à cette vérité qu'il ne tremblât pour tous ceux qui se voyaient engagés dans cette cause commune. Qu'il en avait moins eu dans ces derniers temps, parce qu'on ne lui avait pas demandé son avis pour son particulier, mais que l'amitié

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