CHAPITRE XXVIII
lettre de M. Le Nain, maître des requêtes, à M. Arnauld. Récit de ce qui se passa à l'tiôtel de Liancourt entre M. de Comminges et les (sic) Messieurs de La Lane et Girard.
Si des théologiens aussi éclairés que l'étaient ceux qui traitaient de cet accommodement étaient capables de se laisser éblouir par l'apparence de la paix, il ne faut pas s'étonner que des magistrats de science et de probité ne jugeassent qu'il fallait exposer quelque chose pour empêcher la rupture de ce traité. Ce fut dans cet esprit que M. Le Nain, maître des requêtes, écrivit le 46 mars cette lettre, que M. Arnauld avait déjà reçue quand il répondit le 17 à celle de M. l'abbé de La Lane :
« Monsieur,
« L'amitié toute extraordinaire que vous m'avez toujours témoignée ' »
Pendant que M. Arnauld, retenu au lit par ses infirmités, méditait une sérieuse réponse à cette lettre, il en reçut une de la part de M. de La Lane qui n'était capable que d'augmenter son affliction et son embarras. Voici ce que cet abbé lui mandait le 19 du même mois :
« Ensuite de votre lettre, étant fort pressés de rendre réponse à M. de Comminges, M. Girard et moi fûmes mandés samedi après-midi, 17 mars. Nous crûmes qu'en prenant toutes ces sûretés on satisferait aux plus grandes difficultés de votre lettre, et en même temps nous fûmes persuadés que l'accommodement était impossible avec ces
1» Vi Œuvres (TArnauld, t. I, p. 311. On ne saurait dire avec certiude si cette lettre est adressée à La Laae ou à Singlin. 2. V. (Éuvres d' Arnauld, t. I, p. 309.